Aller au contenu
Les vignes en terrasses de Lavaux, vues depuis la rive à Vevey

Guide

Indépendant : préparer sa retraite sur plusieurs années

La retraite d'un indépendant repose sur les trois piliers, mais aucun employeur n'en assemble les pièces. Voici comment les combiner, avec la vente de l'entreprise, sur un plan d'une dizaine d'années.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre de prévoyance.

Demander une comparaison gratuite

Dans cette page
  1. Sans employeur : tout repose sur soi
  2. AVS de l'indépendant : cotisations et rente
  3. 2e pilier facultatif ou capital privé
  4. 3a : le grand plafond comme outil central
  5. Vente de l'entreprise comme quatrième source
  6. Calendrier sur dix ans
  7. Bilan de départ à la retraite
  8. Questions fréquentes

La retraite d'un indépendant et les trois piliers forment un puzzle que personne ne monte à votre place. Un salarié reçoit une rente AVS, une rente ou un capital de caisse de pension, et complète au besoin avec un 3a. Vous, vous devez décider de chaque pièce : ce que l'AVS vous donnera réellement, si un 2e pilier volontaire a un sens pour votre activité, combien verser en 3a une année où le revenu est bon, ce que vaudra l'entreprise le jour où vous la remettrez. Cette page met ces pièces dans un ordre de travail, sur une dizaine d'années, en s'appuyant sur le cadre général décrit dans les trois piliers de l'indépendant. Elle informe : elle ne remplace ni un calcul personnel ni une comparaison faite sur votre situation.

Sans employeur : tout repose sur soi

Dans une entreprise, la prévoyance se construit presque sans que l'employé y pense : les cotisations sont prélevées sur le salaire, la part de l'employeur est ajoutée, la caisse gère le reste. À son compte, aucune de ces mécaniques ne tourne seule. Trois conséquences pratiques.

Vous êtes à la fois l'employeur et l'employé. Les cotisations AVS se calculent sur votre revenu, mais c'est à vous de vous annoncer à la caisse de compensation, de contrôler les acomptes et de garder les justificatifs. Le 2e pilier n'est pas obligatoire : si vous ne faites rien, il n'existe pas. Le 3a, lui, n'est un outil central que si vous le versez, chaque année, en pensant à la suite.

Votre revenu n'est pas régulier. Une année de forte facturation suivie de deux années calmes est un schéma courant. Une prévoyance qui suppose des versements identiques, comme certaines polices à primes fixes, peut devenir un fardeau dans les mauvaises années. À l'inverse, un compte 3a bancaire accepte des versements libres, ce qui s'accorde mieux avec une activité en dents de scie.

Une partie de votre patrimoine est dans l'entreprise. Locaux, clientèle, savoir-faire, parfois un stock ou un parc de machines : tout cela forme une valeur qui n'est pas liquide. Elle peut devenir la plus grande partie de votre retraite, ou ne rien valoir si l'activité repose sur votre seule personne. Un plan sérieux le dit franchement, au lieu de supposer que l'entreprise « se vendra bien ».

Les quatre sources à garder en tête

Pour cette page, on raisonne avec quatre sources de revenu à la retraite :

  1. la rente AVS, qui est le socle ;
  2. le 2e pilier volontaire, ou à défaut un capital privé constitué à côté ;
  3. le 3a, avec le grand plafond réservé à ceux qui n'ont pas de caisse de pension ;
  4. le produit de la vente ou de la transmission de l'entreprise.

Aucune ne suffit seule dans la plupart des situations d'indépendants, et leur poids relatif change énormément d'un métier à l'autre. Un graphiste qui travaille seul depuis son salon n'a pas grand-chose à vendre ; un artisan avec des employés et un local peut avoir dans l'entreprise la pièce la plus lourde de son plan.

Exemple : Laurent, gérant d'une agence de communication à Genève

Exemple fictif. Laurent, 55 ans, dirige une agence de communication à Genève. Son revenu moyen sur les trois dernières années est confortable, mais il a varié d'une année à l'autre au gré des gros mandats. Il n'est affilié à aucune caisse de pension et n'a jamais fait de grand plan : il a versé en 3a quand il y pensait, parfois en toute fin d'année. Il aimerait savoir ce que la retraite lui offrira avec l'AVS, ce qu'il peut encore bâtir en 3a, et si l'agence, dont dépendent deux collaborateurs, a une valeur de revente. Nous suivrons son cas en fil rouge, sans chiffre inventé : les montants qu'il utilisera sont ceux, officiels, de l'année.

