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Situation de vie

Indépendant : perte de gain, indemnités journalières et 3e pilier

Sans employeur, une maladie coupe le revenu aussitôt. Voici ce que couvrent les indemnités journalières privées, ce que le 3e pilier permet ou interdit en cas d'incapacité de gain, et l'ordre dans lequel revoir votre protection.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre de prévoyance.

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Dans cette page
  1. Pas d'employeur pour le salaire pendant la maladie
  2. Indemnités journalières privées : à vérifier
  3. Rôle du 3a comme réserve
  4. Retrait pour invalidité
  5. Fermeture ou suspension d'activité
  6. Plan de protection du revenu sur plusieurs années
  7. Questions fréquentes

Lorsque vous travaillez à votre compte, l'incapacité de gain ne s'annonce pas par un courrier de l'employeur qui continue à verser le salaire : elle se constate sur votre compte en banque, à la fin du mois, quand les factures de l'activité tombent et que les encaissements s'arrêtent. Pour un indépendant, la question « incapacité de gain et 3e pilier » se pose donc dans cet ordre : d'abord comment le revenu est remplacé, ensuite ce que le 3e pilier peut faire (et ne doit pas faire) pendant l'arrêt, enfin ce qu'il faut réorganiser une fois la situation clarifiée.

Cette page suit ce fil. Elle décrit les mécanismes en général ; ce qui s'applique à vous dépend de votre contrat d'indemnités journalières, de votre canton, de votre âge, de votre état civil et de votre éventuelle affiliation facultative au 2e pilier. Elle informe, elle ne remplace ni votre contrat ni un avis personnalisé.

Pas d'employeur pour le salaire pendant la maladie

Un salarié bénéficie, selon son contrat et le droit applicable, d'un maintien du salaire pendant une période, puis souvent d'une assurance collective d'indemnités journalières souscrite par l'employeur. Ce filet est invisible tant que tout va bien, et il manque entièrement à l'indépendant : personne ne l'a souscrit à sa place, personne ne le renouvelle, personne ne vérifie qu'il couvre encore la bonne somme.

Ce qui s'arrête, ce qui continue

Quand l'activité s'interrompt, tout ne s'arrête pas au même rythme.

  • Les encaissements ralentissent ou cessent, parfois avec un décalage : les factures déjà émises rentrent encore quelques semaines, ce qui masque le problème au début.
  • Les charges fixes continuent : loyer du bureau ou de l'atelier, leasing, assurances, abonnements, éventuel salaire de collaborateurs, acomptes d'impôts.
  • Les cotisations sociales restent dues. Elles sont fixées pour chaque année de cotisation sur la base du revenu de l'exercice commercial clos pendant l'année et du capital propre investi à la fin de l'exercice, et la caisse est liée par les données des autorités fiscales cantonales (art. 22 al. 1 et 2 ; art. 23 al. 4). Un mauvais exercice fait donc baisser la facture de l'année concernée, mais avec un décalage : la cotisation suit le revenu avec retard, elle ne s'arrête pas en même temps que lui.
  • Le droit de verser au 3a dépend du revenu. Sans revenu soumis aux cotisations AVS, aucun versement déductible n'est possible. Un arrêt prolongé a donc des effets sur la prévoyance elle-même, pas seulement sur le train de vie.

Exemple : Delphine, architecte indépendante à Genève

Exemple : Delphine, architecte indépendante à Genève, a toujours vécu de mandats irréguliers, avec de bonnes années et des années maigres. Elle verse son 3a en fin d'exercice, quand elle connaît son résultat. Une maladie la met hors d'état de travailler pendant une longue période. Pendant les premières semaines, elle encaisse encore des honoraires facturés avant l'arrêt. Puis plus rien n'arrive, alors que le bail de l'atelier, l'assurance responsabilité civile et les acomptes continuent. Ce qu'elle a prévu ou non à ce moment-là décide de tout : un contrat d'indemnités journalières correctement dimensionné, des réserves liquides, ou rien.

