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Quand on travaille à son compte, parler des risques du 3a revient rarement à parler d'un seul produit. Le vrai sujet est ailleurs : le revenu vient de l'entreprise, la valeur de l'entreprise est souvent censée financer la retraite, et le 3a s'ajoute à ce même ensemble. Si une année tourne mal, tout bouge en même temps. Les risques du 3a pour un indépendant se lisent donc d'abord à l'échelle du patrimoine entier, puis seulement à l'échelle du compte ou de la police.
Cette page suit cette logique. Elle commence par la concentration, qui est le risque propre à votre statut, puis passe en revue la liquidité, les marchés, l'inflation et la diversification. Elle ne recommande aucun produit et ne promet aucun rendement : elle vous donne les questions à poser et les points à contrôler. La réponse chiffrée dépend de votre revenu, de votre canton, de votre affiliation éventuelle au 2e pilier et de votre horizon ; une comparaison personnalisée permet de la préciser.
Concentration
Le risque que le salarié n'a pas
Un salarié a deux sources distinctes : son employeur lui verse un salaire, sa caisse de pension capitalise à part. Si l'entreprise va mal, la caisse existe toujours, avec ses règles et ses garanties. Chez l'indépendant, ces deux sources se confondent. Le revenu, la clientèle, l'outil de travail, souvent le local et parfois le logement dépendent d'une seule personne : vous. Une maladie, la perte d'un gros client ou un changement de réglementation touche d'un coup le revenu courant et la valeur de ce que vous comptiez vendre un jour.
C'est là que la concentration devient un risque en soi. Elle ne se voit pas sur un relevé de compte 3a, qui peut être parfaitement sain, et pourtant le tableau d'ensemble reste fragile : si votre épargne de retraite, votre revenu et la valeur de votre activité réagissent aux mêmes événements, il n'y a aucun amortisseur.
Trois couches qui se superposent
Le schéma suivant montre comment le patrimoine d'un indépendant se répartit, et où se trouvent les dépendances communes.
La lecture est simple : l'entreprise dépend de votre activité, donc de vous. La prévoyance dépend en partie des marchés, selon la forme choisie. La fortune privée dépend de ce que vous avez pu mettre de côté, c'est-à-dire de la santé de l'entreprise les années précédentes. Un choc sur la première couche se répercute sur les deux autres.
Exemple : Rémy, 49 ans, ingénieur-conseil
Exemple fictif. Rémy dirige une petite structure de conseil en ingénierie, installée en Valais. Ses mandats proviennent de très peu de clients. Il verse chaque année dans un 3a, il détient une participation dans un petit bien immobilier qui abrite ses bureaux, et il compte sur la vente de sa structure pour compléter sa retraite.
Sur le papier, Rémy est prévoyant. Dans les faits, tout son avenir financier repose sur la bonne santé d'un seul métier, sur un seul marché local, et sur la valeur d'un immeuble qui sert à l'entreprise. Si l'un de ses principaux clients arrête, son revenu baisse, la valeur de revente de sa structure baisse aussi, et le bien immobilier devient plus difficile à financer. Son 3a, lui, reste en place, mais il ne pèse qu'une partie de l'ensemble.
La question utile pour lui n'est donc pas « mon 3a est-il risqué ? ». C'est : « que se passe-t-il pour ma retraite si mon activité s'arrête plus tôt que prévu ? ». Les pages sur le bien immobilier professionnel comme actif de retraite et sur le canton du Valais détaillent chacune une facette de cette situation.
Ce que le 3a apporte à cet égard, et ce qu'il n'apporte pas
Le 3a a un atout face à la concentration : l'argent versé est placé auprès d'une fondation bancaire de prévoyance ou d'une compagnie d'assurance, donc hors de votre entreprise. Il ne dépend pas de votre chiffre d'affaires et il n'est pas mêlé à la comptabilité de la société. En cas de difficulté de l'entreprise, la situation du 3a est traitée à part ; la page sur le 3a face aux faillites et poursuites précise ce qui est protégé et dans quelles limites, car cela dépend du cas.
