Dans cette page
- Un premier 3a sans connaître son revenu de l'année
- Montant de départ : prudence et marge de manœuvre
- Compte, titres ou assurance : un premier choix réversible
- Calendrier d'une première année : acomptes, clôture, versement
- Garder une réserve de trésorerie avant d'immobiliser
- Déclarer le premier versement la première année
- Du premier 3a au grand 3a : quand ajuster
- Questions fréquentes
Ouvrir un premier 3a d'indépendant, c'est prendre une décision de long terme avec une information très incomplète : on ignore ce que l'activité rapportera cette année, on découvre les acomptes, et la caisse de pension de l'ancien employeur n'est plus là pour cadrer les choses. Un salarié reçoit une fiche de paie et un plafond clair. Vous, vous recevez des factures, des charges et, plus tard, une taxation. Cette page ne vous dit pas quel montant verser : elle vous donne l'ordre des questions, les règles officielles qui bornent la réponse, et les erreurs que commettent le plus souvent ceux qui font leur premier versement dans l'année de lancement.
Un premier 3a sans connaître son revenu de l'année
La première difficulté tient à un décalage de calendrier. Le droit de verser dans le pilier 3a se mesure sur le revenu de l'activité lucrative, mais ce revenu n'est connu avec précision qu'une fois les comptes bouclés et la taxation établie. Or le versement, lui, se fait pendant l'année civile concernée. Vous devez donc décider d'un montant sur une estimation, puis vivre avec l'écart.
Ce que dit la règle de base
Seules les personnes qui perçoivent un revenu, ou un revenu de remplacement, d'une activité lucrative soumise à l'AVS peuvent cotiser au 3a ; sans activité lucrative, le versement n'est plus possible. Un indépendant qui démarre remplit cette condition dès qu'il a un revenu soumis à l'AVS, mais il faut bien comprendre que le droit de verser suit le revenu réellement dégagé, pas l'intention de le dégager.
Le plafond dépend ensuite de votre affiliation au 2e pilier. Sans caisse de pension, ce qui est le cas de la plupart des indépendants qui n'ont pas choisi de s'affilier, la règle est : 20 % du revenu de l'activité, sans dépasser un maximum. En 2026, ce maximum est de CHF 36 288 par an. Avec un 2e pilier, c'est le « petit 3a » : CHF 7 258 en 2026. Pour 2027, le Conseil fédéral a décidé le 2 octobre 2026 d'adapter les montants-limites de la prévoyance liée au 1er janvier 2027 : CHF 36 864 sans 2e pilier, CHF 7 373 avec.
CHF 36 288
Plafond 3a 2026 sans 2e pilier (maximum)
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
CHF 7 258
Plafond 3a 2026 avec 2e pilier (« petit 3a »)
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
CHF 36 864
Plafond 3a 2027 sans 2e pilier (maximum)
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
CHF 7 373
Plafond 3a 2027 avec 2e pilier
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
Le maximum de CHF 36 288 est un plafond, pas un droit acquis : la limite de 20 % du revenu s'applique en dessous. Avec un revenu de première année modeste, vous n'atteindrez pas le maximum, et c'est normal. Les deux plafonds de l'année, et leur évolution, sont comparés ci-dessous.
Ce schéma ne dit pas ce que vous pouvez verser : il montre le plafond maximal. Pour un indépendant sans 2e pilier, la part de 20 % du revenu net fixe le droit réel de l'année. Pour calculer cette part sur votre propre revenu, la page consacrée au plafond de 20 % du revenu et le calculateur du 20 % donnent la méthode ; ce second lien n'est cité qu'à titre de repère, le calcul vous appartient.
Revenu déterminant : qui le fixe
Le revenu déterminant de l'indépendant est le revenu net annuel établi par les autorités fiscales et communiqué à la caisse de compensation. Autrement dit, ni vous ni votre prestataire de 3a ne fixez ce chiffre : il sort de la taxation. La caisse est d'ailleurs liée par les données des autorités fiscales cantonales. Pour votre premier 3a, la conséquence est simple : tout montant versé avant la taxation repose sur une estimation que vous faites seul, et elle peut être démentie après coup.