Cet exemple est fictif, sans chiffre : il illustre l'enchaînement des événements, pas un résultat à attendre.

Pourquoi le décalage est la vraie difficulté

L'indépendant ne perd pas un salaire : il perd un revenu variable, déjà irrégulier avant l'arrêt. C'est ce qui rend la protection délicate à dimensionner. Une assurance qui se base sur le revenu déclaré le plus récent peut être très en dessous du niveau de vie réel après une année de transition, ou au contraire sur-assurer après une année exceptionnelle. Nous y revenons dans la section suivante. Si votre revenu varie fortement, la page sur les versements 3a quand le revenu est irrégulier décrit le même raisonnement pluriannuel côté épargne.

Indemnités journalières privées : à vérifier

Une indemnité journalière de perte de gain, souscrite à titre privé, est le premier remplaçant d'un revenu interrompu par la maladie ou l'accident. Elle n'est pas obligatoire pour l'indépendant : si vous n'en avez pas souscrit, il n'y en a pas. C'est le point à vérifier avant tout autre.

Les points du contrat qui font la différence

Chaque contrat se lit sur les mêmes critères. Demandez-les par écrit, ligne par ligne.

  • Le revenu assuré. Sur quelle base est-il fixé : le dernier revenu net, une moyenne de plusieurs exercices, un montant déclaré par vous ? Comment est-il adapté si votre activité évolue ?
  • Le délai d'attente. Le temps pendant lequel vous ne touchez rien après le début de l'incapacité. Plus il est long, plus la prime est basse, mais plus vos réserves liquides doivent tenir.
  • La durée maximale d'indemnisation. Combien de temps les indemnités sont versées pour une même maladie, et ce qui se passe ensuite.
  • La définition de l'incapacité. Incapacité de travailler dans votre profession précise ou dans toute profession exigible ? La différence est considérable pour un architecte, un chirurgien, un artisan.
  • L'incapacité partielle. Les indemnités sont-elles proportionnelles au degré d'incapacité, et à partir de quel seuil ?
  • Les réserves et exclusions. Une affection antérieure déclarée au questionnaire de santé peut être exclue ou faire l'objet d'une réserve.
  • La résiliation et l'adaptation. L'assureur peut-il résilier après un sinistre ? Le contrat se prolonge-t-il à l'âge de la retraite ?
  • L'articulation avec l'accident. Les indemnités d'accident sont traitées à part : vérifiez ce qui est couvert, par quel contrat, et comment le tout s'additionne.

Le piège du revenu assuré trop ancien

Un contrat souscrit à vos débuts, quand le revenu était modeste, ne suit pas automatiquement la progression de l'activité. Le risque inverse existe aussi : l'assureur peut contrôler, au moment du sinistre, que le revenu réel correspond au revenu assuré. Une activité en forte croissance ou en forte baisse mérite une revue annuelle du montant. Elle prend place dans la check-list annuelle de prévoyance de l'indépendant.

Plusieurs sources d'argent, une règle de non-surindemnisation

Quand plusieurs assurances interviennent pour le même sinistre, la loi et les règlements limitent le cumul. Dans le 2e pilier, par exemple, l'institution de prévoyance peut réduire les prestations d'invalidité et de survivants dans la mesure où, ajoutées à d'autres prestations analogues et revenus, elles dépassent 90 % du gain annuel dont l'intéressé est présumé privé (art. 34a al. 1). Avant l'âge de référence, elle peut aussi prendre en compte les prestations des autres assurances sociales, les indemnités journalières des assurances obligatoires et le revenu que l'assuré invalide pourrait raisonnablement réaliser (art. 24 al. 1).

Ces règles concernent le 2e pilier. Si vous vous êtes affilié à titre facultatif, elles s'appliquent à vous. Si vous ne l'êtes pas, elles vous importent surtout pour comprendre la logique générale : les assurances sont coordonnées, elles ne s'additionnent pas sans limite.

