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Situation de vie

Dirigeant qui quitte la Suisse : sortir son capital 3a et LPP

Vous êtes indépendant ou dirigeant et vous quittez la Suisse : votre 3a, votre avoir LPP et vos libre passage ne sortent pas tous de la même façon. Voici l'inventaire, les blocages, l'ordre des retraits et l'impôt à prévoir.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre de prévoyance.

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Dans cette page
  1. Inventaire des capitaux avant départ
  2. Ce qui se retire, ce qui reste bloqué
  3. Ordre des retraits
  4. Impôt sur plusieurs années
  5. Fermeture de l'entreprise ou cession : effet sur le calendrier
  6. Questions fréquentes

Un indépendant qui quitte la Suisse ne part jamais avec « un » capital, mais avec plusieurs poches : un ou plusieurs comptes de pilier 3a, parfois un avoir de caisse de pension, parfois un compte de libre passage, et en plus des polices de pilier 3b. Chacune obéit à son propre régime de sortie, à son propre calendrier et à sa propre fiscalité. Quand on réfléchit à quitter la Suisse comme indépendant avec son 3a, la bonne question n'est donc pas « comment retirer mon 3a ? » mais « dans quel ordre vider, déplacer ou laisser en place chaque poche, et sur quelles années répartir l'impôt ? ».

Cette page s'adresse à l'indépendant ou au dirigeant de Sàrl ou de SA qui prépare un départ définitif et qui a, en plus, une entreprise à fermer, à céder ou à laisser tourner. Elle place le 3a dans une stratégie de sortie plus large. Elle ne dit pas ce que vous devez faire : la réponse dépend de votre pays de destination, de votre canton de départ, de votre âge, de votre affiliation au 2e pilier et de la façon dont votre activité s'arrête.

Inventaire des capitaux avant départ

Avant de parler retrait, il faut savoir ce que l'on possède. Beaucoup d'indépendants découvrent à ce stade des comptes oubliés, ouverts lors d'un ancien emploi ou d'un ancien projet. Dressez la liste complète, poche par poche, avec pour chacune l'institution, le numéro de compte ou de police, le solde à une date récente et la date d'ouverture.

Les cinq familles de poches

  • Les comptes de pilier 3a, bancaires ou en titres, détenus auprès d'une fondation bancaire de prévoyance. Un indépendant en possède souvent plusieurs, ouverts à des moments différents.
  • Les polices 3a d'assurance, dites polices d'assurance liées, avec une valeur de rachat qui n'est pas toujours égale aux primes versées.
  • L'avoir de la caisse de pension (2e pilier, LPP), si vous vous êtes affilié, ou si vous avez été salarié de votre propre société. Voyez à ce sujet la page sur l'affiliation facultative à la LPP.
  • Les avoirs de libre passage, laissés par d'anciens employeurs sur un compte ou une police de libre passage.
  • Le pilier 3b, c'est-à-dire la prévoyance libre : assurances de capitaux privées, comptes et placements sans lien avec le 3a. Sa fiscalité et sa disponibilité sont très différentes.

À cette liste s'ajoute un actif qui n'est pas de la prévoyance au sens strict mais qui pèse sur le calendrier : la valeur de votre entreprise, qu'il s'agisse de parts de Sàrl, d'actions ou d'une clientèle cédée. Elle fait l'objet de la dernière section de cette page.

Ce qu'il faut demander à chaque institution

Pour chaque poche, demandez par écrit : les conditions de retrait en cas de départ définitif, les justificatifs exigés, le délai de traitement et, pour une police, la valeur de rachat actuelle. Demandez aussi si l'institution applique une retenue d'impôt à la source au moment du paiement. Conservez les réponses : elles serviront pour la déclaration de départ.

Un point de vigilance : l'institution qui vous a gérés jusque-là n'a l'obligation de conserver les documents de prévoyance importants que pendant une durée limitée après le transfert d'une prestation de sortie. Selon l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle, cette obligation cesse après un délai de dix ans dès le transfert. Si vous devez prouver plus tard une affiliation ancienne, gardez vos propres copies.

