Dans cette page
Le canton de domicile au moment du retrait du 3a pèse sur la facture fiscale, parce que chaque canton applique son propre barème à l'impôt sur les prestations en capital. Cette différence nourrit une tentation que l'on entend souvent chez les indépendants et les dirigeants de Sàrl : déménager juste avant de retirer, pour atterrir dans un canton réputé plus doux. La question « domicile retrait 3a canton » mérite donc une réponse sérieuse, et cette réponse est surtout juridique. Cette page n'est ni une invitation à déménager ni un avertissement dramatique : elle décrit ce que le droit regarde, ce qu'il ignore, ce qu'il sanctionne, et ce qu'une personne dans votre situation doit vérifier avant de bouger.
Elle ne contient aucune promesse d'économie. Le résultat d'un changement de canton dépend de votre revenu, de la taille du capital, de votre état civil, de votre commune et des règles du canton de départ comme de celui d'arrivée. Pour une situation chiffrée, une comparaison personnalisée reste la bonne voie.
Domicile fiscal au moment du retrait
Le principe : un lien avec un canton, pas une adresse
En matière d'impôt, le domicile ne se résume pas à l'adresse inscrite sur une pièce d'identité ni à la boîte aux lettres d'une commune. Les lois fiscales retiennent le lieu où une personne réside avec l'intention de s'y établir durablement, c'est-à-dire le centre de ses intérêts personnels : la famille, le logement habituel, les relations sociales, la vie quotidienne. C'est une notion de fait. Une commune peut vous avoir enregistré comme habitant sans que le fisc en tire la conclusion que votre domicile fiscal s'y trouve.
Pour un retrait du 3a, la question se pose au moment où la prestation en capital devient imposable. Selon les cantons, la loi lie la compétence à la situation de la personne à un instant précis de l'année ou au moment du versement. Cette précision change tout pour qui prévoit de déménager : il faut lire la règle du canton concerné, et non se contenter d'une rumeur de comptoir. Dans ce guide, nous ne chiffrons aucun délai que les sources ne donnent pas ; chaque canton publie sa pratique sur son site officiel.
Pourquoi le retrait est taxé à part
Le capital du 3a n'est pas additionné à votre revenu ordinaire de l'année. Il est imposé séparément, à un taux réduit. À Genève par exemple, la page officielle explique que la prestation en capital du 2e ou du 3e pilier A se déclare en joignant une copie du justificatif de retrait à l'Administration fiscale cantonale (Service des impôts spéciaux), avec le montant reporté à la ligne 98.12 de la déclaration, et que l'impôt est calculé séparément « au cinquième du taux ordinaire ». Cette formulation vient de la page officielle et n'a pas été lue dans le texte de loi : elle montre surtout que chaque canton décrit sa démarche à sa manière.
Autre exemple, le Jura propose un simulateur officiel intitulé « Simulation du montant d'impôt – Personnes physiques (Prestations en capital) », qui calcule l'impôt fédéral direct et les impôts cantonaux et communaux, avec le choix de la commune, de la confession et de l'état civil. Il propose les années d'exigibilité de 2026 à 2003. Neuchâtel renvoie, sur sa page « Prestations en capital », à sa calculette de l'impôt des personnes physiques. Ces outils existent pour comparer, mais ils ne disent pas où est votre domicile fiscal : ils supposent qu'il est établi.
Ce qu'un indépendant doit garder en tête
Pour l'indépendant ou le dirigeant, le domicile privé et le siège de l'activité sont deux choses distinctes. L'entreprise peut avoir son siège dans un canton, vous habiter dans un autre. Le retrait du 3a est une affaire de personne physique : c'est le domicile de la personne qui compte, pas l'adresse de la raison individuelle ou de la Sàrl. Un comparatif des cantons romands aide à situer les enjeux, mais ne remplace pas la lecture de la règle locale.
Voici les repères de plafond sur lesquels reposent les capitaux dont on parle, pour situer les ordres de grandeur sans rien promettre.
Un bloc de chiffres officiels rappelle les plafonds du 3a pour 2026 et 2027 :
7 258 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
7 373 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 288 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 864 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
Le plafond sans 2e pilier est un montant maximal : le taux de 20 % du revenu de l'activité lucrative s'applique en dessous de ce maximum. Ces plafonds mesurent ce que l'on peut verser chaque année, pas ce qu'un capital vaudra au retrait. Pour le calcul de votre propre plafond, voyez le plafond 3a d'un indépendant sans LPP.
