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Guide

Indépendant ou dirigeant qui quitte la Suisse : le capital 3a

Vous vendez ou fermez votre activité avant de partir ? Le 3a après un départ définitif de Suisse se retire avec une retenue à la source, et l'ordre des retraits, avec le libre passage et le capital de vente, pèse sur la facture.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre de prévoyance.

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Dans cette page
  1. Départ et clôture d'activité : deux calendriers à synchroniser
  2. Le 3a dans l'ensemble des avoirs de prévoyance
  3. Retrait après départ définitif et retenue à la source
  4. Libre passage et 3a : l'ordre des retraits
  5. Capital de vente de l'entreprise : ne pas l'empiler
  6. Domicile fiscal : ce qui se décide avant le départ
  7. Un exemple chiffré sur deux années
  8. Documents et interlocuteurs à prévoir
  9. Questions fréquentes

Vous êtes indépendant ou vous dirigez une Sàrl ou une SA, et vous envisagez de quitter la Suisse pour de bon. Votre 3a n'est alors qu'un morceau du puzzle : il y a aussi un éventuel avoir de libre passage, le produit de la vente ou de la liquidation de votre activité, parfois un bien immobilier professionnel. Chacun de ces capitaux a son régime fiscal, son calendrier et ses justificatifs. Cette page traite le sujet « 3a départ définitif de Suisse » du point de vue de celui qui travaille à son compte : comment faire coïncider la date de départ avec la clôture de l'activité, et dans quel ordre sortir chaque capital.

Le site informe, il ne conseille pas : les règles ci-dessous sont celles des textes officiels, et la réponse pour votre cas dépend de votre canton, de votre pays de destination, de votre âge et de la forme de votre entreprise. Pour un salarié qui part, d'autres pages existent ; ici, l'enjeu est la combinaison départ plus fin d'activité.

Départ et clôture d'activité : deux calendriers à synchroniser

Un salarié qui quitte la Suisse a un seul événement à gérer : la fin de son contrat. Vous en avez au moins deux, qui ne tombent pas le même jour : la date où l'entreprise change de mains (ou s'arrête), et la date où vous cessez d'être domicilié en Suisse. L'écart entre les deux est la source de presque toutes les mauvaises surprises.

Pourquoi l'ordre des dates compte

Trois effets découlent de cet écart.

  • L'année fiscale de chaque capital. Pour les prestations en capital de prévoyance, l'impôt est fixé pour l'année au cours de laquelle ces revenus ont été acquis (art. 38 al. 2 LIFD). Un capital perçu en décembre et un autre perçu en janvier tombent donc dans deux années distinctes, même si quelques semaines seulement les séparent.
  • Le lieu d'imposition. Tant que vous êtes domicilié en Suisse, le capital est imposé dans votre canton de domicile. Une fois parti, ce n'est plus pareil : une retenue à la source s'applique sur les prestations de prévoyance versées à l'étranger, et c'est le canton de l'institution qui paie qui la prélève.
  • La possibilité même du retrait. Le versement anticipé du 3a pour départ définitif de Suisse est l'un des motifs prévus par l'art. 3 OPP 3. Il suppose que le départ soit réel et démontrable. Tant que vous gardez votre domicile ou vos attaches en Suisse, le motif n'est pas rempli.

Le piège classique : vendre trop tôt, partir trop tard

Exemple : Marc, gérant d'une Sàrl à Fribourg, signe la cession de ses parts en fin d'année, mais déménage au printemps suivant. Le produit de la vente tombe dans l'année du domicile suisse, alors que son 3a, retiré après le départ, tombe dans l'année suivante et sous un autre régime. Inversement, s'il part avant de vendre, la vente de la société peut avoir d'autres conséquences fiscales, qui relèvent de la fiscalité de l'entreprise et de la convention applicable entre la Suisse et son pays d'arrivée. Il n'y a pas d'ordre universellement bon : il y a un ordre à choisir, chiffres en main, avec la fiduciaire et le service des contributions.

La frise suivante place les repères d'une séquence type sur deux années. Les dates citées sont des dates légales ; les autres étapes sont à caler sur votre propre calendrier.