Les poches de capital et leur régime de sortieCapital de l'indépendant qui partPilier 3acomptes et policesliéesCaisse depension2e pilier LPPLibre passagecomptes et policesRetraitanticipédépart définitifPartobligatoireselon ladestinationVersement enespèces encadréavis à l'officecompétent
Les poches de capital et leur régime de sortie

Ce qui se retire, ce qui reste bloqué

La règle de base est simple à énoncer et délicate à appliquer : le 3a comme le 2e pilier sont bloqués jusqu'à un âge de retrait, sauf motifs de retrait anticipé prévus par la loi. Le départ définitif de Suisse en fait partie, mais pas de la même manière pour toutes les poches.

Le 3a : un retrait anticipé reconnu

Pour le pilier 3a, le départ définitif de Suisse figure parmi les motifs de retrait anticipé admis. Il faut généralement prouver le départ, par exemple avec l'attestation de départ de la commune, et parfois une attestation d'arrivée à l'étranger. Les exigences exactes varient d'un prestataire à l'autre et doivent être vérifiées avant de planifier la date. La page sur le capital 3a d'un indépendant ou dirigeant qui quitte la Suisse détaille cette démarche côté 3a seul.

Une règle distincte s'applique à l'indépendant qui vient de commencer ou de changer d'activité : le versement en espèces du 3a après début ou changement d'activité indépendante n'est possible que dans l'année qui suit l'établissement à son compte ou le changement. Dans ce cas, la totalité de l'avoir doit être retirée, car un retrait partiel n'est pas admis. Cette règle de l'administration fiscale fédérale concerne le motif « je deviens indépendant » ; elle ne se confond pas avec le motif « je quitte la Suisse », dont les conditions sont propres.

Le 2e pilier : la part obligatoire est la plus encadrée

Pour la caisse de pension, la loi distingue la part obligatoire et la part surobligatoire de l'avoir. La part surobligatoire se règle en général selon le règlement de la caisse. La part obligatoire est soumise à des restrictions lorsque vous partez dans un État de l'UE ou de l'AELE où vous restez couvert par une assurance sociale obligatoire équivalente : le versement en espèces de la part obligatoire est alors limité, et l'avoir doit en principe rester dans le système suisse, sur un compte ou une police de libre passage. Si vous partez vers un pays hors UE et AELE, le versement en espèces est en règle générale ouvert. Ce régime dépend de la destination et de l'état de la législation à la date du départ : faites-le confirmer par écrit.

Le texte de l'ordonnance sur le versement anticipé précise qu'un versement est possible lorsque l'institution de prévoyance est tenue, selon la loi sur le libre passage, de s'acquitter de son obligation par un versement en espèces. C'est le mécanisme du départ définitif lorsque l'institution doit payer.

Le libre passage : un avis à l'office compétent

Un compte de libre passage a ses propres règles de sortie. L'institution de libre passage communique sans délai à l'office spécialisé l'échéance d'un versement en capital ou d'un paiement en espèces lorsque le montant atteint 1000 francs au moins. Elle ne peut verser qu'au plus tôt 30 jours après notification à l'office. Ce contrôle, prévu pour les contributions d'entretien impayées, ajoute un délai incompressible à votre calendrier : ne fixez pas la date de départ en comptant sur un paiement immédiat.

Les intérêts de l'année du départ

Si vous quittez l'institution en cours d'année, le compte de vieillesse est crédité de l'intérêt calculé progressivement jusqu'au cas de libre passage et des bonifications de vieillesse, sans intérêt, calculées jusqu'à la sortie. Cela explique pourquoi le montant versé n'est pas celui du dernier relevé annuel.

Les rachats récents bloquent le capital

Si vous avez racheté des années dans la caisse de pension avant de partir, la loi interdit de verser sous forme de capital les prestations résultant de ce rachat avant l'échéance d'un délai de trois ans. Genève applique la même logique fiscale : le rachat n'y est pas déductible si une prestation en capital du 2e pilier est perçue avant un délai de trois ans, jour pour jour, après le rachat. Un rachat décidé « pour réduire l'impôt » puis un départ rapide peuvent donc se neutraliser. C'est l'un des pièges les plus coûteux de cette situation.

trois ans

Délai avant tout versement en capital d'un rachat LPP

Source: Libre passage, logement, rachat

7 258 CHF

Plafond 3a avec 2e pilier en 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 288 CHF

Plafond 3a sans 2e pilier en 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

30 jours

Délai minimal de versement par une institution de libre passage après notification

Source: Contributions d'entretien impayées

l'année qui suit l'établissement à son compte

Délai pour retirer le 3a après début d'activité indépendante

Source: 3e pilier a — retrait et imposition

Les repères officiels à connaître

Voici un récapitulatif des règles à garder en tête, poche par poche.