Il a aussi une limite : le plafond. Ce qui peut être versé chaque année est borné par la loi, et l'épargne qui s'accumule ainsi reste en général modeste par rapport à la valeur d'une entreprise. Le 3a ne suffit pas à lui seul à rééquilibrer un patrimoine où l'activité pèse le plus lourd.
Les repères de l'année
Les plafonds de l'année donnent l'ordre de grandeur de ce que le 3a peut absorber. Ils changent au 1er janvier 2027.
7 258 francs
Plafond 3a 2026 avec 2e pilier
Source: 3e pilier a — plafonds de déduction (OFAS)
36 288 francs
Plafond 3a 2026 sans 2e pilier, au maximum
Source: Plafonds du 3e pilier a (montants-limites non imposables)
7 373 francs
Plafond 3a 2027 avec 2e pilier
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 864 francs
Plafond 3a 2027 sans 2e pilier, au maximum
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
Pour un indépendant sans 2e pilier, ce maximum s'applique dans la limite de 20 % du revenu de l'activité lucrative : la page sur le plafond sans LPP explique comment le calcul se fait. Un revenu modeste ou irrégulier peut donc rester loin du maximum, ce qui accentue encore le poids de l'entreprise dans le patrimoine total.
Le piège de l'argent qui revient dans l'entreprise
Une tentation fréquente consiste à réinjecter dans l'entreprise tout ce qui est disponible : machines, stock, local, fonds de roulement. C'est souvent rationnel à court terme. Mais chaque franc qui repart dans l'activité augmente la concentration. Le même geste, répété année après année, produit un patrimoine presque entièrement lié à l'entreprise, avec un 3a symbolique à côté.
Cela ne veut pas dire qu'il faut sous-investir dans son activité. Cela veut dire qu'il faut regarder la part de l'entreprise dans le tout, et décider consciemment de ce qui reste hors de son champ. La page sur le 3a, l'entreprise et la fortune privée aide à poser cette frontière.
Liquidité
Un argent volontairement bloqué
Le 3a est une épargne liée : l'argent n'est pas disponible à tout moment. Les cas de retrait avant l'âge prévu sont limités par la loi et par les règles de la fondation ou de l'assureur. Cette rigidité est le prix de l'avantage fiscal, et elle protège aussi d'une envie de dépenser. Mais pour un indépendant dont le revenu fluctue, elle pose une question concrète : de quelle trésorerie ai-je besoin en dehors du 3a ?
Une règle simple de prudence consiste à distinguer trois réservoirs : l'argent de l'entreprise, la réserve privée disponible tout de suite, et l'épargne de retraite bloquée. Si le 3a reçoit des versements au détriment de la réserve privée, une année creuse peut forcer à puiser ailleurs, dans de moins bonnes conditions : découvert, crédit, vente d'un actif au mauvais moment.
Quand la liquidité manque au mauvais moment
Pensez à une année où un gros client règle avec retard. Les charges, elles, tombent : cotisations sociales, loyers, salaires, TVA. L'indépendant qui a versé le maximum de son 3a en début d'année découvre alors que son compte courant est tendu, alors que son 3a affiche un solde confortable. Il ne peut pas utiliser cet argent, sauf cas prévus de retrait anticipé, comme le lancement d'une activité indépendante ou l'achat du logement principal. Ces cas sont encadrés et ont leurs propres conséquences fiscales ; ils sont détaillés dans les pages sur le retrait du 3a pour se lancer.
Retenez la logique : un versement 3a ne devrait pas se décider avant d'avoir regardé les besoins de trésorerie prévisibles de l'année. Verser en fin d'exercice, quand le résultat est connu, laisse plus de marge qu'un versement fixe en janvier. Le calendrier de fin d'exercice rappelle les vérifications utiles.