Ce que la loi retient et ce qu'elle ne retient pas
Les critères qui comptent
Quand l'administration fiscale doit trancher, elle compare des faits, pas des intentions affichées. Les éléments généralement pris en compte sont les suivants :
- le lieu où vit la famille (conjoint, enfants scolarisés) ;
- le logement réellement occupé, bail ou propriété, et l'usage qu'on en fait ;
- le lieu où l'on dort la plupart des nuits, où l'on reçoit son courrier, où l'on a ses médecins, ses assurances, ses engagements associatifs ;
- le centre de l'activité professionnelle quand elle est exercée à proximité du logement ;
- la cohérence entre l'annonce de départ de l'ancienne commune et la réalité de l'installation dans la nouvelle.
À l'inverse, certaines choses ne suffisent pas. Un simple changement d'adresse sans changement de vie, un bail de courte durée sans usage réel, une boîte postale, une domiciliation de complaisance : aucun de ces éléments ne crée à lui seul un domicile fiscal. Le droit regarde la réalité vécue.
Voici un tableau schématique de ce qui est généralement regardé, d'après la loi fédérale d'harmonisation et les lois cantonales, et de la manière dont la jurisprudence en parle.
Le tableau résume une tendance, il n'a pas valeur de règle. Chaque dossier est jugé sur l'ensemble des faits, et la jurisprudence sur les changements de domicile avant un retrait évolue : un conseil fiscal ou le service des impôts du canton concerné reste l'interlocuteur pour la situation précise.
Ce que la loi ne dit pas
La loi ne contient pas de liste de cantons où il serait « permis » de déménager avant de retirer. Elle ne fixe pas non plus un nombre de jours de présence qui vaudrait domicile partout en Suisse. Elle ne protège pas non plus quelqu'un qui aurait déménagé uniquement pour payer moins d'impôt sans que sa vie n'ait changé. Les formules que l'on lit parfois dans les discussions — « six mois suffisent », « il faut avoir déménagé l'année d'avant » — ne sont pas des règles générales. Aucune de ces durées n'apparaît dans les sources officielles de cette page, c'est pourquoi nous n'en donnons pas.
Le cas particulier du rachat
Les règles sur le rachat dans le 2e pilier montrent bien que le fisc regarde l'enchaînement des opérations. Le canton de Vaud précise que la déduction d'un rachat d'années d'assurance effectué dans les trois années précédant la perception d'une prestation en capital du 2e pilier peut être remise en cause. Genève indique de son côté que le rachat n'est pas déductible si une prestation en capital du 2e pilier est perçue avant un délai de trois ans, jour pour jour, après le rachat. Ces règles concernent le 2e pilier, pas le 3a, mais elles illustrent un état d'esprit : une manœuvre qui n'a de sens que fiscalement est regardée de plus près. Pour le 3a, sur le thème voisin, lisez le rachat rétroactif du 3a d'un indépendant.
Délais et preuves du domicile
Constituer son dossier avant, pas après
Si un déménagement a lieu pour des raisons réelles (famille, santé, nouveau projet de vie, activité professionnelle déplacée), il est utile de garder la trace de ces raisons. Une administration qui s'interroge demandera ce qui prouve le changement de centre de vie. Voici les documents que l'on rassemble en général :
- le bail ou l'acte d'achat du nouveau logement, et l'ancien bail résilié ;
- l'attestation d'arrivée délivrée par la nouvelle commune et l'annonce de départ de l'ancienne ;
- les factures d'énergie, d'internet et d'assurance ménage à la nouvelle adresse ;
- l'inscription des enfants à l'école du nouveau lieu, le cas échéant ;
- le changement d'adresse auprès de la caisse maladie, de la banque, de la caisse de compensation ;
- tout élément montrant que l'ancienne résidence n'est plus utilisée (résiliation, vente, sous-location).
Aucun de ces documents ne remplace les autres. C'est leur accumulation et leur cohérence dans le temps qui forme une preuve.
La temporalité : avant ou après le retrait
Le moment du déménagement par rapport au retrait compte. Un départ réel, vécu et antérieur de façon claire au versement raconte une histoire crédible. Un déménagement qui intervient quelques jours avant le retrait, avec un retour dans l'ancien canton peu après, en raconte une autre. Nous ne chiffrons pas de seuil, parce que les sources fournies n'en donnent pas : certains cantons appliquent leurs propres règles de calendrier, et le tribunal examine toujours l'ensemble.