Poche Sortie au départ définitif Point de vigilance
Compte ou police 3a Retrait anticipé reconnu Justificatifs de départ exigés par le prestataire
Caisse de pension, part surobligatoire Selon le règlement Dépend de la caisse
Caisse de pension, part obligatoire Encadrée si destination UE ou AELE À confirmer par écrit pour votre pays
Libre passage Versement possible sous conditions Avis à l'office, délai de 30 jours
Rachat LPP récent Pas de capital avant trois ans Perte possible de la déduction
Pilier 3b Libre selon le contrat Fiscalité propre à la police

Ordre des retraits

L'ordre dans lequel vous sortez les capitaux n'est pas neutre. Il joue sur l'impôt, sur le risque de tout payer la même année et sur ce que l'État de destination pourra ensuite taxer. Il n'existe pas d'ordre universel ; voici les critères que l'on examine, dans l'ordre où ils se posent généralement.

1. Ce qui est bloqué par un délai

Commencez par repérer ce qui ne peut pas sortir tout de suite : un rachat LPP de moins de trois ans, un avoir de libre passage soumis à la notification de l'office, une police dont la valeur de rachat dépend d'une résiliation anticipée. Ces poches fixent le plus tôt possible de votre calendrier. Si l'une d'elles ne peut pas sortir avant votre date de départ souhaitée, deux options existent : décaler le départ, ou laisser l'avoir sur un compte de libre passage et le récupérer plus tard, avec les conséquences fiscales d'un retrait effectué depuis l'étranger.

2. Ce qui se retire sans effet sur le reste

Les comptes 3a se retirent compte par compte. Cette souplesse est utile : retirer un seul compte une année et un autre l'année suivante reste possible tant que vous remplissez les conditions du motif invoqué. Pour un départ définitif, la question est de savoir si le retrait doit avoir lieu avant ou après la radiation de votre domicile en Suisse, ce qui change l'autorité qui taxera. Vérifiez-le auprès du prestataire et de l'administration fiscale de votre canton avant d'agir.

Vous pouvez approfondir la logique d'étalement dans les pages sur l'échelonnement des retraits de 3a sur plusieurs années et sur la répartition en plusieurs comptes. Elles supposent toutefois que vous restiez en Suisse plusieurs années ; un départ définitif raccourcit l'horizon et rend l'étalement souvent impossible.

3. Ce qui se règle avec la fiscalité de l'État de destination

Un capital de prévoyance suisse retiré au moment du départ peut être imposé en Suisse, puis être considéré différemment dans le pays où vous arrivez. Certains pays ne taxent pas un capital retiré avant l'arrivée ; d'autres taxent un capital perçu après votre installation. La convention contre les doubles impositions entre la Suisse et ce pays, quand elle existe, règle la répartition. Le calendrier du retrait par rapport à la date d'arrivée devient alors un élément de la stratégie, à faire examiner par un professionnel de la fiscalité internationale. Le site ne donne pas de règle générale pour chaque pays.

4. Ce qui reste en place par choix

Laisser une poche en Suisse est parfois voulu : un avoir de libre passage non touché, un 3a dont la fiscalité de retrait futur est jugée plus favorable depuis l'étranger, une police dont la résiliation anticipée coûterait cher. Ce choix suppose de garder une adresse de correspondance, de suivre les frais et de savoir à quelles conditions vous retirerez plus tard. La page sur la retraite à l'étranger d'un indépendant en tire les conséquences à long terme.