Le schéma ci-dessous donne une vue d'ensemble des quatre sources, selon une appréciation qualitative. Il ne chiffre rien : le poids de chaque source dépend de votre âge, de votre revenu, de votre canton et de la nature de votre activité.

Part de la retraite que chaque source peut couvrir, selon le profilFaible partGrande partRente AVSsocle commun à presque tous2e pilier volontaireseulement si vous vous affiliezGrand 3asi les versements ont été réguliersPatrimoine privé hors 3aimmobilierVente de l'entreprisetrès variable selon l'activité
Part de la retraite que chaque source peut couvrir, selon le profil

Ces niveaux sont une illustration du raisonnement, pas une mesure. Pour Laurent, la vente de l'agence pèserait peu si l'activité repose sur sa personne, beaucoup si l'équipe et la clientèle peuvent continuer sans lui.

AVS de l'indépendant : cotisations et rente

Le premier pilier est la seule pièce que vous avez en commun avec tous les salariés du pays. Sa mécanique, pour l'indépendant, se résume en quelques points.

Comment le revenu est établi

Vos cotisations AVS sont fixées pour chaque année de cotisation, c'est-à-dire l'année civile, à partir du revenu de l'exercice commercial clos pendant cette année et du capital propre investi à la fin de l'exercice. Le revenu déterminant est le revenu net annuel établi par les autorités fiscales cantonales et communiqué à la caisse de compensation : la caisse est liée par ces données. Concrètement, c'est votre taxation fiscale qui nourrit votre compte AVS, avec un décalage. Si vous réduisez artificiellement votre revenu imposable, vous réduisez aussi ce qui est inscrit pour votre rente ; l'inverse vaut pour une année de gros bénéfice.

Acomptes et décomptes

Pendant l'année, la caisse vous demande des acomptes de cotisations. Ils sont fixés d'après le revenu probable de l'année de cotisation et adaptés si le revenu s'écarte sensiblement de ce qui avait été estimé. C'est à vous de signaler un changement net : une année de démarrage lent, un gros mandat qui tombe, une perte. Une fois la taxation fiscale connue, la caisse règle le solde. Si les indications nécessaires au décompte ne sont pas fournies, ou si les cotisations ne sont pas payées à l'échéance, la caisse peut fixer les montants dus par une taxation d'office, dont les frais peuvent être mis à votre charge. Autant dire que négliger ses échanges avec la caisse coûte plus cher que de les suivre.

Ce que l'AVS construit pour vous

Chaque personne tenue de cotiser possède un compte individuel, sur lequel s'accumulent les revenus soumis à cotisation. La rente se calcule à partir de ces inscriptions et de la durée de cotisation. Deux conséquences pour un indépendant :

  • Une lacune de cotisation réduit la rente et ne se rattrape pas facilement après coup. Quelqu'un qui a travaillé plusieurs années à l'étranger sans cotiser, ou qui a laissé passer des périodes d'activité sans s'annoncer, doit vérifier son extrait de compte. Le détail des cas figure dans la page sur l'AVS de l'indépendant, ses cotisations et ses lacunes.
  • La rente maximale est un plafond, pas une moyenne. Les chiffres officiels de la rente maximale se consultent sur le site de la Confédération ; sur cette page, nous n'en reprenons pas, car ils changent avec l'adaptation des rentes et ne s'appliquent qu'à une carrière complète au revenu élevé. Votre rente personnelle se lit sur un calcul de l'extrait de compte, demandé à la caisse.

Pour le rythme des versements, les règles propres au revenu variable sont reprises dans l'AVS d'un indépendant au revenu irrégulier.