Les verrous du 2e pilier facultatif
Si vous avez choisi de vous affilier à une caisse de pension, la liquidité se resserre encore. Un rachat dans le 2e pilier est une opération déductible, mais l'argent y est bloqué selon des règles propres. À Genève, par exemple, le rachat n'est pas déductible si une prestation en capital du 2e pilier est perçue avant un délai de trois ans, jour pour jour, après le rachat. Chaque canton a ses propres règles : vérifiez celles de votre lieu de domicile avant d'agir. Le sujet est traité plus largement dans la page sur l'affiliation facultative à la LPP.
Par ailleurs, le revenu assurable de l'indépendant selon le règlement de prévoyance est limité au décuple du montant limite supérieur prévu par la loi sur la prévoyance professionnelle. Cette borne s'applique au 2e pilier, pas au 3a, mais elle rappelle que la prévoyance liée est toujours encadrée par des plafonds.
Sortie en capital : liquidité et concentration dans le temps
Au moment du retrait, la liquidité se retourne. Soudain, des sommes importantes deviennent disponibles en une fois, et l'impôt sur les prestations en capital s'applique, selon un barème propre à chaque canton. Le risque devient alors celui de la concentration dans le temps : tout sortir la même année concentre l'impôt, alors que plusieurs comptes retirés sur des années différentes lissent la charge. Le montant n'est pas fixé d'avance : le résultat dépend du canton, du barème et de votre situation.
Pour un indépendant qui vend son entreprise, le problème s'aggrave si le produit de la vente tombe la même année que les retraits : la page sur le retrait du 3a et la liquidation de l'entreprise décrit ce cumul, et celle sur l'étalement des retraits sur plusieurs années montre pourquoi ouvrir plusieurs comptes tôt donne de la souplesse plus tard.
Rente ou capital : un choix qui engage la liquidité
Côté 2e pilier, le règlement de la caisse peut permettre de choisir une prestation en capital à la place d'une rente, et prévoir un délai pour faire connaître cette volonté (art. 37 al. 4 LPP). Ce délai n'est pas fixé ici : il dépend de votre règlement. Le raisonnement vaut aussi pour une police 3a d'assurance qui offre la rente. Une rente garantit un revenu régulier, mais elle ne se transforme plus en capital ; le capital offre de la souplesse, mais il expose aux marchés et à vos propres décisions de dépense. Aucun des deux n'est « sans risque » : ils déplacent le risque.
Marchés
Ce qui varie, et ce qui ne varie pas
Le risque de marché concerne surtout le 3a investi en titres. Un compte 3a bancaire classique, adossé à un taux d'intérêt, ne subit pas les mêmes variations de valeur qu'un 3a en fonds. Le compte 3a bancaire est stable en nominal, mais son rendement dépend des taux du moment et ne tient pas toujours le rythme de la hausse des prix. À l'inverse, un 3a en titres peut gagner ou perdre de la valeur selon les marchés : la valeur peut baisser, y compris au moment où vous voudriez retirer.
Aucun rendement n'est promis ici, ni pour l'une des formes, ni pour l'autre. Ce qui compte, c'est la compatibilité entre le niveau de variation que vous pouvez supporter et le moment où vous aurez besoin de l'argent.
Le risque de séquence
Pour un indépendant, le plus pernicieux n'est pas la baisse elle-même, c'est son moment. Si les marchés reculent au moment même où l'activité faiblit, il faut à la fois traverser une année difficile et constater que l'épargne placée a perdu de la valeur. C'est le cumul de deux chocs corrélés. Un salarié l'a moins : son salaire continue à tomber pendant que sa caisse de pension encaisse la baisse.
Il en découle une règle de bon sens : plus l'activité elle-même est sensible à la conjoncture (construction, restauration, conseil aux entreprises), moins il est cohérent de placer le 3a dans des actifs qui réagissent aux mêmes cycles, si l'on ne peut pas attendre un retour. Plus l'activité est stable ou contracyclique, plus la marge de manœuvre augmente. C'est une manière de raisonner, pas une consigne.