Le droit de taxer s'éteint avec le temps, mais lentement. Selon la loi fédérale d'harmonisation (art. 47 al. 1), le droit de taxer se prescrit par cinq ans à compter de la fin de la période fiscale ; en cas de suspension ou d'interruption, la prescription est acquise dans tous les cas quinze ans après la fin de la période fiscale. Pour le rappel d'impôt, le droit d'introduire la procédure s'éteint dix ans après la fin de la période fiscale concernée et le droit de procéder au rappel quinze ans après (art. 53 al. 2 et 3). Concrètement, une situation douteuse ne devient pas « sûre » parce que quelques mois ont passé : l'administration peut revenir sur des années antérieures.
À ce sujet, le rappel d'impôt simplifié pour les héritiers (art. 53a) est un autre rappel que le dossier n'est jamais tout à fait clos : chaque héritier peut régulariser des éléments soustraits par le défunt, sous conditions, sur les trois périodes fiscales précédant le décès.
Une démarche en étapes
Pour un déménagement sérieusement envisagé, la séquence ci-dessous évite les maladresses. Elle ne remplace pas l'avis d'un spécialiste.
La déclaration elle-même
Une fois le retrait effectué, il se déclare. À Genève, par exemple, la page officielle demande de joindre la copie du justificatif de retrait et de reporter le montant à la ligne 98.12. D'autres cantons ont leurs propres formulaires. Gardez le justificatif remis par la fondation ou la banque : il fait partie du dossier, tout comme la preuve de domicile. Pour le lien avec la comptabilité, voir déclarer son 3a en lien avec sa comptabilité.
Séjour hebdomadaire et domicile
La situation typique de l'indépendant
Beaucoup d'indépendants et de dirigeants connaissent le séjour hebdomadaire : on loue une chambre ou un studio près de son lieu de travail pendant la semaine, et l'on rentre auprès de sa famille le week-end. Question fréquente : cette chambre peut-elle devenir le domicile fiscal ? La réponse prudente est que, pour une personne mariée ou ayant une famille, le centre des intérêts reste en général là où vit la famille. Le séjour hebdomadaire lié au travail ne déplace pas, à lui seul, le domicile. Pour une personne seule, sans attache familiale forte ailleurs, l'appréciation peut différer, mais l'argument « j'ai un studio » ne suffit pas.
Exemple : Claire, indépendante, vit avec son compagnon et ses enfants dans un canton, et loue un petit appartement dans un autre canton où elle exerce son métier la semaine. Elle y passe de nombreuses nuits mais retrouve sa famille chaque fin de semaine, ses enfants y sont scolarisés. L'administration est susceptible de retenir comme domicile le lieu de la famille. Si Claire déclarait vivre dans l'appartement de la semaine pour profiter d'un autre barème au retrait, elle devrait pouvoir prouver que sa vie s'y est réellement déplacée. Cet exemple est fictif et ne constitue pas une prévision de décision.
Quand le doute pèse sur le dirigeant
Le dirigeant d'une Sàrl a une difficulté supplémentaire : on le sait souvent présent là où se trouve l'entreprise. Si l'entreprise est dans un canton et le logement dans un autre, l'administration voit deux points d'ancrage. Elle regarde alors où se situent la vie privée, la famille, l'engagement social. Un domicile déclaré près du siège alors que la vie familiale est ailleurs sera examiné. À l'inverse, un dirigeant qui déménage vraiment avec toute sa famille et laisse l'entreprise à un autre lieu ne devrait pas voir son domicile contesté pour la seule raison que l'entreprise est restée. Le détail dépend du canton : voyez aussi les interlocuteurs de la prévoyance d'une Sàrl.
Les cas transfrontaliers à signaler
Quand le domicile est à l'étranger, d'autres règles interviennent. Les personnes imposées à la source peuvent, sous conditions, demander une taxation ordinaire ultérieure (TOU) : la loi fédérale (art. 99a al. 1) la prévoit notamment si une part prépondérante des revenus mondiaux, conjoint compris, est imposable en Suisse ou si la situation est comparable à celle d'un contribuable domicilié en Suisse. La demande doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale concernée (art. 33b al. 3 LHID) ; pour qui quitte la Suisse, elle doit l'avoir demandée au moment du dépôt de la déclaration de départ. Le Conseil fédéral et les cantons ont aussi prévu que les débiteurs reçoivent une commission de perception pour l'impôt à la source : pour les prestations en capital, elle s'élève à 1 % du montant total de l'impôt à la source, mais au plus 50 francs par prestation (art. 37 al. 3).