Les cas où la question est ailleurs
Deux situations changent le raisonnement dès le départ. Si vous exercez à côté d'un emploi salarié, c'est probablement la caisse de pension de l'employeur qui détermine votre plafond : lisez la page sur l'indépendant en plus d'un emploi avant de supposer que le grand plafond vous est ouvert. Et si vous venez d'arriver de l'étranger, le permis et le statut d'activité comptent avant tout autre élément.
Montant de départ : prudence et marge de manœuvre
Face à l'incertitude, deux erreurs symétriques existent : viser tout de suite le haut du plafond « pour ne rien rater », ou ne rien verser « tant que je ne sais pas ». Aucune des deux n'est une règle, et la bonne approche se situe entre elles. Voici comment la construire.
Raisonner en trois niveaux
Plutôt que de chercher un chiffre exact, fixez trois niveaux avant le premier versement :
- Un montant plancher, que vous versez même si l'année est mauvaise : il tient compte de vos charges fixes, de vos acomptes et de votre réserve, et il est assez petit pour ne jamais vous mettre en difficulté.
- Un montant cible, que vous versez si l'année confirme vos prévisions : il se rapproche de ce que la limite de 20 % de votre revenu estimé autorise.
- Un montant plafond, que vous ne versez qu'en cas d'année exceptionnelle et seulement si la trésorerie le permet : il ne dépasse jamais ce que la règle de l'année autorise.
Cette façon de faire transforme une décision binaire en une décision par paliers, que vous pouvez prendre en cours d'année, au fil des encaissements. Elle vaut aussi pour les années suivantes : la page sur les versements irréguliers en détaille la logique.
Exemple : Camille teste trois montants
Exemple fictif : Camille, 33 ans, graphiste à Lausanne, a quitté son poste salarié et démarre son activité au printemps. Elle ne sait pas si sa première année ressemblera à un revenu bas, moyen ou confortable ; la fourchette est large. Elle n'est affiliée à aucune caisse de pension. Elle teste donc trois hypothèses, sans chiffre précis, avec une règle de lecture commune : le droit de verser ne peut pas dépasser 20 % de son revenu net, et jamais le maximum de l'année.
| Hypothèse de revenu net | Ce que la règle de 20 % laisse comme marge | Versement plausible pour Camille |
|---|---|---|
| Revenu bas | Une marge faible, très éloignée du maximum de l'année | Un petit montant, voire rien en cours d'année |
| Revenu moyen | Une marge moyenne, toujours sous le maximum | Un montant intermédiaire, décidé en fin d'année |
| Revenu élevé | Une marge qui peut approcher le maximum de l'année | Un montant plus important, si la trésorerie le permet |
Le tableau n'est qu'une illustration : les montants réels dépendent de la taxation de Camille, de son canton et de ses charges. Ce qu'il montre, c'est que l'incertitude se traite en repoussant la décision finale le plus près possible de la fin de l'année, tout en préparant le plancher.
Quand la règle bride un versement trop haut
Si vous versez plus que le droit de l'année, l'excédent n'est pas déductible. Ce n'est pas qu'une perte d'avantage fiscal : l'argent reste bloqué dans le 3a avec les règles de disponibilité qui vont avec. Un versement excessif en première année est l'erreur la plus fréquente, et la page sur les erreurs de plafond et de versement la détaille. Demandez-vous aussi si l'argent n'aurait pas été plus utile dans l'entreprise la première année : c'est la logique de la section sur la trésorerie plus bas.
Compte, titres ou assurance : un premier choix réversible
Le support du premier 3a est le choix qui effraie le plus, alors qu'il est en partie réversible : un 3a peut être transféré d'une fondation à une autre, sous conditions. La vraie question n'est donc pas « quel support pour toujours », mais « quel support pour ces premières années, avec quel risque de me retrouver coincé ».
Les trois familles
Le compte 3a bancaire, ouvert auprès d'une fondation bancaire de prévoyance, est le plus simple : vous versez quand vous voulez, dans la limite du droit de l'année, sans engagement de versements réguliers. Il convient à un revenu qui varie, car il ne vous oblige à rien. Le compte 3a bancaire d'indépendant est détaillé sur sa propre page.
Le 3a en titres est toujours logé dans une fondation, mais l'avoir est investi. Il suppose d'accepter que la valeur varie, y compris à la baisse, et un horizon de plusieurs années. Pour un premier 3a, la question n'est pas seulement le rendement espéré, qui n'est jamais garanti, mais votre capacité à ne pas retirer ni arrêter par réflexe au premier recul. La page sur le 3a en titres et l'horizon en précise les conditions.