Départ et retraits sur deux annéesAvant la venteFaire le point sur vos versements 3a de l'année,vos éventuels rachats de prévoyance et votre âge,car 55 ans révolus ouvrent un régime particulier.Vente ou cessation d'activitéDès 55 ans révolus, les réserves latentesréalisées sur les deux derniers exercices sontimposées séparément.Départ effectif de SuisseDésannonce auprès de la commune, justificatif dedépart, déclaration de départ aux impôts.Demande de retrait du 3aÀ adresser à la fondation ou à l'assureur avec lesjustificatifs ; l'institution retient l'impôt à lasource.Libre passageRetrait possible ou non selon le pays dedestination ; vérifier la part qui reste bloquée.31 mars de l'année suivanteDate limite de la demande de taxation ordinaireultérieure pour les personnes imposées à lasource.Seconde annéeRetraits restants, attestations de retenue,dossier fiscal de clôture.
Départ et retraits sur deux années

Le 3a dans l'ensemble des avoirs de prévoyance

Avant de parler d'ordre, il faut savoir de quoi l'on parle. Un indépendant qui quitte la Suisse a rarement un seul capital. Il en a souvent trois, parfois quatre.

Les sources de capital possibles

  • Le pilier 3a. Un ou plusieurs comptes ou polices, dont le retrait est possible en cas de départ définitif de Suisse. Pour comprendre combien vous avez pu y verser, regardez le plafond 3a de l'indépendant sans caisse de pension et le grand 3a.
  • Le libre passage. Il existe si vous avez été salarié avant de vous mettre à votre compte, ou si vous avez été affilié à une caisse de pension à titre facultatif. Un indépendant qui n'a jamais été salarié n'en a pas.
  • Le capital de vente ou de liquidation. Prix des parts, boni de liquidation, salaire de transition, réserves latentes. Ce n'est pas de la prévoyance au sens strict, mais il se retrouve dans la même déclaration.
  • Le 3b. Les polices privées susceptibles de rachat, qui suivent un régime à part. Selon la loi d'harmonisation, les versements provenant d'assurances de capitaux privées susceptibles de rachat sont en principe exonérés d'impôt, sauf les polices de libre passage et sous réserve de l'imposition des rendements (art. 7 al. 4 let. d LHID). Une police 3b est donc à examiner séparément, avec son contrat et sa valeur de rachat.

Les plafonds : ce que vous avez pu verser

Savoir ce que vous avez accumulé aide à anticiper l'ordre de grandeur du retrait. Les plafonds de versement des deux dernières années connues sont les suivants.

7 258 CHF

Plafond 3a avec 2e pilier (petit 3a), 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 288 CHF

Plafond 3a sans 2e pilier (indépendant non affilié), maximum 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

7 373 CHF

Plafond 3a avec 2e pilier (petit 3a), 2027

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 864 CHF

Plafond 3a sans 2e pilier (indépendant non affilié), maximum 2027

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

Les plafonds 3a à garder en tête

Le plafond sans 2e pilier est un maximum : en dessous, c'est une part du revenu de l'activité qui s'applique. Si votre dernière année est incomplète parce que vous partez en cours d'année, le versement possible dépend de ce revenu et de votre situation à ce moment-là. Vérifiez-le avant de verser quoi que ce soit dans les derniers mois.

Un point à ne pas confondre : les autres motifs de retrait

Le départ définitif n'est pas le seul motif de retrait anticipé. L'art. 3 OPP 3 prévoit aussi le rachat dans une institution de prévoyance professionnelle, l'invalidité complète sans couverture, le début ou le changement d'activité indépendante et l'acquisition d'un logement pour ses propres besoins. Plusieurs d'entre eux peuvent coexister avec votre projet de départ. Retirer son 3a pour acheter un logement avant de partir n'a pas le même effet qu'un retrait au départ. Les prestations de vieillesse, elles, peuvent être versées au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence, et les contrats ne peuvent pas prévoir une fin de contrat après la 70e année. Si vous êtes proche de cet âge, le motif « départ » n'est pas forcément le plus pertinent.