Ordre de travail pour un départ définitif1Dresser l'inventaireComptes 3a, polices, caisse de pension, librepassage et 3b.2Repérer les blocagesRachat LPP récent, avis à l'office, valeur de rachatd'une police.3Choisir ce qui sort et ce qui resteSelon la destination et le régime de chaque poche.4Fixer la date et les justificatifsAttestation de départ, accords écrits desinstitutions.5Retirer puis déclarerDéclaration de départ et taxation de l'année duretrait.
Ordre de travail pour un départ définitif

Impôt sur plusieurs années

Un capital de prévoyance retiré est soumis à un impôt sur les prestations en capital, séparé du reste du revenu et calculé selon un barème spécifique, par la Confédération et par le canton. La façon dont les cantons le calculent varie. Une conséquence classique : plusieurs retraits la même année s'additionnent et font monter le taux, alors que des retraits répartis sur plusieurs années l'abaissent. Un départ définitif limite cette marge de manœuvre, mais ne la supprime pas entièrement, selon la date de départ et la manière dont chaque canton traite l'année du départ.

Une année de départ souvent surchargée

L'année de départ concentre plusieurs événements : le dernier revenu de l'activité, le retrait des capitaux, parfois la cession de l'entreprise. Si tout tombe la même année, l'effet de cumul peut peser lourd. Répartir ce qui peut l'être sur l'année précédente, lorsqu'elle est encore en Suisse, ou accepter de laisser une poche à l'étranger pour la retirer plus tard, sont des pistes à comparer. Elles ne sont pas toujours ouvertes : tout dépend de la date de départ réelle et des règles du canton.

Retenue à la source et taxation ordinaire ultérieure

Le débiteur de la prestation imposable doit retenir l'impôt à l'échéance des prestations en espèces, remettre une attestation du montant retenu au contribuable et verser périodiquement l'impôt à l'autorité fiscale. Il est responsable du paiement de l'impôt à la source. Si vous êtes imposé à la source, par exemple pour un capital versé à un non-résident, la retenue est la règle.

Il existe toutefois la taxation ordinaire ultérieure (TOU). Une personne imposée à la source qui ne remplit aucune des conditions de la TOU obligatoire peut demander une taxation ordinaire ultérieure. La demande doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale, et elle s'étend au conjoint vivant en ménage commun. Surtout, les personnes qui quittent la Suisse doivent avoir demandé la taxation ordinaire ultérieure au moment du dépôt de la déclaration de départ. Si vous avez des capitaux qui seront taxés à la source, ne laissez donc pas ce point à plus tard.

La TOU est obligatoire lorsque les revenus bruts atteignent ou dépassent un certain montant durant une année fiscale, ou lorsque la personne dispose de revenus non soumis à l'impôt à la source. Le Département fédéral des finances fixe ce montant avec les cantons ; la loi d'harmonisation ne le chiffre pas. Le montant perçu à la source est imputé sans intérêts lors de la TOU, sur demande. Vous trouverez plus de détails dans la page sur le TOU et les revenus irréguliers et sur l'impôt à la source du retrait d'un indépendant parti.

Ce que les cantons proposent pour estimer

Plusieurs cantons publient des simulateurs d'impôt sur les prestations en capital. Celui du Jura, par exemple, calcule l'impôt fédéral direct et les impôts cantonaux et communaux, avec choix de la commune, de la confession et de l'état civil, pour des années d'exigibilité allant de 2026 à 2003. Ces outils donnent un ordre de grandeur, jamais le montant qui sera réellement facturé ; la taxation dépend de votre situation complète. Le simulateur d'impôt de retraits échelonnés du site vous aide à raisonner sur plusieurs scénarios.

Les montants 3a que l'on confond souvent

Le plafond de versement annuel au 3a n'a rien à voir avec ce que vous pouvez retirer. Il sert seulement à savoir combien vous avez pu verser chaque année. En 2026, le plafond avec 2e pilier est de 7 258 CHF, et de 36 288 CHF sans 2e pilier, dans la limite de 20 % du revenu de l'activité lucrative pour l'indépendant non affilié. Pour 2027, ces plafonds passent à 7 373 CHF et 36 864 CHF. Si l'année de votre départ est une année où vous ne cotisez plus, la question du dernier versement se pose : une partie du plafond, calculée au prorata, ne s'obtient pas automatiquement, et la règle applicable dépend du canton et de la date. Pensez aussi à la condition du rachat 3a : verser l'intégralité de la cotisation due pour l'année en cours (2026) avant de verser en une fois celle de 2025. Un rachat juste avant un départ reste soumis à ces conditions.