La police d'assurance 3a, ou police d'assurance liée, repose sur des primes fixées au contrat. Elle peut inclure une libération du paiement des primes en cas d'incapacité de gain, et une valeur de rachat. Sa difficulté, pour un premier 3a d'indépendant, est précisément la régularité des primes quand le revenu varie : voyez la police 3a face à un revenu irrégulier.
| Critère | Compte 3a bancaire | 3a en titres | Police 3a d'assurance |
|---|---|---|---|
| Rythme des versements | Libre, selon vos encaissements | Libre en général, selon la fondation | Primes fixées au contrat |
| Évolution de l'avoir | Intérêts, sans fluctuation de capital | Variable, à la hausse comme à la baisse | Définie par le contrat, avec une valeur de rachat |
| Risque principal | Rendement faible sur la durée | Baisse de valeur au mauvais moment | Prime impossible à tenir ; sortie coûteuse |
| Protection du revenu | Aucune | Aucune | Possible, avec une libération des primes |
| Pour un premier choix | Souple, facile à défaire | Demande un horizon long | Engage davantage |
Un choix réversible, à condition de le vérifier
Que le choix soit réversible ne veut pas dire sans frais ni sans délai. Avant le premier versement, demandez par écrit : les frais de tenue de compte ou de gestion, les frais éventuels de transfert, les conditions de sortie et, pour une assurance, la valeur de rachat les premières années. Ne vous contentez pas d'une promesse orale. Pour savoir qui est derrière votre 3a, la page sur la vérification de la fondation et de la banque donne les points de contrôle, et les questions à poser à un prestataire listent ce qu'il faut demander.
Ce site ne désigne aucun prestataire et ne recommande aucun produit : le bon support dépend de votre revenu, de votre horizon et de votre tolérance au risque. Pour comparer des offres sur votre situation, la comparaison gratuite est l'outil prévu.
Calendrier d'une première année : acomptes, clôture, versement
La première année d'un indépendant obéit à plusieurs horloges en parallèle : celle de la caisse AVS, celle du fisc cantonal, celle de la clôture des comptes, et celle du versement 3a. Elles ne sont pas synchronisées, et c'est de là que viennent la plupart des surprises.
Acomptes AVS : fixés sur une estimation
Les indépendants versent périodiquement des acomptes de cotisations. La caisse les fixe sur la base du revenu probable de l'année de cotisation, et elle les adapte si le revenu diffère sensiblement du revenu probable. En pratique, vous communiquez une estimation en début d'activité, puis vous devez signaler tout écart important. Le réflexe utile pour votre 3a : la même estimation prudente sert à fixer vos acomptes et votre plancher de versement. La page sur l'AVS de l'indépendant explique le mécanisme en détail.
Clôture et revenu définitif
Les cotisations sont fixées pour chaque année civile sur la base du revenu de l'exercice commercial clos pendant l'année et du capital propre investi à la fin de l'exercice. Si votre premier exercice ne coïncide pas avec l'année civile, la lecture se complique. Voilà pourquoi le décalage évoqué plus haut est structurel : le revenu qui détermine le droit de verser au 3a est celui que la taxation retient, et il n'est pas connu quand vous versez.
Acomptes d'impôt et taxation provisoire
Selon le canton, l'administration fiscale peut émettre des acomptes provisoires dès l'ouverture de votre dossier, calculés sur une estimation ou sur la dernière taxation connue, qui peut être celle de votre ancien statut de salarié. Ces acomptes ne reflètent pas votre situation d'indépendant, et ils peuvent être trop faibles ou trop élevés. Une taxation définitive plus lourde que prévu se paie en fin de parcours, et c'est un des motifs de garder une réserve (voir plus bas). Les règles précises de chaque canton varient ; renseignez-vous auprès de votre administration fiscale cantonale.
Le dernier moment pour verser
Le versement doit intervenir dans l'année civile pour être pris en compte dans cette année. Vérifiez auprès du prestataire la date limite à laquelle le crédit doit parvenir sur le compte, car un virement lancé trop tard peut être comptabilisé l'année suivante. La checklist de fin d'année rassemble les contrôles à faire avant d'envoyer l'ordre.