Vos capitaux et leur régime fiscal au départVotre départ de Suissela date qui déclenche toutPilier 3aretrait pour départdéfinitifLibre passageselon le pays dedestinationCapital deventeréserves latenteset gains deRetenue à la sourceprestations de prévoyanceversées à l'étrangerImposition séparéedès 55 ans révolusinstitution qui versecessation d'activité
Vos capitaux et leur régime fiscal au départ

Retrait après départ définitif et retenue à la source

C'est le cœur du sujet. Le texte sur lequel tout repose est l'art. 3 OPP 3 : le départ définitif de Suisse figure parmi les motifs qui autorisent à retirer son 3a avant l'âge ordinaire. La démarche est donc de nature administrative : prouver que vous partez, puis demander le versement.

Ce que l'institution vous demandera

Chaque fondation bancaire de prévoyance ou assureur fixe ses propres exigences, mais on retrouve presque toujours les mêmes pièces :

  • une attestation de désannonce de la commune ou un document équivalent prouvant que le départ est effectif ;
  • une pièce d'identité et un justificatif de la nouvelle adresse à l'étranger ;
  • le formulaire de demande de versement de l'institution ;
  • selon les cas, la confirmation que vous n'êtes plus assujetti à l'AVS en tant qu'indépendant en Suisse, ou que votre activité est radiée ou cédée.

Demandez la liste complète par écrit à chaque institution avant le départ. Certaines n'acceptent la demande qu'après la désannonce effective, d'autres exigent un délai pour prouver que le départ est « définitif ». Un départ simplement annoncé n'est pas un départ.

La retenue à la source : qui prélève, qui attestera

L'impôt à la source sur les prestations de prévoyance versées à l'étranger suit une logique simple dans son principe. Le débiteur de la prestation, ici la fondation ou l'assureur, doit retenir l'impôt à l'échéance des prestations, remettre au bénéficiaire une attestation du montant retenu et verser cet impôt à l'autorité fiscale. Il est responsable du paiement (art. 88 al. 1 et 2 LIFD, et art. 37 al. 1 let. a à c LHID). Concrètement, le capital que vous recevez est déjà net de cette retenue, et l'attestation est la pièce à conserver pour la suite.

Le barème de la retenue est fixé par chaque canton. Un exemple concret : Genève a publié le 5 décembre 2025 son barème d'impôt à la source 2026 sur les prestations de prévoyance en capital, avec des centimes additionnels cantonaux de 48,50 % et communaux de 43,69 %. Ce barème ne comprend que l'impôt cantonal et communal ; l'impôt fédéral direct s'ajoute. Cette page n'en tire aucune estimation chiffrée pour vous : le calcul dépend du canton où se trouve le siège de l'institution, de votre situation et de votre pays de destination. Pour comparer plusieurs cantons ou plusieurs destinations, la page sur l'impôt à la source du 3a d'un indépendant parti détaille le raisonnement, et celle sur le choix du canton de domicile au retrait explique ce que la loi permet de choisir.

Retenue, convention et remboursement éventuel

La retenue n'est pas toujours le dernier mot. Entre la Suisse et certains pays, une convention contre les doubles impositions fixe qui peut imposer un capital de prévoyance, et votre pays de résidence peut vouloir l'imposer à son tour. Vous pouvez avoir à déclarer le capital reçu dans votre nouveau pays, avec ou sans crédit pour l'impôt déjà prélevé en Suisse. Cette question relève du droit du pays d'arrivée. Elle justifie de consulter un spécialiste local avant le retrait, pas après.

La taxation ordinaire ultérieure (TOU)

Les personnes imposées à la source sont, dans certains cas, soumises à une TOU obligatoire : si leurs revenus bruts atteignent ou dépassent un certain montant durant une année fiscale, ou si elles disposent de revenus non soumis à l'impôt à la source (art. 89 al. 1 LIFD). Le montant est fixé par le département fédéral des finances avec les cantons. Par ailleurs, les personnes imposées à la source en tant que non-résidents peuvent, dans certains cas, demander une TOU au plus tard le 31 mars de l'année suivante (art. 99a al. 1 LIFD) : lorsqu'une part prépondérante de leurs revenus mondiaux est imposable en Suisse, lorsque leur situation est comparable à celle d'un contribuable domicilié en Suisse, ou lorsque cela est nécessaire pour faire valoir des déductions prévues par une convention.