Fermeture de l'entreprise ou cession : effet sur le calendrier

C'est souvent là que la stratégie se complique. L'indépendant qui part ne ferme pas toujours son activité le jour du départ : il la cède, la confie à un associé, la met en veille ou la poursuit à distance. Chaque scénario change les revenus de l'année, donc l'impôt, et peut aussi changer votre statut vis-à-vis de l'AVS et de la prévoyance.

Cession ou liquidation : un revenu ou un capital ?

Le produit de la vente de l'entreprise ou de la liquidation peut être imposé comme revenu ou comme gain, selon des règles précises du droit cantonal et fédéral. La page sur le retrait du 3a lors d'une liquidation explique comment le 3a s'y articule, et celle sur la transmission d'entreprise comme financement de la retraite pose la question du capital de vente. L'enjeu pour le départ : si le produit de la cession tombe la même année que le retrait du 3a et du 2e pilier, l'addition est plus lourde qu'en décalant l'un des événements.

Le motif « cessation d'activité » ne remplace pas « départ »

Un indépendant qui cesse son activité peut, dans certains cas, accéder à des possibilités de sortie de son avoir de prévoyance professionnelle. Cela ne doit pas être confondu avec le motif de départ définitif de Suisse. Les conditions, les justificatifs et la fiscalité diffèrent. Si votre activité s'arrête avant votre départ, comparez les deux motifs plutôt que d'en retenir un par défaut.

Garder son activité à l'étranger ou en Suisse

Si vous partez mais gardez un lien avec votre entreprise suisse, comme associé ou comme prestataire à distance, votre situation fiscale et d'assurances sociales devient plus complexe. Les pages sur l'expatriation de deux ans avec activité maintenue et sur le détachement à l'étranger d'un dirigeant traitent ces cas, où le départ n'est pas forcément « définitif » au sens de la loi.

Un exemple fictif : Mathieu, entre Neuchâtel et l'étranger

Exemple : Mathieu, indépendant dans le canton de Neuchâtel, prépare un départ définitif peu avant l'âge de la retraite. Il possède deux comptes de pilier 3a, un avoir en caisse de pension qui comprend un rachat effectué récemment, et un compte de libre passage laissé par un ancien employeur. Il vend son cabinet à un confrère.

Son inventaire fait apparaître trois contraintes. Le rachat récent bloque sa part de capital pendant le délai légal : s'il part avant, il ne pourra pas la percevoir en capital sans conséquence fiscale. Le compte de libre passage ne peut pas partir tout de suite, le temps de la notification à l'office. Enfin, la vente du cabinet tombe la même année que ses retraits 3a. Mathieu voit alors trois leviers : retirer un compte 3a l'année précédant le départ, tant qu'il a encore son domicile en Suisse, vérifier auprès de la caisse ce qui s'applique à sa part obligatoire selon son pays de destination, et demander la TOU au moment de sa déclaration de départ. Ce que cela donnerait en francs dépend de son revenu, de sa commune et de son état civil ; le canton de Neuchâtel présente ses propres règles sur la page dédiée à l'indépendant à Neuchâtel. La page sur le choix du canton de domicile au retrait montre en quoi le lieu d'imposition compte.

Revenir plus tard

Un départ n'est pas toujours définitif. Si vous revenez, la reconstitution d'une prévoyance suppose de savoir ce qu'il reste. La page sur le retour en Suisse d'un indépendant traite de cette situation et du rachat qui peut suivre.

Checklist de départ

  • Dresser la liste de tous les comptes 3a, polices, avoirs de libre passage et polices 3b
  • Demander à chaque institution ses conditions de retrait en cas de départ définitif, par écrit
  • Repérer tout rachat LPP de moins de trois ans et son effet sur le capital
  • Vérifier avec la caisse ce qui s'applique à la part obligatoire selon la destination
  • Tenir compte du délai de notification à l'office pour les comptes de libre passage
  • Rassembler l'attestation de départ et les justificatifs exigés par chaque prestataire
  • Comparer retrait avant le départ et retrait après, avec l'administration fiscale du canton
  • Demander la taxation ordinaire ultérieure au moment de la déclaration de départ si une retenue à la source est possible
  • Mesurer l'effet de la cession ou de la liquidation de l'entreprise sur le calendrier
  • Faire examiner le régime fiscal du pays d'arrivée avant de fixer la date des retraits
  • Conserver copies des relevés et attestations bien au-delà de la date du départ

Un tableau de bord simple, avec une ligne par poche et une colonne par année, aide à tenir ce calendrier. Si vous souhaitez comparer des offres de prestataires 3a avant de décider de laisser un compte en Suisse, le comparatif du 3e pilier donne les critères, et vous pouvez demander une comparaison gratuite adaptée à votre situation.