Le lien avec le 2e pilier facultatif

Le 2e pilier n'est pas obligatoire pour l'indépendant, et ce choix a un effet direct sur la protection en cas d'invalidité, puisque c'est la caisse de pension qui, pour un salarié, couvre le risque d'invalidité en plus de la retraite. Si vous décidez de vous affilier à titre facultatif, sachez que la couverture des risques de décès et d'invalidité d'un indépendant assuré à titre facultatif peut faire l'objet d'une réserve pour raison de santé durant trois ans au plus ; cette réserve n'est pas admissible s'il s'assure moins d'une année après avoir été soumis à l'assurance obligatoire pendant au moins six mois (art. 45).

Autrement dit : s'affilier après une première alerte de santé ne donne pas la même couverture que s'affilier en bonne santé. L'article Le 2e pilier est-il utile sans employeur ? et la page s'affilier à la LPP ou non décrivent ce choix en détail.

Dans l'autre sens, l'institution de prévoyance peut différer le droit aux prestations d'invalidité jusqu'à épuisement des indemnités journalières lorsque l'assuré reçoit, en lieu et place du salaire entier, des indemnités journalières de l'assurance-maladie équivalant à au moins 80 % du salaire dont il est privé et que ces indemnités ont été financées au moins pour moitié par l'employeur (art. 26). Cette règle vise des salariés : pour un indépendant, l'employeur n'existe pas, donc la condition de financement ne se remplit pas de la même façon. Un point à poser à la caisse si vous envisagez l'affiliation facultative.

Ce que les indemnités journalières ne font pas

Elles remplacent un revenu pendant un temps. Elles ne remplacent ni la prévoyance vieillesse qui ne se construit pas pendant l'arrêt, ni un revenu à vie en cas d'invalidité durable. Elles posent aussi une question souvent oubliée : sont-elles soumises aux cotisations AVS et à l'impôt, et votre exercice comptable les reflète-t-il correctement ? Parlez-en à votre fiduciaire, qui sait comment les écritures influencent la base de cotisation de l'année.

Tableau : qui paie quoi, et sur quelle durée

Critère Indemnités journalières privées Rente de l'assurance-invalidité Épargne 3a
Rôle Remplacer le revenu pendant la maladie Compenser une invalidité durable Réserve de prévoyance, pas un revenu
Condition d'entrée Contrat souscrit à l'avance Incapacité durable et invalidité constatée Avoir déjà versé
Délai Délai d'attente fixé au contrat Procédure d'instruction, souvent longue Retrait anticipé seulement pour un motif prévu
Montant Selon le revenu assuré Selon la loi et le degré d'invalidité Selon l'avoir constitué
Risque principal Revenu assuré trop bas ou contrat résilié Délai avant le premier versement Avoir insuffisant pour tenir

Rôle du 3a comme réserve

Le pilier 3a est une épargne liée : il se verse pour la prévoyance, il est déductible, il est bloqué jusqu'à la retraite sauf motif de retrait anticipé. Dans une situation de perte de gain, ces trois caractéristiques jouent chacune dans un sens différent.

Une réserve, pas un revenu de remplacement

Un 3a bancaire ou en titres ne verse pas de rente en cas de maladie. Il vous appartient, mais il n'est pas disponible à volonté. Compter sur lui pour payer les charges d'un arrêt de plusieurs mois est un mauvais plan : l'argent n'est pas accessible, et si vous le retirez par un motif qui n'est pas prévu, ce n'est tout simplement pas possible. Pour les revenus de remplacement, il faut des indemnités journalières, des liquidités, et le cas échéant une rente d'invalidité.

Le 3a reste en revanche intact pendant l'arrêt si vous n'avez pas besoin de le toucher : l'avoir continue de fructifier ou de varier selon son placement. C'est sa force : une partie de votre patrimoine reste hors d'atteinte des pressions de trésorerie à court terme. Les questions de protection du 3a en cas de poursuites complètent ce point.