Après l'âge de référence

Une fois l'âge de référence atteint, la situation change légèrement. À compter du mois qui suit, un indépendant qui continue à travailler ne verse des cotisations que sur la part de son revenu qui dépasse une franchise de CHF 16 800 par an. Il peut aussi renoncer à cette franchise en le communiquant à sa caisse de compensation, au plus tard le 31 décembre de l'année de cotisation. Cette option intéresse celui qui veut continuer à alimenter son compte individuel. Le choix dépend de la rente déjà acquise et de l'effet attendu : à discuter avec la caisse. L'impact de la réforme sur l'âge de départ est expliqué dans AVS 21, l'âge de référence et la prévoyance de l'indépendant.

Réduction des cotisations

Si le paiement de la cotisation entière représente une charge trop lourde, un indépendant peut déposer par écrit une requête de réduction à sa caisse, avec les documents utiles. Il doit rendre vraisemblable la difficulté. C'est une procédure formelle : une demande orale ou un simple retard de paiement n'en tiennent pas lieu.

2e pilier facultatif ou capital privé

Le 2e pilier est le point où l'indépendant a le plus de liberté, et donc le plus de risque de décider par défaut. Il n'a pas à s'affilier à une institution de prévoyance professionnelle ; il peut le faire de façon volontaire, selon les règles de la LPP. La question « est-ce utile ? » se traite sans dogme.

Ce que change une affiliation volontaire

S'affilier à une caisse revient à y verser chaque année, comme un salarié mais sans part de l'employeur. L'avantage : un capital qui se construit dans un cadre fiscal favorable et qui ne dépend pas de votre discipline mensuelle. L'inconvénient : des versements qui deviennent des charges récurrentes quand le revenu baisse, et un capital bloqué dont l'accès, avant la retraite, reste étroit. La page Indépendant : le 2e pilier est-il utile sans employeur ? examine les cas de figure, et s'affilier à la LPP ou non aide à la décision.

Un point à ne pas oublier : l'affiliation au 2e pilier change le plafond de votre 3a. Affilié à une caisse, vous n'avez droit qu'au petit plafond, soit CHF 7 258 en 2026 (CHF 7 373 en 2027). Non affilié, vous pouvez utiliser le grand plafond. Choisir le 2e pilier, c'est donc renoncer à une partie de l'espace du 3a. Les deux sont à arbitrer ensemble.

Le capital privé comme alternative

Sans 2e pilier, il reste le patrimoine privé : épargne libre, titres, immobilier, parfois un 3b. Ce capital n'a pas les avantages fiscaux du 3a, mais il reste accessible à tout moment. Il joue le rôle de réserve pour l'activité (une année creuse) comme de ressource pour la retraite. Les contrats de prévoyance libre sont présentés dans la page sur le 3b comme complément du 3a, qui précise quand y penser.

Un raisonnement utile consiste à répartir son épargne selon sa liquidité :

  • ce qui doit rester disponible à tout moment (réserve d'activité, impôts à payer) ;
  • ce qui peut être bloqué jusqu'à la retraite (3a, éventuel 2e pilier) ;
  • ce qui est immobilisé dans l'entreprise (locaux, parts, clientèle).

Un indépendant qui mélange ces trois catégories, par exemple en puisant dans son 3a pour sauver une trésorerie, se prive de l'une pour réparer l'autre, avec un coût fiscal à la clé.

Le piège de l'entreprise comme seul plan

Beaucoup d'indépendants disent : « Mon entreprise est ma retraite. » Cette phrase mérite d'être testée. Si l'activité dépend de vous seul, elle s'arrête quand vous vous arrêtez, ou ne vaut que son stock et ses machines. Si elle repose sur une équipe, une marque, un contrat récurrent, elle a une valeur de reprise. Dans les deux cas, ce n'est qu'une des pièces, et elle arrive à la fin, avec une incertitude plus grande que n'importe quelle autre.

3a : le grand plafond comme outil central

Pour l'indépendant sans caisse de pension, le pilier 3a est le seul véhicule défiscalisé qui soit simple d'accès et pleinement sous contrôle. C'est pourquoi on l'appelle ici l'outil central de la période de construction.

Le montant autorisé

Pour un indépendant non affilié au 2e pilier, le plafond 3a 2026 est de 20 % du revenu de l'activité lucrative, au maximum CHF 36 288 par an. Pour 2027, le montant maximal passe à CHF 36 864, le taux de 20 % restant la règle en dessous de ce maximum. Avec une caisse de pension, le petit plafond est de CHF 7 258 en 2026 et de CHF 7 373 en 2027. L'écart illustre bien la marge que garde un indépendant sans 2e pilier.