L'horizon change tout
Le temps joue en faveur de ceux qui peuvent attendre. Pour illustrer la forme de cet effet, le graphique ci-dessous montre un versement annuel constant placé selon trois hypothèses de rendement. Il ne s'agit pas d'une prévision : c'est un calcul sur hypothèses, sans frais ni impôt.
On voit deux choses. L'écart entre les hypothèses grandit avec la durée, c'est l'effet des intérêts composés. Et la courbe supérieure suppose un rendement que rien ne garantit : si le rendement réel est inférieur, ou négatif certaines années, l'écart se réduit ou s'inverse. Plus l'horizon est court, moins cette courbe vous concerne ; plus il est long, plus la question des frais devient centrale, comme le montre la page sur les frais du 3a sur la longue durée.
Ce que la loi limite côté placements
Les placements du 3a en titres sont encadrés. L'ordonnance sur les formes reconnues de prévoyance liée (OPP 3) interdit, pour l'épargne-titres de la prévoyance liée, les placements dans des Limited Qualified Investor Funds et dans des placements collectifs de capitaux étrangers non soumis à une surveillance étrangère (art. 5 al. 3 OPP 3). En pratique, cela écarte une partie des produits les plus spéculatifs ou les moins surveillés, mais cela ne rend pas le placement « sans risque » : une stratégie dans un cadre autorisé peut baisser.
Trois questions utiles à poser à un prestataire : quelle est la part en actions de la stratégie proposée ? Qui surveille la fondation et la banque dépositaire ? Quels frais sont prélevés, et comment s'affichent-ils ? La page sur le contrôle de la fondation et de la banque détaille les points de vérification, et celle sur la fondation 3a et le placement en titres précise le fonctionnement.
Les tableaux de bord de la banque ne disent pas tout
Un relevé affiche une valeur à une date. Il ne dit pas quel risque vous avez réellement pris pour l'obtenir, ni quel est l'écart entre la valeur affichée et la valeur de sortie si vous deviez retirer à un mauvais moment. Demandez toujours, pour une police d'assurance, la valeur de rachat et pas seulement le capital prévu au terme ; pour un 3a en titres, demandez la répartition actuelle et la fréquence de rééquilibrage.
Inflation
Un risque lent mais cumulatif
L'inflation ne frappe pas un jour précis. Elle érode peu à peu le pouvoir d'achat de ce qui est épargné. Pour un indépendant qui vise une retraite longue, c'est un risque réel : un capital nominalement intact peut acheter moins de choses qu'au moment du versement. Un compte 3a dont l'intérêt reste inférieur à la hausse des prix perd en valeur réelle, même s'il ne perd jamais en nominal.
Aucun chiffre n'est avancé ici : le taux d'inflation et le taux d'intérêt varient d'une année à l'autre, et un exemple chiffré n'apporterait qu'une illusion de précision. Le point à retenir est qualitatif : l'épargne sans risque de marché n'est pas sans risque, elle déplace simplement le risque vers le pouvoir d'achat.
Les rentes face à l'inflation
Une rente fixe, qu'elle vienne d'une assurance 3a ou d'une caisse de pension, ne suit pas automatiquement les prix. Sur une longue retraite, l'écart se creuse. C'est un argument parfois cité en faveur du capital ; ce n'est qu'un côté de la balance, puisque le capital doit être géré par vous. Le taux de conversion minimal LPP, par exemple, est de 6,8 % en 2026, inchangé depuis 2005 dans les chiffres repères de l'OFAS : il fixe la part du capital obligatoire transformée en rente, mais il ne prévoit pas d'adaptation au coût de la vie par lui-même.