Garder une réserve de trésorerie avant d'immobiliser
Le 3a est une épargne liée : les cas de retrait avant la retraite sont limités et encadrés. C'est son principe, et c'est aussi son risque quand on démarre. Votre entreprise a des besoins qu'un salarié n'a pas : financer un décalage de paiements clients, absorber une facture impayée, payer des charges avant d'encaisser.
Les sorties à prévoir avant d'épargner
Avant d'arrêter votre plancher de versement, listez ce que votre trésorerie doit couvrir :
- les cotisations AVS, dont les acomptes, et les éventuelles régularisations ;
- les acomptes d'impôt et le risque d'une taxation définitive plus élevée que l'estimation ;
- les charges fixes de l'activité, y compris celles qui tombent avant les premières rentrées ;
- votre propre rémunération privée sur plusieurs mois, si l'activité ne vous verse pas de salaire régulier ;
- l'assurance qui couvre une perte de gain ou une incapacité, que vous aurez peut-être à financer vous-même.
Côté AVS, le plus petit cas existe : si le revenu annuel indépendant est égal ou inférieur à 10 000 francs, la cotisation minimale est de 435 francs par an, sauf si ce montant a déjà été perçu sur votre salaire déterminant. Et pour une activité accessoire dont le revenu n'excède pas 2 500 francs par année civile, la cotisation n'est perçue qu'à la demande de l'assuré. Ces seuils concernent les petites activités, pas un lancement à plein temps, mais ils montrent que le coût social de la première année peut être faible ou élevé selon le cas.
Pourquoi un 3a trop haut est un mauvais pari
Verser trop en 3a quand la trésorerie est juste, c'est se priver d'une liquidité pour obtenir une déduction fiscale. La déduction fiscale n'est pas une économie personnelle garantie : son effet réel dépend du taux marginal d'imposition, de la commune et de votre situation. Si l'argent vous manque, vous pouvez le retrouver sous forme d'emprunt, de retard de paiement, de facture impayée, ce qui coûte souvent davantage que l'avantage attendu.
Un cas particulier existe : le début ou le changement d'activité indépendante figure parmi les motifs de retrait anticipé du 3a, mais seulement dans l'année qui suit l'établissement à son compte ou le changement, et la totalité de l'avoir doit alors être retirée, le retrait partiel n'étant pas admis. Cette possibilité concerne un 3a constitué avant le lancement, par exemple pendant une activité salariée. Elle ne justifie pas de verser en comptant sur un retrait, et elle est expliquée sur la page retirer son 3a pour se lancer.
Pour lire cet arbre : plus le revenu est incertain, plus il vaut mieux garder les décisions de montant pour la fin de l'exercice, et plus la réserve doit passer avant le plafond. Il ne s'agit pas d'une recommandation, mais d'un ordre de questions à vous poser.
Déclarer le premier versement la première année
Un versement 3a n'a d'intérêt fiscal que s'il est déclaré correctement. La déduction repose sur la loi sur l'impôt fédéral direct : sont déductibles les primes, cotisations et montants versés en vue de l'acquisition de droits contractuels dans des formes reconnues de la prévoyance individuelle liée (LIFD art. 33 al. 1 let. e). Le Conseil fédéral détermine, avec les cantons, quelles formes de prévoyance sont prises en compte et dans quelle mesure les cotisations sont déductibles. Les cantons ont leur propre loi d'application, et certains publient des détails sur les plafonds et la façon de déduire, comme celui de Genève.
L'attestation à conserver
Votre prestataire vous remet une attestation annuelle du montant versé. C'est ce document que vous joignez ou saisissez dans votre déclaration. Conservez-le avec votre comptabilité : en cas de contrôle, il prouve le versement et sa date. Si vous changez de prestataire en cours d'année, vous aurez plusieurs attestations, et leur somme ne peut pas dépasser le droit de l'année.
Une déduction qui suit le revenu net
Pour un indépendant, la déduction du 3a se rattache à la déclaration des revenus de l'activité, qui s'appuie sur les comptes de l'entreprise. Le lien avec la comptabilité est détaillé dans la page sur la déclaration du 3a en lien avec la comptabilité. Un point utile : le versement 3a est une opération privée, qui ne passe pas dans les charges de l'entreprise. Elle se déduit du revenu imposable de la personne, pas du bénéfice de l'exercice. Confondre les deux est une erreur classique de première année, souvent corrigée à la taxation, mais avec du temps perdu.