Pour les personnes qui quittent la Suisse, le texte est précis : la demande de TOU doit avoir été déposée au moment du dépôt de la déclaration de départ (art. 33b al. 3 LHID). C'est un détail de procédure qu'on oublie facilement. Le bon réflexe est de poser la question à l'administration fiscale de votre canton lors du dépôt de la déclaration de départ, plutôt que de découvrir plus tard que la fenêtre est fermée. Le cas des revenus très irréguliers est développé dans la page sur le TOU pour un dirigeant aux revenus irréguliers.

Libre passage et 3a : l'ordre des retraits

Une fois les capitaux identifiés, vient la question de la séquence. Elle ne se résume pas à « le plus gros d'abord » ou « le plus petit d'abord ».

Ce que change la destination pour le libre passage

Pour le libre passage, la règle dépend du pays où vous vous installez. Selon les règles de la loi sur le libre passage, un départ vers un pays hors UE et AELE permet en principe de demander le versement en espèces de l'avoir, alors qu'un départ vers l'UE ou l'AELE limite ce versement : la part de la prévoyance obligatoire reste en général dans le système suisse, et seule la partie surobligatoire peut être retirée. Les détails dépendent de la date, du pays et de la nature de l'avoir ; ils sont à faire confirmer par écrit par l'institution de libre passage avant toute décision.

Deux autres points pratiques, tirés de la loi sur le libre passage :

  • Si l'institution de prévoyance ne transfère pas la prestation échue dans les trente jours après avoir reçu toutes les informations nécessaires, elle doit un intérêt moratoire (art. 2 al. 5 LFLP). Compter ce délai à partir du moment où le dossier est complet, pas à partir de la demande.
  • À défaut de notification, l'institution verse la prestation de sortie, intérêts compris, à l'institution supplétive, au plus tôt six mois et au plus tard deux ans après la survenance du cas de libre passage (art. 4 al. 2 LFLP). Si vous avez un avoir oublié quelque part, ne le laissez pas dériver vers l'institution supplétive : annoncez votre adresse de départ.

Rachats récents : le délai de blocage

Si vous avez effectué un rachat dans une caisse de pension avant votre départ, par exemple pour réduire votre revenu imposable pendant l'année de vente, retenez que les prestations résultant d'un rachat ne peuvent pas être versées sous forme de capital avant l'échéance d'un délai de trois ans (art. 79b al. 3 LPP). Un rachat qui tombe trop près du départ peut donc rester bloqué. Combiné à la vente de l'entreprise, ce point est une bonne raison de planifier les rachats longtemps à l'avance, et pas dans les dernières semaines. Pour les rachats annuels, la page rachat rétroactif du 3a pour indépendants donne un cadre.

Trois logiques d'ordre

Il n'y a pas de recette universelle, mais trois logiques reviennent.

  1. Tout dans la même année. Simple, un seul dossier, une seule attestation. Mais l'impôt de chaque capital est calculé pour l'année où il est acquis : empiler les capitaux dans une même année peut les faire tomber sous un régime plus lourd que s'ils avaient été séparés.
  2. Un capital avant le départ, un autre après. Utile si le régime avant le départ est plus favorable que la retenue à la source, ou l'inverse. Dépend du canton, du pays de destination et de la forme de votre capital.
  3. Étalement sur deux ou plusieurs années. On répartit les retraits sur plusieurs années fiscales. Pour le 3a, cela suppose de détenir plusieurs comptes ou polices, puisque la plupart des institutions exigent le retrait de l'ensemble de l'avoir d'un compte. Le cadre général est dans l'étalement des retraits de 3a, et le simulateur du retrait échelonné avant un départ permet de comparer des scénarios avec vos propres hypothèses.

Un point d'attention : l'étalement n'est possible qu'à condition que le motif de retrait existe encore à la date du second retrait. Pour un retrait pour départ définitif, il suffit que vous soyez parti ; mais si vous aviez prévu de retirer un compte avant le départ et un autre après, le second retrait doit rester compatible avec les règles de l'institution et avec votre pays de résidence.