Pour un indépendant, la question se complique : l'AVS prévoit une adaptation des rentes à l'évolution des prix et des salaires selon des règles légales, ce qui en fait un socle partiellement protégé. La page sur l'AVS de l'indépendant explique comment les cotisations se calculent sur un revenu irrégulier ; le contrôle des lacunes évite de se retrouver avec une rente réduite.
Les plafonds suivent, mais pas à votre rythme
Le Conseil fédéral adapte les montants-limites du 3a. Le 2 octobre 2026, il a décidé qu'ils seraient relevés au 1er janvier 2027 : le plafond avec 2e pilier passe de 7 258 francs en 2026 à 7 373 francs en 2027, et le maximum sans 2e pilier de 36 288 francs à 36 864 francs. Cette adaptation compense en partie l'évolution des prix, mais elle ne garantit pas que votre capacité d'épargne, elle, suive. Le plafond de l'année suivante se prépare mieux avec un revenu connu qu'avec une hypothèse optimiste.
Rattraper les années où l'on n'a pas pu verser
Un indépendant qui a manqué des versements peut, à partir de l'année fiscale 2026 (rachat de 2025), racheter rétroactivement jusqu'à dix ans de cotisations manquantes, déductibles l'année du rachat. Condition : verser d'abord l'intégralité de la cotisation due pour l'année en cours. C'est une souplesse utile face aux années creuses, mais elle ne remplace pas la discipline : un rachat concentre un versement important sur une seule année, ce qui rejoint la question de la liquidité vue plus haut. Le détail et les cas particuliers sont dans la page sur le rachat rétroactif du 3a.
Diversification
Diversifier, c'est d'abord séparer
Pour un indépendant, la diversification la plus utile ne se joue pas entre deux fonds, mais entre des sources de risque. Elle consiste à faire en sorte qu'un événement unique ne touche pas tout à la fois. Concrètement : un revenu d'activité, une prévoyance obligatoire de base (AVS), une épargne liée (3a), une épargne libre (3b ou compte courant), éventuellement un bien immobilier, et si possible une couverture contre l'incapacité de gain.
Le tableau suivant résume les principaux risques, leur nature et les leviers qui existent. Il ne désigne aucun produit.
| Risque | D'où vient-il ? | Ce qu'il touche | Levier possible |
|---|---|---|---|
| Concentration | Revenu, revente et épargne liés à la même activité | Tout le patrimoine à la fois | Placer une part hors de l'entreprise |
| Liquidité | Argent bloqué dans le 3a ou le 2e pilier | Capacité à passer une année creuse | Réserve privée disponible, versement en fin d'exercice |
| Marchés | Variation de valeur d'un 3a en titres | Capital au moment du retrait | Horizon adapté, répartition mesurée |
| Inflation | Rendement inférieur à la hausse des prix | Pouvoir d'achat de la retraite | Mix de formes, suivi régulier |
| Fiscalité au retrait | Sorties concentrées sur une seule année | Montant net reçu | Plusieurs comptes retirés à des dates différentes |
| Incapacité de gain | Maladie ou accident de l'indépendant | Revenu courant et versements | Couverture de perte de gain, libération des primes |
Plusieurs comptes, plusieurs échéances
Détenir plusieurs comptes 3a ouverts auprès de prestataires différents, ou simplement plusieurs comptes distincts, n'ajoute pas de plafond : le plafond annuel reste global. Mais il donne de la souplesse au retrait, car chaque compte se retire séparément. C'est une diversification de calendrier, et elle répond directement au risque d'une sortie concentrée. Elle ne coûte rien en soi, sauf si le prestataire facture la tenue de chaque compte : demandez-le.
Banque, assurance, titres : des risques différents
Chaque forme de 3a porte son propre risque.
- Compte bancaire : peu de variations de valeur, mais un intérêt qui peut rester faible ; le risque principal est l'érosion par l'inflation.
- Titres via une fondation : valeur variable, avec un potentiel de gain comme de perte ; le risque est celui des marchés et du moment du retrait.