Le tableau de repères ci-dessous reprend les chiffres officiels de l'année.

CHF 36 288

Grand plafond 3a 2026 (sans 2e pilier, au maximum)

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS)

CHF 7 258

Petit plafond 3a 2026 (avec 2e pilier)

Source: 3e pilier a, plafonds de déduction (OFAS)

20 %

Part du revenu d'activité lucrative pour le grand 3a

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS)

CHF 36 864

Grand plafond 3a 2027 (montant maximal)

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

CHF 16 800 par an

Franchise AVS après l'âge de référence

Source: Cotisations des indépendants (Fedlex)

Les repères de l'année pour un indépendant

Ces chiffres sont des plafonds, pas des objectifs. Le droit de verser ne devient un plan que si le revenu le permet.

Comment l'utiliser dans une carrière irrégulière

Un indépendant ne doit pas viser le maximum chaque année. L'approche utile est de lisser. Une année à très gros revenu se prête à un versement proche du plafond, parce que la déduction fiscale y est la plus lourde et que le revenu soutient l'effort. Une année plus faible se prête à un versement modeste, voire nul. Le calcul concret du plafond, à 20 % du revenu net, est détaillé dans la page sur le grand 3a à 20 % du revenu et dans le 3a de l'indépendant sans caisse de pension.

À garder en tête : l'économie d'impôt liée à un versement dépend de votre revenu, de votre canton et de votre situation familiale. Elle n'est jamais identique d'un lecteur à l'autre, et le plafond lui-même n'est jamais un droit acquis : il se calcule chaque année. À Genève par exemple, le versement admis en 2026 pour une personne non affiliée au 2e pilier est de CHF 36 288, dans la limite de 20 % du revenu déterminant.

Si vous avez manqué des années

Un indépendant qui n'a pas pu verser pendant des années de démarrage, ou qui n'y a pas pensé, se demande s'il peut rattraper le retard. Le rachat rétroactif, quand il est ouvert, permet de combler des années passées dans la limite de règles précises. La démarche, ses conditions et ses effets sont résumés dans le plan de rachat rétroactif du 3a pour indépendants.

Les formes du 3a

Un 3a peut prendre la forme d'un compte bancaire (fondation bancaire de prévoyance) ou d'une police d'assurance liée. Le compte, plus souple, convient au revenu irrégulier. La police, souvent à primes fixes, peut protéger certains risques, mais elle engage sur la durée et peut avoir une valeur de rachat inférieure à ce qui a été versé en cas de sortie anticipée. Le choix entre ces formes dépend de votre profil, de vos autres couvertures, de votre horizon : une comparaison personnalisée permet de les confronter avant de décider, par la demande de comparaison gratuite.

Plusieurs comptes, pour sortir en douceur

Autre point utile pour la fin de carrière : ouvrir plusieurs comptes 3a permet, le moment venu, d'échelonner les retraits sur des années différentes, ce qui adoucit l'impôt sur les prestations en capital. Ce n'est pas une obligation, et il faut s'y prendre à l'avance. La page étaler ses retraits de 3a sur plusieurs années décrit la méthode.

Vente de l'entreprise comme quatrième source

C'est la pièce la plus délicate, parce qu'elle arrive en dernier, qu'elle n'est pas garantie, et que sa valeur dépend de décisions prises des années plus tôt.

Une valeur à construire, pas à supposer

Une entreprise vaut surtout ce qu'un acheteur est prêt à payer pour la reprendre, et il paie pour ce qui continue sans vous : clients récurrents, équipe stable, processus écrits, locaux ou contrats cessibles. Si tout passe par votre téléphone et votre carnet d'adresses, la valeur de reprise est faible. Ce constat est inconfortable, mais il vaut mieux le poser dix ans avant la vente que la veille.

Préparer la vente, ce sont des gestes concrets :

  • documenter les processus pour qu'une autre personne puisse les appliquer ;
  • répartir la relation client sur plusieurs interlocuteurs ;
  • clarifier ce qui appartient à l'entreprise et ce qui appartient à vous (locaux, marque, véhicules) ;
  • tenir une comptabilité lisible pour un acheteur ;
  • identifier un repreneur potentiel : un collaborateur, un confrère, un concurrent.