Tableau comparatif : l'ordre des retraits

Aucun montant n'est donné ici : l'impôt réel dépend de barèmes cantonaux publics, datés, et de votre pays de destination. Le tableau compare des logiques, pas des résultats.

Critère Tout la même année Avant puis après le départ Étalement sur plusieurs années
Nombre d'années fiscales concernées Une Deux Deux ou plus
Principe de calcul de l'impôt Impôt de l'année où chaque capital est acquis Régime de domicile avant le départ, retenue à la source après Retenue à la source répartie sur plusieurs années
Simplicité du dossier La plus simple Intermédiaire La plus lourde
Besoin de plusieurs comptes 3a Non Utile Nécessaire
Point de vigilance Cumul de capitaux dans un seul exercice Dates de départ et de vente à synchroniser Cohérence avec le pays d'arrivée
Quand l'envisager Départ rapide, peu de capitaux Régime avant départ plus favorable Capitaux importants, calendrier souple

Capital de vente de l'entreprise : ne pas l'empiler

Le capital de 3a n'est qu'une partie de ce qui sort. La vente ou la liquidation de l'activité produit souvent un capital bien plus important, qu'il faut éviter d'empiler sur les autres sans y avoir réfléchi.

Cessation d'activité et réserves latentes

Pour l'impôt fédéral direct comme pour les impôts cantonaux, le contribuable de 55 ans révolus qui cesse définitivement son activité indépendante, ou qui ne peut la poursuivre pour cause d'invalidité, voit les réserves latentes réalisées au cours des deux derniers exercices imposées séparément. Les rachats de prévoyance déductibles restent déductibles dans ce cadre (art. 37b al. 1 LIFD ; art. 11 al. 5 LHID). Autrement dit, il existe un régime favorable pour la fin de l'activité d'un indépendant, mais il suppose des conditions précises : l'âge, la cessation définitive, la réalisation des réserves sur les deux derniers exercices.

Deux conséquences pour un départ.

  • Si vous n'avez pas encore 55 ans révolus, ce régime ne s'applique pas ; la page sur le retrait du 3a et la liquidation de l'entreprise examine ce cas.
  • Si vous les avez, la cessation « définitive » se prouve : une activité transformée en société et poursuivie sous une autre forme n'est pas la même chose qu'une activité arrêtée.

Vendre des parts de Sàrl ou de SA

Le dirigeant d'une société de capitaux vend des titres, pas une activité indépendante au sens strict. Le traitement fiscal de la vente de parts dépend de la forme de la société, de la façon dont les parts sont détenues et du canton. Je ne m'avance pas ici sur un régime général : demandez à votre fiduciaire de chiffrer la vente dans deux scénarios, avec départ avant et départ après. La page sur la transmission d'entreprise pour financer sa retraite présente les questions à poser.

Ne pas oublier ce qui est « dans la société »

Salaire de gérant non versé, compte courant, dividende en suspens, véhicule, immobilier professionnel : tout cela peut se régler au moment de la sortie, et alourdit l'année du départ. Dressez la liste de ce qui doit être soldé avant la date de départ et de ce qui peut être décalé à l'année suivante, avec l'accord de l'acquéreur ou de vos associés.

Domicile fiscal : ce qui se décide avant le départ

Les retraits ne se décident pas indépendamment de la question du domicile. Quitter la Suisse, c'est aussi changer de résidence fiscale ailleurs, parfois très rapidement.

Deux États, deux déclarations

Dans l'année du départ, vous pouvez avoir à produire une déclaration de départ en Suisse et à vous inscrire comme résident fiscal dans le pays d'arrivée. Si les deux États prétendent vous imposer sur le même capital, c'est la convention qui tranche. Retenez trois réflexes : conserver chaque attestation de retenue à la source ; garder l'avis de taxation de l'année du départ ; demander dans le pays d'arrivée si le capital reçu y est imposable, comment, et si l'impôt suisse est pris en compte.