Questions fréquentes

Puis-je retirer tout mon 3a si je quitte définitivement la Suisse ?

Le départ définitif de Suisse fait partie des motifs de retrait anticipé reconnus pour le pilier 3a. Les justificatifs demandés varient selon le prestataire, qui peut exiger une attestation de départ. Les détails dépendent de votre contrat et de votre situation ; demandez les conditions par écrit avant de fixer la date.

Le motif « départ de Suisse » est-il le même que « devenir indépendant » ?

Non. Le retrait du 3a après début ou changement d'activité indépendante n'est possible que dans l'année qui suit l'établissement à son compte ou le changement, et il porte sur la totalité de l'avoir. Le départ définitif suit ses propres conditions. Ne mélangez pas les deux motifs.

Mon avoir de caisse de pension sort-il en espèces si je pars à l'étranger ?

Cela dépend de la destination. La part surobligatoire suit le règlement de la caisse. La part obligatoire est limitée en cas de départ vers l'UE ou l'AELE lorsque vous restez couvert par une assurance sociale obligatoire équivalente ; elle est en règle générale ouverte vers les autres pays. Faites confirmer le régime par la caisse, par écrit, pour votre pays.

Pourquoi mon compte de libre passage n'est-il pas versé tout de suite ?

L'institution de libre passage communique à l'office spécialisé l'échéance d'un versement lorsque le montant atteint 1000 francs au moins, et elle ne peut verser qu'au plus tôt 30 jours après la notification. Ce délai s'ajoute à celui de votre dossier.

Un rachat dans ma caisse de pension juste avant de partir est-il utile ?

C'est risqué. Les prestations résultant d'un rachat ne peuvent pas être versées sous forme de capital avant l'échéance d'un délai de trois ans, et Genève refuse la déduction du rachat si une prestation en capital du 2e pilier est perçue avant ce délai. Un rachat suivi d'un départ rapide peut donc ne rien apporter.

Faut-il retirer le 3a avant ou après avoir quitté la Suisse ?

La réponse dépend de la fiscalité de votre canton, de celle du pays d'arrivée et de ce qu'exige votre prestataire. Retirer avant la radiation de votre domicile peut placer l'imposition dans votre canton ; retirer après peut déclencher une retenue à la source. Le calendrier se décide au cas par cas, idéalement avec l'administration fiscale cantonale.

Qu'est-ce que la taxation ordinaire ultérieure à la sortie ?

Si un capital est imposé à la source, vous pouvez demander une taxation ordinaire ultérieure, au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale. Les personnes qui quittent la Suisse doivent avoir demandé cette taxation au moment du dépôt de leur déclaration de départ. Le montant perçu à la source est imputé sans intérêts, sur demande.

Puis-je laisser mon 3a en Suisse après mon départ ?

Oui, c'est possible, sous réserve des conditions de votre prestataire. Cela suppose de suivre les frais, de garder un moyen de contact et de connaître d'avance les conditions d'un retrait futur depuis l'étranger. La fiscalité au retrait peut différer de celle d'un retrait effectué avant le départ.

La vente de mon entreprise change-t-elle le moment du retrait ?

Oui, car le produit de la vente alourdit le revenu de l'année où il tombe. Si les retraits de prévoyance tombent la même année, l'impôt sur les prestations en capital s'ajoute. Comparer plusieurs calendriers, avec un simulateur cantonal et un professionnel, permet d'éviter une surcharge.

Que dois-je conserver comme documents ?

Les relevés de chaque poche, les attestations de départ, les accords des institutions et les décomptes de retenue à la source. Une institution n'est tenue de garder les documents de prévoyance importants que pendant une durée limitée après le transfert ; gardez vos propres copies bien au-delà de votre départ.

Sources

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