Ce que vous pouvez verser quand le revenu baisse

Le plafond dépend de votre revenu et de votre affiliation au 2e pilier. En 2026, pour les indépendants sans 2e pilier, le plafond est de 20 % du revenu, au maximum 36 288 francs par an ; avec un 2e pilier, il est de 7 258 francs. En 2027, ces montants sont respectivement de 36 864 francs et de 7 373 francs. Ces règles sont détaillées dans la page sur le plafond 3a sans LPP et celle sur le grand 3a.

36 288 francs par an

Plafond 3a en 2026, sans 2e pilier

Source: Plafonds du 3e pilier a (montants-limites non imposables)

20 % du revenu

Part du revenu applicable en dessous du maximum

Source: Plafonds du 3e pilier a (montants-limites non imposables)

7 258 francs

Plafond 3a en 2026, avec 2e pilier

Source: 3e pilier a — plafonds de déduction

40 % durant une année

Incapacité de travail moyenne requise pour le droit à une rente AI

Source: Droit à la rente

Les repères de l'année pour l'indépendant sans 2e pilier

Quand le revenu tombe, le plafond de 20 % baisse avec lui. Le chiffre qui compte est donc le revenu de l'exercice, pas le plafond maximum. Si votre résultat de l'année est faible à cause de l'arrêt, le versement possible l'est aussi, et la déduction fiscale qui en découle également. Le mécanisme est décrit en détail dans déduire son 3a de son revenu net. Un versement moindre une année maigre n'est pas une faute : c'est la règle du plafond.

Penser la réserve avant l'arrêt

L'un des usages les plus pratiques du 3a, vu du côté de la protection du revenu, est de ne pas devoir l'utiliser. Un indépendant qui a constitué une épargne libre à côté du 3a (liquidités, 3b selon sa situation) évite de vider une réserve de prévoyance en urgence. La page 3a ou 3b quand le revenu varie détaille cet arbitrage.

Pour illustrer l'effet du temps sur une réserve constituée régulièrement, le schéma suivant montre la capitalisation d'un versement annuel au niveau du plafond avec rendement, sous trois hypothèses.

Réserve 3a constituée avant un arrêt, selon trois hypothèses de rendementhypothèse 0 % par anhypothèse 1 % par anhypothèse 2,5 % par an047'51095'019142'529190'0382610141820145'160161'412190'038Calcul : CHF 7'258 versés au début de chaque année, rendementshypothétiques constants, sans frais ni impôt. Ce n'est pas uneprévision.
Réserve 3a constituée avant un arrêt, selon trois hypothèses de rendement

Ce graphique n'est pas une prévision : il suppose un versement au début de chaque année, un rendement constant, sans frais ni impôt. Il montre une forme : l'écart entre les trois courbes est faible au début et grandit avec la durée, puis la courbe la plus haute s'éloigne d'autant plus vite que les intérêts s'ajoutent aux intérêts. Il montre aussi, sans qu'on ait besoin de chiffre, que plus l'accident de santé arrive tard, plus la réserve est étoffée ; et qu'un accident précoce trouve une réserve mince, d'où l'importance de la protection par assurance dans les premières années d'activité.

La libération du paiement des primes

Si votre 3a est une police d'assurance, une clause de libération du paiement des primes peut prévoir que l'assureur prenne en charge les primes en cas d'incapacité de gain. Le contrat conserve alors sa valeur de rachat et continue d'avancer sans que vous payiez. Ce n'est pas le cas du 3a bancaire, qui n'a pas de prime : un versement non fait est simplement un versement manquant.

Cette clause a un coût, intégré à la prime, et elle repose sur la définition de l'incapacité du contrat et un délai d'attente. Ce n'est un avantage que si la définition correspond à votre profession. La page Libération des primes en cas d'incapacité de gain détaille le critère ; la page sur la police 3a face à un revenu irrégulier pose le contexte du choix assurance ou banque.