Le premier dossier : points d'attention
- Le montant déduit ne doit pas dépasser le droit de l'année, calculé sur le revenu net retenu.
- Un versement reçu dans l'année suivante n'est déductible que pour l'année suivante.
- Si l'activité s'est arrêtée en cours d'année, l'absence de revenu soumis à l'AVS peut priver du droit de verser.
- Si vous êtes affilié à une caisse de pension, même facultativement, le plafond n'est plus le même.
À la sortie, ces versements sont imposés : les prestations en capital sont soumises à un impôt annuel entier, qui se calcule en additionnant le capital au revenu de l'année fiscale et en appliquant le barème correspondant (LIFD art. 38 al. 2). Cette règle plaide pour penser le retrait dès le premier versement, sans qu'il soit nécessaire de le planifier tout de suite : la page sur l'échelonnement des retraits sur plusieurs années y revient.
Du premier 3a au grand 3a : quand ajuster
Le premier 3a n'est pas définitif, ni dans son montant ni dans son support. La question est de savoir à quel moment et sur quels signaux vous l'ajustez.
Les signaux pour monter
Un premier exercice clôturé et une taxation connue donnent enfin une base réelle. Si votre revenu net confirme ce que vous espériez et que votre réserve est reconstituée, vous pouvez envisager de vous rapprocher de ce que la limite de 20 % autorise. Le grand 3a désigne ce plafond calculé sur le revenu, par opposition au petit 3a lié à la caisse de pension. Pour y réfléchir, la page grand 3a à 20 % du revenu net donne les conditions et les pièges.
La base de calcul officielle distingue la petite déduction, qui vaut 8 % du montant-limite supérieur de l'art. 8 al. 1 LPP (le salaire annuel maximal de la LPP obligatoire), et la grande déduction, qui vaut au plus 40 % de ce montant et qui correspond à 20 % du revenu d'activité lucrative. Cela explique pourquoi le maximum de l'année est lié à une valeur légale que le Conseil fédéral adapte.
Les signaux pour ralentir
À l'inverse, certaines situations imposent de réduire : un revenu qui s'effondre, un associé qui se retire, un client majeur perdu, une trésorerie qui se tend. Un versement ne se reprend pas à volonté. Mieux vaut une année à petit montant qu'un blocage de liquidités. En cas de baisse durable, revoyez le plancher plutôt que de renoncer à tout.
Le rachat rétroactif : un filet limité
Une année sous-utilisée peut parfois se rattraper. Le rachat rétroactif de cotisations 3a est possible pour jusqu'à dix ans de cotisations manquantes, et il est déductible l'année où il est effectué. C'est une nouveauté de l'année fiscale 2026 (rachat de 2025). Les règles sont strictes : un seul rachat par année fiscale, au maximum le montant de la petite déduction, soit CHF 7 258 en 2025 et 2026, y compris pour les personnes sans 2e pilier. Et la condition est de verser d'abord l'intégralité de la cotisation due pour l'année en cours avant de racheter une année passée.
Ce filet n'est pas une raison de ne rien verser en première année : il est plafonné par année, il suppose que vous ayez eu le droit de cotiser les années concernées, et il ne remplace pas un versement régulier. Il aide en revanche à corriger une première année prudente, voyez le rachat rétroactif du 3a pour indépendants.
Réviser une fois par an
La façon la plus simple d'ajuster est un rendez-vous annuel avec vous-même, après la clôture des comptes : plafond de l'année, versement effectué, écart avec le revenu réel, état de la réserve, support toujours adapté. La page sur le moment pour commencer complète ce point, et les documents à réunir pour ouvrir un 3a vous évitent les pertes de temps à l'ouverture.
Questions fréquentes
Puis-je ouvrir un 3a avant d'avoir encaissé mon premier revenu ?
Vous pouvez ouvrir le compte, mais le droit de verser suppose un revenu d'une activité lucrative soumise à l'AVS. Sans activité lucrative, le versement n'est plus possible. Ouvrir tôt un compte vide ne coûte en général rien de spécial, mais vérifiez auprès du prestataire s'il facture la tenue de compte, et reportez le premier versement au moment où le revenu existe.
De combien ai-je le droit de verser la première année ?
Cela dépend de votre affiliation au 2e pilier. Sans caisse de pension, vous pouvez verser jusqu'à 20 % de votre revenu net d'indépendant, sans dépasser le maximum de CHF 36 288 en 2026. Avec une caisse de pension, c'est le petit plafond de CHF 7 258 en 2026. Le montant exact pour vous dépend de votre revenu net retenu à la taxation et d'éventuelles particularités cantonales.