À Genève, le barème d'impôt à la source 2026 sur les prestations de prévoyance en capital indique, pour les personnes concernées par l'impôt à la source, des centimes additionnels cantonaux de 48,50 % et communaux de 43,69 % ; ce barème ne comprend que l'impôt cantonal et communal, l'impôt fédéral direct s'ajoute. Si vous quittez la Suisse, lisez plutôt l'impôt à la source sur le 3a d'un indépendant parti à l'étranger et le capital 3a d'un dirigeant qui quitte la Suisse.
Abus et requalification
L'abus de droit fiscal
Le droit fiscal connaît la notion d'abus de droit. Lorsqu'une construction juridique inhabituelle est choisie principalement pour réduire l'impôt, sans autre but que ce gain, l'administration peut l'ignorer et taxer comme si la voie normale avait été suivie. Appliqué au domicile, le raisonnement est simple : si un déménagement n'a pas d'autre justification que fiscale et que la vie de la personne n'a pas réellement changé, le fisc peut conclure que le domicile est resté là où il était.
Les juridictions ont rendu des décisions sur des changements de domicile intervenus peu avant un retrait en capital. Ces décisions varient selon les faits : les unes ont confirmé un domicile réel, d'autres ont écarté un déménagement de façade. Il serait trompeur de résumer cette jurisprudence en une règle unique. Ce qu'on peut en retenir, c'est la méthode : l'examen porte sur l'ensemble des circonstances, et la charge de rendre le changement crédible pèse en pratique sur la personne qui le revendique.
Les signaux qui attirent l'attention
Certains éléments déclenchent plus facilement un contrôle :
- un déménagement annoncé peu avant un retrait important, suivi d'un retour dans l'ancien canton ;
- un logement dans le nouveau canton nettement sous-utilisé ;
- une famille qui reste dans l'ancien canton ;
- des consommations (énergie, déplacements) incompatibles avec une présence réelle ;
- l'absence de tout lien social ou professionnel au nouveau lieu.
Aucun de ces signaux n'est une preuve en soi, mais leur cumul oriente l'examen.
Les conséquences possibles
Si le domicile est contesté, plusieurs issues sont envisageables : l'impôt est réclamé par le canton que l'administration estime compétent, un intérêt moratoire peut s'ajouter, et, dans les cas les plus sérieux, une soustraction d'impôt peut être sanctionnée. Les délais de rappel cités plus haut indiquent que la régularisation peut intervenir longtemps après les faits. Sans chiffre à donner sur les amendes ou les intérêts, nous renvoyons à la loi du canton concerné. Un point de prudence : si un doute existe sur sa propre situation passée, une dénonciation spontanée peut être possible selon les conditions que prévoit la loi ; cela se discute avec un spécialiste fiscal avant toute démarche.
Ce qui reste légitime
Tout déménagement n'est pas suspect. Une personne qui part vivre ailleurs pour se rapprocher de sa famille, pour une raison de santé, pour un nouveau projet, ou parce que son activité se déplace, change réellement de domicile. Le fait que le nouveau canton impose moins le capital n'est pas interdit comme effet secondaire. La difficulté naît lorsque l'effet fiscal est la seule raison et que la vie n'a pas changé.
Étaler le retrait sur plusieurs années en plus
Une autre manière de gérer l'impôt
Le canton de domicile n'est qu'un des leviers. Un autre, bien plus banal, est le calendrier des retraits. Les prestations de vieillesse du 3a peuvent être versées au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence, et les contrats ne peuvent pas prévoir la fin du contrat après la 70e année. De l'autre côté, on peut continuer à cotiser jusqu'à cinq ans au plus après l'âge de référence tant qu'une activité lucrative est exercée ; passé ce délai, il n'y a plus de droit à la déduction. Entre ces bornes, plusieurs comptes ouverts à l'avance permettent de répartir les retraits sur plusieurs années, ce qui évite d'additionner tout le capital dans une même période fiscale.
Pour le 2e pilier facultatif, le droit fédéral prévoit que la prestation de vieillesse peut être perçue en capital en trois étapes au plus, une étape comprenant tous les retraits d'une année civile (art. 13a al. 1 et 2). Cette règle vise le 2e pilier et ne s'applique pas telle quelle au 3a : le nombre de retraits possibles dépend de l'organisation de vos comptes et de la pratique de votre canton. Vérifiez-le avant de bâtir un plan. Pour la méthode, étaler ses retraits de 3a sur plusieurs années et plusieurs comptes 3a pour sortir son capital détaillent la logique, et le simulateur d'impôt sur les retraits échelonnés permet d'en explorer les effets.