Retrait pour invalidité

Le 3a n'est pas libre avant la retraite, sauf motifs prévus par la réglementation. Parmi ceux-ci, l'invalidité occupe une place précise.

Ce que dit la règle

Le versement anticipé du 3a est possible dans cinq cas (art. 3 OPP 3) : le rachat dans une institution de prévoyance professionnelle, l'invalidité complète sans couverture, le début ou le changement d'activité indépendante, l'acquisition d'un logement en propriété pour ses propres besoins, et le départ définitif de Suisse. Le cas qui nous intéresse ici est l'invalidité complète sans couverture.

Deux conditions sont dans le texte : l'invalidité doit être complète, et elle ne doit pas être couverte. L'invalidité partielle, un arrêt de plusieurs mois suivi d'une reprise, ou une incapacité couverte par un autre mécanisme ne suffisent pas.

Ce qui doit être établi

Pour que l'invalidité soit reconnue, la décision de l'assurance-invalidité joue un rôle central. La procédure commence en amont : la communication en vue d'une détection précoce se fait par écrit à l'office AI, et l'assuré, ses proches faisant ménage commun, l'employeur, le médecin traitant, l'assureur d'indemnités journalières en cas de maladie, l'assureur-accidents et l'assureur-maladie sont notamment habilités à la faire (art. 3b al. 1 et 2). Pour un indépendant, cela signifie que votre assureur d'indemnités journalières peut lui-même signaler votre situation à l'office AI, ce qui est utile : le dossier se met en route sans que vous ayez à y penser en pleine maladie.

Pour la rente elle-même, l'assuré a droit à une rente si sa capacité de gain ne peut être rétablie par des mesures de réadaptation raisonnablement exigibles, s'il a présenté une incapacité de travail d'au moins 40 % en moyenne durant une année sans interruption notable, et s'il est invalide à 40 % au moins au terme de cette année (art. 28 al. 1). Ce délai d'une année est un fait du droit : il explique que la période entre le début de l'arrêt et la première rente soit longue, et pourquoi les indemnités journalières privées sont si importantes pour couvrir cette transition.

Ce que le retrait implique

Un retrait pour invalidité transforme le 3a en liquidités, soumis à un impôt sur les prestations en capital qui dépend du canton. Il n'est pas automatique et il est définitif : l'avoir sort du cadre de la prévoyance liée. Avant de le demander, trois questions s'imposent.

  1. Le besoin est-il réel et durable ? Retirer son 3a pour passer un cap temporaire revient à se priver d'une réserve de vieillesse.
  2. L'invalidité est-elle couverte ailleurs ? Si une rente ou une assurance couvre déjà la situation, la condition « sans couverture » n'est pas remplie.
  3. Quel est le moment le plus favorable fiscalement ? Un retrait en une seule fois majore l'impôt ; un étalement sur plusieurs comptes et plusieurs années peut changer le résultat, ce que décrit la page sur l'échelonnement des retraits. En cas d'invalidité, l'étalement est parfois plus restreint : il faut en discuter avec votre prestataire et l'administration fiscale cantonale.

Le motif d'invalidité est approfondi dans Indépendant invalide : 3a, 2e pilier facultatif et revenu.

Un régime fiscal particulier à partir de 55 ans

Le contribuable âgé de 55 ans révolus qui cesse définitivement son activité indépendante, ou qui est incapable de la poursuivre pour cause d'invalidité, voit les réserves latentes réalisées au cours des deux derniers exercices imposées séparément ; les rachats au sens de l'art. 33 al. 1 let. d sont déductibles (art. 37b al. 1). Cela concerne les réserves latentes de l'entreprise, pas votre 3a, mais cela compte dans un plan de sortie : une invalidité tardive peut déclencher une liquidation de l'entreprise, et la fiscalité de cette liquidation s'ajoute à celle du retrait du 3a. La page retrait du 3a et vente de l'entreprise traite ce croisement.