Rester en Suisse pour un temps

Certains indépendants ne partent pas « pour de bon » mais pour deux ans, en gardant leur activité. Dans ce cas, le départ n'est pas définitif et le motif de retrait ne s'applique pas. La page sur deux ans à l'étranger en maintenant son activité traite cette situation. Si votre départ évolue en un départ de plus longue durée, le calendrier des retraits se recompose.

Détachement et dirigeant d'une Sàrl suisse

Un dirigeant détaché à l'étranger par sa propre société n'est pas toujours considéré comme ayant quitté la Suisse. La page sur le détachement à l'étranger et le 3a distingue ces cas. Avant de demander un retrait, vérifiez que l'institution reconnaît votre situation comme un départ définitif.

Vivre de ses avoirs à l'étranger

Si vous prévoyez d'y financer votre retraite, le sujet n'est plus seulement le retrait mais la durée : financer une retraite à l'étranger pose les questions de change, de fiscalité locale et de protection du conjoint.

Un exemple chiffré sur deux années

L'exemple suivant est une illustration fictive, sans montant : les chiffres réels dépendent de barèmes cantonaux publics, et le site n'établit pas de calcul personnel.

Marc est gérant d'une Sàrl à Fribourg. Il a plus de 55 ans révolus. Il détient plusieurs comptes 3a, un avoir de libre passage hérité d'un ancien emploi salarié, et il vend sa société à un repreneur. Il part vivre en Espagne. Fribourg impose ses prestations en capital de prévoyance séparément des autres revenus, à un barème particulier pour les impôts cantonaux et à un taux réduit pour l'impôt fédéral direct, tant qu'il y est domicilié.

Trois scénarios possibles pour Marc.

  • Scénario A, tout en année N. La vente de la société est signée en octobre, il part en novembre, retire ses 3a en décembre et son libre passage en janvier. Dans ce cas, le libre passage glisse dans l'année N+1, mais les trois autres capitaux se retrouvent dans l'année du départ. Il paie une retenue à la source sur le 3a, l'impôt de la période de domicile en Suisse sur le produit de la vente, et le libre passage suit son propre régime. Un seul dossier de clôture, mais un empilement sur une année.
  • Scénario B, vente en N, départ et retraits en N+1. Il garde son domicile fribourgeois jusqu'au début de l'année suivante. Le produit de la vente est imposé en N, à Fribourg, selon le régime applicable. Les retraits 3a et libre passage ont lieu en N+1, après son départ. Il évite que les capitaux se superposent, mais il reste domicilié un an de plus et doit gérer un décalage de la vente.
  • Scénario C, 3a étalé. Il retire un compte 3a avant le départ (motif à vérifier selon sa situation), le reste en N+1 après le départ, et le libre passage dans la limite permise. Le dossier est plus lourd, mais chaque année fiscale porte un capital moins important.

Marc ne choisit pas au hasard. Il fait chiffrer par sa fiduciaire les trois scénarios, avec les barèmes publics de l'année, vérifie les conditions de chaque institution et interroge un conseiller fiscal espagnol sur l'imposition du capital reçu. Le meilleur ordre n'est pas celui qui paie le moins en Suisse, c'est celui dont le total, des deux côtés de la frontière, est le plus bas et le plus sûr. Cette réponse ne se lit pas dans un article, elle se calcule pour une personne.

Les points qui font la différence dans cet exemple

  • Marc a-t-il atteint 55 ans révolus ? Sans cela, le régime d'imposition séparée des réserves latentes ne s'applique pas à lui.
  • Combien de comptes 3a détient-il ? Un seul compte oblige à tout retirer en une fois.
  • Le libre passage est-il en grande partie obligatoire ? Alors la destination limite le retrait.
  • A-t-il racheté des années de prévoyance récemment ? Le délai de trois ans peut bloquer une partie.

Documents et interlocuteurs à prévoir

Un départ combiné à une clôture d'activité mobilise plus de monde que le départ d'un salarié. Mieux vaut monter son dossier en amont.