- Police d'assurance liée : primes engageantes, valeur de rachat souvent inférieure aux primes versées en début de contrat ; le risque est celui de l'arrêt prématuré et de la faible flexibilité.
Pour un revenu irrégulier, la rigidité des primes d'une police peut se révéler un vrai souci : c'est là que la libération du paiement des primes en cas d'incapacité de gain prend son sens. La page consacrée à la libération des primes détaille ce mécanisme et ses limites.
Le 3b comme second compartiment
Le 3b n'a pas les mêmes déductions, mais il est plus libre : pas de plafond légal, pas de blocage prévu par la loi, des conditions fixées par le contrat. Il peut jouer le rôle de réserve ou de complément, avec un coût fiscal différent. Ce n'est pas un avantage en soi : c'est un autre compartiment, qui répond à un autre besoin. La page sur le 3b en complément du 3a explique quand il est pertinent d'y penser et pour quelles raisons.
Une démarche en quatre temps
Le schéma suivant propose un ordre de lecture pour évaluer la concentration de votre patrimoine avant de choisir où verser.
Un test simple en quelques questions
L'arbre ci-dessous pose les questions dans l'ordre. Il ne remplace pas une analyse personnalisée.
Les erreurs qui reviennent
Quelques erreurs reviennent souvent dans les situations d'indépendants :
- Confondre protection et absence de risque. Un 3a protégé en cas de faillite de l'entreprise n'est pas pour autant à l'abri de l'inflation ou d'une baisse de marché.
- Verser le maximum sans réserve. Un 3a bien rempli et un compte courant vide font une mauvaise combinaison dans une année creuse.
- Tout miser sur la vente de l'entreprise. Le prix de vente est une hypothèse, pas un montant acquis ; plusieurs facteurs échappent à votre contrôle.
- Ne pas lire les conditions d'une police. Valeur de rachat, frais, conditions de résiliation : un contrat signé sans lecture engage durablement.
- Retirer tout la même année. La fiscalité du capital est progressive dans la plupart des cas ; concentrer les sorties peut alourdir l'impôt, sans que le résultat soit chiffrable à l'avance.
- Oublier la couverture de l'incapacité de gain. Sans revenu, les versements s'arrêtent, mais les charges continuent.
Checklist avant de verser
- Lister ce qui, dans mon patrimoine, dépend de mon activité
- Estimer combien de temps je peux tenir sans revenu, sans toucher au 3a
- Vérifier mon plafond de l'année, selon mon affiliation ou non au 2e pilier
- Identifier la forme de 3a adaptée à mon horizon et à ma tolérance aux variations
- Demander les frais et la valeur de rachat par écrit
- Contrôler la fondation, la banque dépositaire ou l'assureur
- Prévoir plusieurs comptes pour étaler les retraits
- Revoir ma couverture en cas d'incapacité de gain
Questions fréquentes
Le 3a est-il risqué pour un indépendant ?
Cela dépend de la forme choisie et de votre situation. Un compte bancaire varie peu en nominal mais peut perdre en pouvoir d'achat. Un 3a en titres peut perdre de la valeur certaines années. Une police d'assurance engage des primes sur la durée. Le risque propre à l'indépendant est surtout la concentration : revenu, entreprise et épargne dépendent souvent de la même source.
Que veut dire concentration du patrimoine ?
C'est le fait que l'essentiel de votre richesse et de vos revenus dépend d'un seul événement ou d'une seule source. Pour un indépendant, c'est typiquement l'entreprise : elle fournit le revenu, porte la valeur de revente et parfois le local. Un choc sur l'activité touche alors tout le patrimoine en même temps.
Mon 3a est-il à l'abri si mon entreprise fait faillite ?
Le 3a est placé hors de l'entreprise, auprès d'une fondation bancaire de prévoyance ou d'un assureur, et il est traité à part. Mais la protection a des limites qui dépendent du cas, notamment des poursuites en cours et de la forme du contrat. Consultez la page dédiée et demandez, pour votre contrat, ce qui est protégé.