La page transmettre son entreprise pour financer sa retraite détaille les voies de transmission.

Vendre, c'est aussi une question de 3a et d'impôt

La vente a des effets en cascade. Le produit peut être imposé, selon la forme de la cession et le canton. Le retrait du 3a, s'il est fait la même année, s'ajoute à ce produit et alourdit l'impôt. La page sur le retrait du 3a, la vente de l'entreprise et l'impôt explique pourquoi on évite de superposer les deux dans la même période fiscale, et comment décaler les retraits.

Une autre précaution : le produit de la vente n'est pas de la rente. Il arrive en un bloc, parfois en plusieurs versements, parfois avec une partie conditionnée à la réussite de l'entreprise après reprise. Il faut donc le placer ou le dépenser avec méthode, comme pour tout capital soudain.

Si la vente ne se fait pas

Il faut aussi prévoir le cas où personne ne rachète. Une liquidation rend les actifs, paie les dettes, ferme l'activité. Selon les cas, la valeur nette est faible. Un plan sérieux garde donc un scénario sans vente, où la retraite repose seulement sur les trois autres sources. Si ce scénario suffit à vivre correctement, la vente devient un bonus ; s'il ne suffit pas, le plan est trop dépendant de l'entreprise, et il vaut mieux le corriger pendant qu'il en est encore temps.

Calendrier sur dix ans

Un plan de retraite d'indépendant se prépare idéalement sur une dizaine d'années avant le départ. Ce n'est pas un chiffre légal, mais une durée qui laisse le temps de rectifier, de lisser les versements et de préparer la cession. La frise ci-dessous donne l'enchaînement.

Préparer sa retraite sur une dizaine d'annéesEnviron dix ans avantFaire le bilan des quatre sources, demander unextrait de compte AVS, décider si un 2e piliervolontaire a un sens.Les années de constructionVerser en 3a selon le revenu de chaque année, plusfort les bonnes années, et ouvrir plusieurscomptes pour les retraits futurs.Au milieu du planMesurer la valeur réelle de l'entreprise, larendre indépendante de vous, repérer un repreneurpossible.Quelques années avant le départRépartir les retraits de 3a sur des annéesdifférentes, éviter de les faire coïncider avec lavente.Année de la cessionVendre ou liquider, régler les cotisations AVSdues, décider si l'on renonce à la franchise.Après le départVivre sur la rente AVS, les retraits échelonnés,le patrimoine privé et le produit de la vente.
Préparer sa retraite sur une dizaine d'années

Il y a dix ans : le bilan

C'est le moment le moins coûteux pour regarder où l'on en est. Demandez l'extrait de compte individuel à votre caisse de compensation : il montre les années inscrites et d'éventuelles lacunes. Faites l'inventaire de vos comptes 3a, de votre patrimoine, de votre éventuelle caisse de pension et de la valeur de l'entreprise telle que vous la percevez. Notez aussi les couvertures de risque (invalidité, décès), puisque la retraite ne vaut rien si un accident la fait dérailler avant.

Les années de construction

Chaque année, trois gestes simples :

  • fixer le versement 3a de l'exercice en fonction du bénéfice réel, avant la clôture ;
  • vérifier que les acomptes AVS correspondent au revenu probable ;
  • consigner dans un tableau de bord les trois pièces avancées. Un exemple de tableau de suivi se trouve dans le tableau de bord annuel de la prévoyance.

Les années à très gros revenu méritent un traitement à part : on y verse davantage en 3a, on provisionne l'impôt, et on met de côté une part en patrimoine libre. Les années creuses, on maintient au moins ce qui est vital et on évite de puiser dans le 3a.

Le milieu du plan : l'entreprise devient un actif

Autour de la moitié du parcours, la question change. Vous ne vous demandez plus seulement ce que vous gagnez, mais ce que l'entreprise vaudra sans vous. Les actions concrètes sont de déléguer progressivement, de formaliser les contrats, de consolider une équipe. Laurent, dans notre exemple, pourrait confier le suivi des plus gros clients à une collaboratrice et noter par écrit ses méthodes de travail : sa valeur de revente en dépendra davantage que de n'importe quel versement de 3a.