Les documents à réunir

  • Les contrats et relevés de chaque compte ou police 3a (date d'ouverture, institution, conditions de retrait)
  • Les relevés d'avoirs de libre passage et les adresses des institutions
  • Les attestations de rachats effectués dans une caisse de pension
  • Les comptes annuels des deux derniers exercices et la liste des réserves latentes
  • Le contrat de vente, de cession de parts ou le procès-verbal de liquidation
  • L'attestation de désannonce et la preuve de la nouvelle adresse à l'étranger
  • La déclaration fiscale de l'année en cours et le justificatif de la déclaration de départ
  • Les attestations de retenue à la source remises par chaque institution
  • Les justificatifs AVS : situation de cotisant indépendant et éventuelle radiation de la caisse de compensation

Qui fait quoi

Interlocuteur Ce qu'il traite Ce qu'il ne fait pas
Fiduciaire ou comptable Comptes de clôture, réserves latentes, simulation des deux scénarios Ne décide pas de l'éligibilité au retrait du 3a
Fondation 3a ou assureur Examen du motif de départ, versement, retenue à la source, attestation Ne conseille pas sur l'impôt du pays d'arrivée
Institution de libre passage Conditions de retrait selon la destination, transfert Ne règle pas l'impôt à votre place
Administration fiscale cantonale Déclaration de départ, TOU, taxation de l'année Ne prépare pas votre planification
Spécialiste du pays d'arrivée Imposition du capital reçu, crédit éventuel d'impôt Ne connaît pas les règles suisses
Caisse de compensation AVS Radiation ou maintien comme indépendant, cotisations de l'année du départ Ne gère pas le 3a

La dernière colonne n'est pas un jugement sur ces acteurs : elle rappelle que chacun a un périmètre. Le dirigeant ou l'indépendant est le seul à voir l'ensemble. Pour une vue d'ensemble des interlocuteurs d'un dirigeant, voir fiduciaire, caisse, banque : qui fait quoi.

Un autre point utile : mettez par écrit, pour chaque institution, trois questions : quel motif de retrait acceptent-elles, avec quels justificatifs, et à quelle date approximative le versement sera effectué après réception du dossier complet. C'est l'objet de la liste de 25 questions à poser à un prestataire de 3a.

La frise suivante place les délais légaux que ce guide a cités. Elle ne dit pas quand agir, mais les bornes à ne pas dépasser.

Les délais légaux qui bordent un départTrente joursDélai de transfert de la prestation échue aprèsréception du dossier complet, sinon intérêtmoratoire.Six mois à deux ansFenêtre à l'issue de laquelle un avoir non annoncépeut être versé à l'institution supplétive.Un anDélai de réinvestissement pour une prestationversée lors d'un changement d'emploi, si elle estexonérée.Deux ansDélai de réinvestissement dans son logement aprèsla vente, pour le produit transféré en librepassage.Trois ansDélai avant lequel les prestations d'un rachat nepeuvent pas être versées en capital.31 marsDate limite de la demande de TOU l'année suivante,avec la règle particulière de la déclaration dedépart.
Les délais légaux qui bordent un départ

Vous remarquerez que plusieurs délais concernent des situations que vous n'avez peut-être pas : vente d'un logement, changement d'emploi. Ils sont là pour montrer que le calendrier suisse est fait de petites fenêtres, et qu'un départ en gagne à être préparé plusieurs mois à l'avance.

Après le départ : les derniers gestes

  • Conservez les attestations de retenue à la source pendant la durée que votre nouveau pays exige.
  • Faites suivre votre courrier fiscal : l'avis de taxation suisse de l'année du départ arrive après votre départ.
  • Signalez à chaque institution votre nouvelle adresse, y compris celles où il ne reste plus rien (une ancienne caisse, un petit compte de libre passage).
  • Vérifiez que votre activité est bien radiée du registre du commerce, le cas échéant, et que votre caisse AVS a clos votre dossier d'indépendant.

Pour comparer des offres de 3a avant votre départ, par exemple si vous gardez un compte jusqu'à la date de retrait, vous pouvez demander une comparaison gratuite ; la page comment ça marche explique qui traite la demande.

Questions fréquentes

Puis-je retirer mon 3a si je quitte la Suisse sans fermer mon entreprise ?