Puis-je retirer mon 3a si j'ai besoin de liquidités ?
Seulement dans les cas prévus : par exemple le lancement d'une activité indépendante ou l'achat du logement principal, selon des conditions précises. Hors de ces cas, l'argent reste bloqué jusqu'à l'âge permettant le retrait. C'est pourquoi une réserve privée distincte du 3a reste utile.
Quels plafonds s'appliquent en 2026 et en 2027 ?
En 2026, le plafond est de 7 258 francs avec un 2e pilier, et peut aller jusqu'à 36 288 francs sans 2e pilier, dans la limite de 20 % du revenu. En 2027, ces montants passent à 7 373 francs et 36 864 francs, selon la décision du Conseil fédéral du 2 octobre 2026. Le montant qui vous concerne dépend de votre revenu et de votre affiliation.
Un 3a en titres est-il adapté à un revenu irrégulier ?
Cela dépend de l'horizon et de la réserve dont vous disposez. Si vous pouvez attendre un éventuel retour des marchés et que vos versements ne vous privent pas de trésorerie, il peut avoir sa place. Si votre activité réagit aux mêmes cycles que les marchés, la prudence s'impose. Une comparaison personnalisée aide à pondérer ces éléments.
L'inflation peut-elle vraiment menacer ma retraite ?
Oui, de façon progressive. Un capital qui ne progresse pas au rythme des prix perd en pouvoir d'achat. Une rente fixe subit le même effet sur une longue retraite. Ce n'est pas un argument pour ou contre une forme précise, mais une raison de réexaminer régulièrement son plan plutôt que de le figer.
Faut-il ouvrir plusieurs comptes 3a ?
Cela n'augmente pas le plafond annuel, qui reste global. En revanche, cela permet de retirer les comptes à des dates différentes et de lisser l'impôt sur les prestations en capital. Vérifiez auprès du prestataire s'il facture la tenue de chaque compte, et contrôlez les règles de votre canton.
Le rachat rétroactif du 3a aide-t-il face à une année creuse ?
Il permet, à partir de l'année fiscale 2026 pour le rachat de 2025, de racheter jusqu'à dix ans de cotisations manquantes, déductibles l'année où le rachat est effectué. Il faut d'abord verser en entier la cotisation due pour l'année en cours. C'est une option, pas une obligation, et elle suppose d'avoir la trésorerie nécessaire.
Rente ou capital : lequel réduit le plus le risque ?
Aucun ne supprime le risque ; chacun le déplace. La rente protège contre le risque de dépenser trop vite, mais ne suit pas forcément l'inflation. Le capital offre de la souplesse mais expose aux marchés et à vos décisions. Pour la prévoyance professionnelle, le règlement de la caisse peut permettre le capital et prévoir un délai pour le demander.
Que vérifier avant de choisir un prestataire ?
La surveillance de la fondation et de la banque, les frais détaillés, la valeur de rachat pour une police, les conditions de transfert et de résiliation, ainsi que la façon dont les performances sont présentées. Notez les réponses par écrit pour pouvoir comparer.
Sources
- Prestations de vieillesse (LPP, art. 37) — Fedlex
- Salaire coordonné et bonifications de vieillesse (LPP, art. 79c) — Fedlex
- Formes reconnues de prévoyance liée (3a), OPP 3, art. 5 — Fedlex
- 3e pilier a — plafonds de déduction et taux de conversion minimal LPP, chiffres repères 2026 — OFAS
- Plafonds du 3e pilier a (montants-limites non imposables) — OFAS
- Plafonds du 3e pilier a, décision du Conseil fédéral pour 2027 — admin.ch
- Rachat dans le 2e pilier (LPP art. 79b) — République et canton de Genève
- Montants du 3e pilier A — République et canton de Genève
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