Fermeture ou suspension d'activité

Une incapacité prolongée finit parfois par poser la question de l'avenir de l'activité : on la suspend, on la ferme, on la confie à un associé ou à un remplaçant. Chaque option a ses effets sur la prévoyance.

Suspendre sans fermer

Si vous gardez l'activité mais ne produisez plus de revenu, votre statut d'indépendant reste inscrit à la caisse de compensation. Vous restez affilié ; le calcul des cotisations suivra le résultat de l'exercice. Les assurés actifs qui paient moins de 435 francs pendant une année civile, part d'un éventuel employeur comprise, sont considérés comme des personnes sans activité lucrative (art. 10 al. 1) : une activité réduite à presque rien peut donc changer votre classification, avec des effets sur le droit de verser au 3a, qui suppose un revenu soumis aux cotisations AVS/AI. Faites-le vérifier par votre caisse avant la fin de l'exercice.

Fermer l'activité

La fermeture définitive impose plusieurs démarches. Vous devez annoncer la cessation, régler les derniers exercices, et décider du sort de vos assurances. Pour la prévoyance, trois points demandent de l'attention.

  • Le 3a : tant que vous n'avez pas atteint un motif de retrait, il reste bloqué. La fermeture d'activité n'est pas en soi un motif de retrait. Le versement anticipé lié à l'activité indépendante concerne le début ou le changement d'activité, pas sa cessation.
  • L'AVS : si vous n'avez plus de revenu d'activité, vous restez assuré comme personne sans activité lucrative et des cotisations minimales peuvent rester dues. Le détail est dans l'AVS de l'indépendant : cotisation et lacunes.
  • Les assurances d'indemnités journalières : certaines cessent avec l'activité, d'autres peuvent être maintenues ou transformées. Une fin de contrat suivie d'une nouvelle maladie, sans couverture, est un scénario à éviter.

La page Indépendant sans chômage : que faire du 3e pilier à l'arrêt traite le cas complémentaire de l'arrêt de l'activité sans indemnités de chômage.

Reprendre ou changer d'activité

Reprendre plus tard une activité indépendante, ou changer de forme d'activité, ouvre un autre motif de retrait. Le versement en espèces du 3a après début ou changement d'activité indépendante n'est possible que dans l'année qui suit l'établissement à son compte ou le changement ; la totalité de l'avoir doit être retirée, un retrait partiel n'étant pas admis. Les conséquences sont lourdes : vous videz entièrement une réserve de prévoyance. Ce n'est pas un levier à actionner à la légère, et il est décrit en détail dans retirer son 3a pour se lancer.

Tableau des règles à garder en tête

Règle Contenu Source
Retrait pour invalidité Invalidité complète sans couverture Art. 3 OPP 3
Droit à la rente AI Incapacité d'au moins 40 % en moyenne durant une année, invalidité à 40 % au moins au terme Art. 28 al. 1
Détection précoce Communication écrite à l'office AI, y compris par l'assureur d'indemnités journalières Art. 3b al. 1 et 2
Réserve de santé en 2e pilier facultatif Trois ans au plus pour le décès et l'invalidité Art. 45
Début ou changement d'activité Retrait de la totalité de l'avoir, dans l'année Directive fiscale
Plafond 3a sans 2e pilier 20 % du revenu, au maximum 36 288 francs en 2026 OFAS

Plan de protection du revenu sur plusieurs années

Protéger son revenu ne se règle pas en une fois : les besoins évoluent avec l'activité, la famille, le patrimoine. Voici l'ordre dans lequel revoir la situation, du plus urgent au plus structurant.

Étape 1 : le revenu de remplacement

Vérifiez d'abord que vous avez des indemnités journalières, qu'elles couvrent la bonne période, que le revenu assuré est à jour et que la définition de l'incapacité vous convient. Sans cette base, les étapes suivantes ne sont pas prioritaires.