Le motif de retrait est le départ définitif de Suisse (art. 3 OPP 3). Si vous gardez votre société en Suisse mais que vous êtes domicilié à l'étranger, la question est de savoir si votre départ est reconnu comme définitif par l'institution. Un départ avec maintien d'une activité est un cas particulier à faire valider par écrit avant toute décision.

Dois-je retirer tout mon 3a en une seule fois ?

Cela dépend du nombre de comptes ou de polices que vous détenez. Un compte se retire en général dans son ensemble ; plusieurs comptes permettent des retraits à des dates différentes, donc dans des années fiscales différentes. Voir les retraits de 3a étalés sur plusieurs années.

Qui prélève l'impôt sur mon 3a quand je suis déjà à l'étranger ?

C'est l'institution qui verse la prestation : elle retient l'impôt à l'échéance, vous remet une attestation et le reverse à l'autorité fiscale (art. 88 al. 1 et 2 LIFD, art. 37 LHID). Le barème dépend du canton concerné. Aucun montant n'est donné ici, car il varie avec votre situation.

Le régime d'imposition séparée de la cessation d'activité s'applique-t-il à tous les indépendants ?

Non. Il concerne le contribuable de 55 ans révolus qui cesse définitivement son activité indépendante, ou qui ne peut la poursuivre pour cause d'invalidité : les réserves latentes réalisées au cours des deux derniers exercices sont alors imposées séparément (art. 37b LIFD, art. 11 al. 5 LHID). Pour les autres, les règles ordinaires s'appliquent.

Mon libre passage peut-il être retiré en espèces si je pars ?

Selon la loi sur le libre passage, la réponse dépend de votre destination : un départ hors UE et AELE ouvre en principe un droit plus large qu'un départ vers l'UE ou l'AELE, où la part obligatoire reste généralement protégée. Faites confirmer par écrit à l'institution ce qui est retirable dans votre cas.

Un rachat fait l'an dernier peut-il être retiré à mon départ ?

Pas forcément. Les prestations résultant d'un rachat ne peuvent pas être versées sous forme de capital avant l'échéance d'un délai de trois ans (art. 79b al. 3 LPP). Un rachat récent peut donc rester bloqué malgré le départ.

Que se passe-t-il si j'oublie d'annoncer mon adresse à une ancienne caisse ?

À défaut de notification, l'institution verse la prestation de sortie, intérêts compris, à l'institution supplétive, au plus tôt six mois et au plus tard deux ans après la survenance du cas de libre passage (art. 4 al. 2 LFLP). Mieux vaut annoncer votre adresse avant le départ que rechercher un avoir plus tard.

Dois-je demander une taxation ordinaire ultérieure en partant ?

Pour les personnes qui quittent la Suisse, la demande de TOU doit avoir été déposée au moment du dépôt de la déclaration de départ (art. 33b al. 3 LHID). Pour les autres cas de TOU, la date limite est le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale. Renseignez-vous auprès de l'administration fiscale de votre canton au moment du départ.

Mon nouveau pays va-t-il m'imposer sur le capital reçu ?

C'est possible. La Suisse prélève une retenue, et votre pays de résidence peut imposer le même capital selon son droit interne et la convention applicable. L'existence d'un crédit d'impôt n'est pas automatique. C'est une question de droit étranger à poser à un spécialiste de votre pays d'arrivée avant le retrait.

Quel ordre de retrait est le plus avantageux ?

Il n'y a pas d'ordre qui le soit pour tous. Tout dépend de votre canton, de votre pays de destination, de votre âge, de la forme de votre société et du nombre de comptes. Le simulateur du retrait échelonné avant un départ et le simulateur d'impôt sur retraits échelonnés permettent de comparer des scénarios sur vos propres hypothèses, sans promesse sur le résultat.

Pourquoi la date de départ est-elle si importante ?

Parce que l'impôt sur les prestations en capital est fixé pour l'année au cours de laquelle ces revenus ont été acquis (art. 38 al. 2 LIFD). Un retrait en décembre ou en janvier change l'année fiscale, parfois le régime, et pour un départ, le lieu d'imposition.

Sources

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