Les deux leviers ne s'additionnent pas toujours
Étaler et déménager sont deux logiques. L'étalement ne suppose aucun changement de vie, il s'appuie sur l'organisation de vos comptes. Le déménagement suppose un vrai changement de vie. Combiner les deux compliquerait inutilement votre dossier : si vous étalez sur plusieurs années tout en changeant de canton au milieu du plan, chaque retrait est imposé selon le domicile applicable à ce moment, et il faut donc documenter chaque étape. Cette complexité est un argument de plus pour ne décider qu'avec des chiffres personnels.
Un exemple fictif de comparaison
Exemple fictif : Marc, indépendant de 58 ans, compare deux cantons de domicile à l'aide des barèmes publics. Il prend pour hypothèse un capital issu de versements sur plusieurs comptes 3a et utilise les calculateurs officiels, notamment un simulateur cantonal de l'impôt sur les prestations en capital. Pour chaque canton, il choisit sa commune, son état civil et sa confession, puis note la différence. Il s'aperçoit que l'écart ne se lit pas seulement dans le taux : le montant du retrait, le nombre d'années d'étalement, et même la commune comptent. Il se demande ensuite si son déménagement a un motif autre que fiscal. Sa famille vit dans le canton actuel, ses enfants y sont scolarisés ; déménager supposerait de tout déplacer. Marc conclut que l'avantage éventuel n'est pas évident à ses yeux et préfère travailler d'abord sur l'étalement. Cet exemple est une illustration et ne dit rien de ce que vous obtiendrez.
Si vous utilisez des revenus de référence, les calculateurs de l'administration fédérale des contributions reposent sur des hypothèses précises (personne seule, sans enfant, sans confession, sans fortune, chef-lieu, revenu imposable). Les résultats sont un ordre de grandeur, jamais une économie personnelle. Pour la déduction à l'entrée, voir déduire son 3a de son revenu net.
Conclusion prudente
Ce qu'il faut retenir
Le domicile fiscal est une affaire de faits. Il se prouve par la vie réelle, pas par un changement d'adresse. Les cantons n'ont pas tous la même pratique sur le moment qui compte pour le retrait, et la jurisprudence sur les déménagements précédant un retrait montre que l'examen se fait au cas par cas. Aucune règle générale du type « tel nombre de mois suffit » ne figure dans les sources officielles consultées ici. Les délais de prescription et de rappel sont longs, ce qui rend risqué tout montage fragile.
Avant de décider
- Écrivez la raison réelle du déménagement, hors fiscalité.
- Lisez la règle du canton de départ et du canton d'arrivée sur leurs sites officiels.
- Simulez avec les outils publics, en sachant que ce sont des hypothèses.
- Envisagez l'étalement des retraits comme solution de rechange, qui ne demande aucun changement de vie.
- Rassemblez les preuves de domicile au fur et à mesure.
- Faites vérifier votre situation par un spécialiste fiscal avant d'agir si l'enjeu est important.
Pour aller plus loin sur les cantons, voyez par exemple l'indépendant à Vaud, l'indépendant à Genève ou l'indépendant en Valais. Pour un tour d'horizon des retraits, les réponses sur le retrait de capital complètent cette page. Le site ne conseille pas et ne recommande aucun canton : il présente les règles. Si vous souhaitez comparer des offres de 3e pilier pour votre situation, vous pouvez passer par la demande de comparaison gratuite.
Questions fréquentes
Peut-on déménager juste avant de retirer son 3a pour payer moins d'impôt ?
Rien n'interdit de déménager, mais le fisc regarde si le domicile est réel. Un déménagement dont le seul but est fiscal et qui ne change pas la vie de la personne peut être écarté pour abus de droit. Le résultat dépend des faits et du canton ; une comparaison personnalisée et l'avis d'un spécialiste restent nécessaires.
Quel canton est compétent pour taxer le retrait du 3a ?
C'est en principe le canton où la personne a son domicile fiscal à la date que fixe la règle cantonale, au moment du retrait ou de l'exigibilité de l'impôt. Les cantons publient leur pratique : lisez la page officielle du canton concerné plutôt que de vous fier à une règle générale.