Les dernières années : sortir en douceur

À l'approche du départ, les décisions fiscales pèsent. Les comptes 3a ne se retirent pas tous au même moment, la cession ne se règle pas la même année que les retraits, et la franchise d'AVS après l'âge de référence peut orienter le choix de continuer à travailler en partie. Les informations pratiques sur la sortie sont dans retirer son 3a à la retraite, en plusieurs fois, même si seule la page qui traite de votre cas fera office de référence.

Bilan de départ à la retraite

Le bilan de départ est la photographie finale : combien d'argent vient d'où, combien chaque mois, pour combien d'années. Il n'est pas un calcul exact, mais un test de cohérence.

Les questions du bilan

  • Quel est mon revenu cible mensuel à la retraite, hors impôts ?
  • Quelle part est couverte par l'AVS, sur la base de mon extrait de compte ?
  • Quels capitaux ai-je en 3a, en 2e pilier éventuel, en patrimoine privé ?
  • Que rapportera la cession de l'entreprise, avec une hypothèse prudente, et que se passe-t-il sans cession ?
  • Quel impôt sur les prestations en capital s'applique, selon le canton où je serai domicilié au retrait ?
  • Comment mon conjoint ou partenaire est-il protégé si je décède ou deviens invalide avant la fin du plan ?

L'outil de simulation Indépendant : estimer son capital de retraite avec un 3a permet d'illustrer l'effet de la durée, sans valoir prévision.

Tableau récapitulatif des règles

Pièce du plan Règle de fond Ce qui dépend de vous
Rente AVS Cotisation sur le revenu net établi par le fisc ; acomptes ajustés ; franchise après l'âge de référence Annonce à la caisse, suivi des acomptes, vérification de l'extrait de compte
2e pilier volontaire Facultatif ; son choix réduit le plafond 3a au petit montant Décider d'affilier ou non, selon la stabilité du revenu
Grand 3a Jusqu'à 20 % du revenu, au maximum CHF 36 288 en 2026 Montant versé chaque année, forme du compte, nombre de comptes
Patrimoine libre (3b, épargne) Pas de plafond fiscal, accès libre Répartition entre réserve d'activité et retraite
Vente de l'entreprise Valeur fixée par le marché, imposition selon la cession Préparation, indépendance de l'activité, choix du moment

Mettre en regard les sources

Le tableau suivant place les sources côte à côte pour voir leur logique : accès, risque, souplesse.

Les quatre sources d'une retraite d'indépendantAVS3aPatrimoine libreVenteAccèsÀ l'âge deréférenceRetrait selon lescas prévusLibreÀ la cessionMaîtrise du montantFaibleForteForteFaibleRisque principalLacunes decotisationRendementvariable selon laformePerte de valeurAbsenced'acheteurFiscalitéRente imposéeDéduction puisimpôt au retraitImpositionannuelleSelon la forme decession
Les quatre sources d'une retraite d'indépendant

Ce que fait Laurent, au terme de son bilan

Pour revenir à Laurent : après trois séances de travail avec son comptable, il constate que l'AVS couvre une part raisonnable de ses frais de base, que son 3a est en retard sur ce qu'un grand plafond permettait, et que l'agence a surtout de la valeur si ses deux collaborateurs restent. Il décide de verser davantage en 3a les années à fort revenu, de répartir ses retraits sur plusieurs comptes, de lancer sans attendre la formation d'un successeur interne, et de garder un scénario de retraite sans vente. Cet exemple illustre une méthode ; vos choix dépendent de votre situation, d'une comparaison personnalisée et des règles de votre canton.

Questions fréquentes

Un indépendant peut-il vivre de l'AVS seule à la retraite ?

Dans la plupart des cas, non : la rente AVS est un socle, pas un revenu complet. Elle dépend de vos années de cotisation et du revenu inscrit sur votre compte individuel. C'est pourquoi un indépendant combine l'AVS avec le 3a, un patrimoine privé et, selon les cas, le produit de son entreprise. Un calcul personnel s'appuie sur l'extrait de compte demandé à la caisse.

Quel est le plafond du 3a pour un indépendant sans caisse de pension ?