Dois-je attendre la taxation pour verser ?
Non, mais vous versez alors sur une estimation. Une approche prudente consiste à verser un montant plancher en cours d'année, puis à compléter en fin d'année si les comptes provisoires le confirment. Si vous dépassez le droit réel, l'excédent n'est pas déductible, et la correction se fait à la taxation.
Mon revenu de première année est très faible : le 3a vaut-il quand même la peine ?
La règle de 20 % réduit mécaniquement le droit de verser, et l'effet fiscal d'un petit versement est limité. La question n'est pas seulement fiscale : un petit versement peut servir à tester le fonctionnement du compte. Mais si la trésorerie est juste, ne versez pas. Un revenu très faible peut aussi limiter la déduction utile pour vous ; pour mesurer cet effet, une comparaison personnalisée vaut mieux qu'une règle générale.
Quelle différence entre un compte, des titres et une assurance pour un débutant ?
Le compte bancaire est le plus souple, les titres supposent d'accepter des variations de valeur, et la police d'assurance repose sur des primes fixées au contrat. Pour un revenu qui varie, un support sans engagement de versement régulier est en général plus simple à tenir, mais le bon choix dépend aussi de la protection recherchée et de votre horizon.
Un 3a ouvert peut-il être changé plus tard ?
Un 3a peut être transféré vers une autre fondation, sous conditions. Avant d'ouvrir, demandez les frais de sortie et les délais. Pour une police d'assurance, la valeur de rachat des premières années peut être inférieure aux montants versés, ce qui rend le changement plus coûteux.
Que se passe-t-il si mon revenu réel est plus bas que prévu ?
Si le revenu réel retenu par le fisc est inférieur à l'estimation, le versement peut dépasser le droit de l'année. L'excédent n'est pas déductible. Selon le prestataire, vous pouvez éventuellement demander la restitution de l'excédent, ou le conserver sans déduction ; il faut alors en discuter avec lui et avec votre fiduciaire.
Les acomptes AVS changent-ils mon droit de verser au 3a ?
Non directement. Les acomptes sont fixés sur le revenu probable ; le revenu déterminant est celui établi par les autorités fiscales. En revanche, ils pèsent sur votre trésorerie, donc sur ce que vous pouvez verser sans vous mettre en difficulté. Signalez à la caisse tout écart sensible.
Puis-je rattraper une première année où je n'ai rien versé ?
Possiblement, par le rachat rétroactif, qui concerne jusqu'à dix ans de cotisations manquantes. Il y a des limites : un rachat par année fiscale, au maximum CHF 7 258 en 2025 et 2026, et l'obligation de verser d'abord la cotisation due pour l'année en cours. Vérifiez que vous aviez le droit de cotiser les années visées.
Mon 3a doit-il passer par l'entreprise ?
Non. Le 3a est une prévoyance personnelle : le versement se fait depuis votre patrimoine privé et se déduit de votre revenu imposable, pas du bénéfice de l'entreprise. Le faire passer en charge de la société est une erreur à éviter.
Faut-il consulter quelqu'un avant le premier versement ?
Votre fiduciaire connaît vos comptes et peut vous aider à estimer votre revenu. Pour comparer des offres de 3a adaptées à votre situation, vous pouvez utiliser la comparaison gratuite. Ce site informe : il ne conseille pas et ne remplace pas une analyse personnalisée.
Sources
- Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral) — Confédération
- Plafonds du 3e pilier a (montants-limites non imposables) — OFAS
- 3e pilier a — plafonds de déduction, rachats rétroactifs, retrait et imposition — Administration fédérale des contributions
- 3e pilier a — retrait et imposition — OFAS
- Cotisations AVS/AI/APG des indépendants (2026) — OFAS
- Cotisations des indépendants et des personnes sans activité lucrative, art. 22, 23, 24 — Fedlex
- Cotisations des indépendants, art. 8 — Fedlex
- Loi fédérale sur l'impôt fédéral direct (LIFD), art. 33 et 38 — Fedlex
- Comment déduire les cotisations au 2e et 3e pilier — République et canton de Genève
- Montants LPP et 3e pilier A 2026 — République et canton de Genève
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