Une adresse dans un autre canton suffit-elle à y fixer son domicile ?
Non. L'adresse annoncée à la commune est un indice, pas une preuve. Le domicile fiscal suit le centre des intérêts de la vie : famille, logement réellement occupé, relations, quotidien. Une chambre louée sans y vivre ne suffit pas.
Que se passe-t-il avec un séjour hebdomadaire dans un autre canton ?
Le séjour hebdomadaire lié au travail ne déplace pas, en règle générale, le domicile d'une personne dont la famille vit ailleurs. Le centre des intérêts reste souvent là où se trouvent le conjoint et les enfants. La situation d'une personne seule peut être appréciée différemment, au cas par cas.
Y a-t-il un délai minimal de résidence dans le nouveau canton avant un retrait ?
Aucun délai unique ne figure dans les sources officielles de cette page. Certains cantons ont leur propre pratique et la jurisprudence examine l'ensemble des circonstances. Ne vous fiez pas à un nombre de mois entendu dans une conversation ; vérifiez auprès de l'administration fiscale du canton.
Quelles preuves garder pour justifier un changement de domicile ?
Bail ou acte d'achat du nouveau logement, résiliation de l'ancien, attestation d'arrivée et annonce de départ, factures à la nouvelle adresse, inscription scolaire des enfants, changements d'adresse auprès des assurances et de la banque. Leur cohérence dans le temps compte plus que n'importe quelle pièce isolée.
Combien de temps le fisc peut-il revenir sur une situation passée ?
La loi fédérale d'harmonisation prévoit que le droit de taxer se prescrit par cinq ans après la fin de la période fiscale, et au plus tard quinze ans en cas de suspension ou d'interruption. Pour le rappel d'impôt, la procédure peut être introduite dans les dix ans et le rappel opéré jusqu'à quinze ans après la période concernée. Une situation douteuse ne se règle donc pas par l'attente.
Étaler les retraits est-il plus sûr que déménager ?
L'étalement ne dépend pas d'un changement de domicile : il repose sur l'organisation de plusieurs comptes et sur les bornes d'âge du 3a. Il n'expose pas à la question du domicile fictif. Son effet dépend toutefois de votre canton et de vos montants ; simulez avant de décider.
Que faire si je quitte la Suisse et que je retire mon 3a ?
Le traitement change : l'impôt à la source peut s'appliquer, et la taxation ordinaire ultérieure doit parfois être demandée, notamment au moment du dépôt de la déclaration de départ. Les règles dépendent de votre pays de résidence et des conventions applicables. Lisez la page consacrée au départ de Suisse et faites vérifier votre cas.
Les plafonds de versement dépendent-ils du canton de domicile ?
Non, les plafonds du 3a sont fixés au niveau fédéral : en 2026, 7 258 CHF avec 2e pilier et 36 288 CHF sans, ce dernier étant un maximum limité à 20 % du revenu de l'activité lucrative ; en 2027, 7 373 CHF et 36 864 CHF. Ce qui varie selon le canton, c'est l'imposition du capital au retrait.
Le site peut-il me dire dans quel canton déménager ?
Non. Le site informe sur les règles et ne recommande aucun canton ni aucun prestataire. Pour une situation chiffrée, passez par une comparaison personnalisée et, pour la question du domicile, par un spécialiste de la fiscalité cantonale.
Sources
- Confédération — LIFD, base légale de la déduction des cotisations de prévoyance individuelle liée — Fedlex
- Délais, prescription, recours et rappel d'impôt (LHID, art. 47 et 53) — Fedlex
- Rappel d'impôt simplifié des héritiers (art. 53a) — Fedlex
- Taxation ordinaire ultérieure des résidents imposés à la source (art. 33b) — Fedlex
- Obligations du débiteur de la prestation et contestation (art. 37) — Fedlex
- Non-résidents : frontaliers et prestations de prévoyance (art. 99a) — Fedlex
- Prestations de vieillesse (art. 13a) — Fedlex
- 3e pilier a — retrait et imposition — Administration fédérale des contributions
- Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
- Genève — Déclarer les prestations en capital
- Genève — Barème d'impôt à la source 2026 sur les prestations de prévoyance en capital
- Genève — Montants LPP et 3e pilier
- Genève — Comment déduire les rachats au 2e et 3e pilier
- Vaud — Calculer mes impôts
- Jura — Simulation du montant d'impôt, prestations en capital
- Neuchâtel — Prestations en capital
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