En 2026, c'est jusqu'à 20 % du revenu de l'activité lucrative, au maximum CHF 36 288 par an. Pour 2027, le montant maximal est de CHF 36 864. Si vous êtes affilié à une caisse de pension, c'est le petit plafond qui s'applique : CHF 7 258 en 2026, CHF 7 373 en 2027.

Faut-il s'affilier à un 2e pilier quand on est indépendant ?

Ce n'est pas obligatoire. La réponse dépend de la régularité de votre revenu, de votre âge, de vos autres sources de retraite et de l'usage que vous faites du 3a. Affilié, vous perdez l'accès au grand plafond du 3a. Non affilié, vous devez construire seul votre capital. Le choix se fait en connaissant les deux effets ; la comparaison personnalisée permet de les confronter.

Comment sont calculées mes cotisations AVS d'indépendant ?

Elles reposent sur le revenu net de l'exercice et sur le capital propre investi dans l'entreprise, tels qu'établis par les autorités fiscales cantonales et communiqués à la caisse de compensation. Pendant l'année, vous versez des acomptes fixés d'après le revenu probable ; la caisse règle le solde quand la taxation définitive est connue.

Que se passe-t-il si mon revenu change beaucoup en cours d'année ?

Vous devez le signaler à la caisse : les acomptes sont adaptés lorsque le revenu s'écarte sensiblement de ce qui avait été prévu. C'est surtout utile en cas de baisse durable, pour ne pas avancer trop d'argent, ou de forte hausse, pour éviter un rappel important.

Puis-je continuer à cotiser à l'AVS après l'âge de référence ?

Si vous continuez à travailler, vous ne cotisez qu'au-delà d'une franchise de CHF 16 800 par an, à compter du mois qui suit l'âge de référence. Vous pouvez renoncer à cette franchise en le communiquant à la caisse jusqu'au 31 décembre de l'année de cotisation. L'intérêt dépend de votre rente déjà acquise.

Que faire si j'ai des lacunes de cotisation AVS ?

Demandez l'extrait de compte individuel à votre caisse, repérez les années manquantes et cherchez-en la cause : activité non déclarée, séjour à l'étranger, période sans revenu. Certaines lacunes se corrigent, d'autres non. La page consacrée aux lacunes détaille les cas ; une personne de la caisse peut confirmer ce qui reste possible dans votre dossier.

La vente de mon entreprise suffira-t-elle à financer ma retraite ?

Rien ne l'assure. La valeur dépend de la capacité de l'entreprise à tourner sans vous, de la demande d'acheteurs et de la forme de la cession. Un plan prudent garde un scénario sans vente, où la retraite repose sur les trois autres sources, et traite le produit de la vente comme un complément éventuel.

Peut-on retirer son 3a et vendre l'entreprise la même année ?

C'est possible, mais rarement judicieux : les deux montants s'ajoutent et l'impôt peut s'alourdir. C'est pourquoi on prépare, des années à l'avance, un échelonnement des retraits entre plusieurs comptes et plusieurs exercices. Les règles exactes dépendent de votre canton de domicile au retrait.

Quel type de 3a convient à un revenu irrégulier ?

Un compte 3a bancaire accepte des versements libres : vous versez davantage quand le revenu le permet, moins ou rien dans les mauvaises années. Une police d'assurance 3a impose des primes fixes sur la durée, ce qui peut peser dans les années creuses. Elle peut en revanche couvrir des risques, avec la libération du paiement des primes en cas d'incapacité de gain. Le choix dépend de votre situation et se compare avec des offres concrètes.

À quel moment faut-il commencer à préparer sa retraite d'indépendant ?

Le plus tôt possible, car le 3a, l'AVS et la valeur de l'entreprise se construisent sur des années. Une dizaine d'années avant le départ est un repère raisonnable pour faire un bilan complet et ajuster le plan, mais les versements de 3a ont intérêt à commencer bien avant. Le fonctionnement de la comparaison est présenté sur le site pour qui souhaite avancer.

Sources

Vous voulez comparer pour votre situation ?

Décrivez votre situation en deux minutes. Les offres de plus de 35 banques et assurances sont comparées pour vous. Gratuit, sans engagement.

Demander une comparaison gratuite