Étape 2 : les liquidités

Une réserve de liquidités hors prévoyance évite de forcer un retrait ou de brader un actif en pleine maladie. Combien de mois de charges fixes pouvez-vous tenir sans encaissement, hors 3a ? Cette réponse dimensionne le délai d'attente que vous pouvez supporter.

Étape 3 : la couverture d'invalidité durable

Si vous n'êtes pas affilié au 2e pilier, aucune caisse ne couvre l'invalidité pour vous. L'assurance-invalidité fédérale prévoit une rente pour certains degrés d'invalidité, mais elle ne remplace pas le revenu d'un indépendant à son niveau d'avant. Un contrat de prévoyance privé, une affiliation facultative à une institution de prévoyance ou une assurance risque peuvent combler en partie l'écart. Ces solutions se comparent sur la durée, le montant, les exclusions et la possibilité de les adapter. Les produits de risque pur sont présentés dans risque pur, mixte, pour qui et pourquoi.

Étape 4 : le 3a comme réserve de prévoyance

Une fois le revenu et l'invalidité traités, le 3a retrouve son rôle : une épargne de prévoyance, déductible, bâtie sur plusieurs années, que l'on module selon le revenu de chaque exercice. Les arbitrages entre banque et assurance, liquidités et titres, se trouvent dans banque ou assurance : ce qui compte vraiment.

Étape 5 : le couple et la famille

Si vous avez un conjoint ou des enfants, la protection du revenu intègre leur situation : revenu du conjoint, régime matrimonial, prévoyance du partenaire. La page Indépendant et marié : prévoir à deux approfondit ce volet.

Étape 6 : la revue annuelle

Chaque année, avec la clôture de l'exercice, relisez vos contrats : revenu assuré, délai d'attente, montant des primes, adéquation avec l'activité du moment. Le tableau de bord de prévoyance vous aide à tenir cette revue.

Schéma : l'ordre à suivre

Protéger son revenu d'indépendant, dans l'ordre1Contrôler les indemnités journalièresRevenu assuré, délai d'attente, définition del'incapacité2Constituer des liquiditésHors prévoyance, pour tenir pendant le délaid'attente3Couvrir l'invalidité durableAffiliation facultative, assurance risque, rente AI4Placer le 3a comme réserveSelon le revenu de chaque exercice5Revoir chaque annéeÀ la clôture de l'exercice, avec la fiduciaire
Protéger son revenu d'indépendant, dans l'ordre

Quelle décision selon votre situation

Où en est votre protection du revenu ?Avez-vous un contrat d'indemnités journalières encours ?OuiLe revenu assuré et la définition del'incapacité correspondent-ils à votreactivité actuelle ?OuiVotre protection de base est en place ;passez à la revue annuelle.NonFaites adapter le contrat avant toutautre chantier.NonPouvez-vous encore vous assurer en bonnesanté ?OuiComparez des offres d'indemnitésjournalières avant toute autre démarche.NonFaites évaluer les réserves, lesexclusions possibles et la couverturealternative.
Où en est votre protection du revenu ?

Checklist : ce qu'il faut revoir, dans l'ordre

  • Retrouver mon contrat d'indemnités journalières et noter le revenu assuré, le délai d'attente et la durée maximale
  • Vérifier la définition de l'incapacité (ma profession ou toute profession)
  • Contrôler que le revenu assuré correspond à mon revenu actuel, pas à celui de mes débuts
  • Chiffrer mes charges fixes mensuelles et mes liquidités disponibles hors prévoyance
  • Vérifier si j'ai une couverture d'invalidité durable (affiliation facultative, assurance risque)
  • Contrôler si mon 3a est bancaire ou en police, et s'il contient une libération du paiement des primes
  • Noter le plafond 3a qui s'applique à moi selon mon revenu et mon affiliation au 2e pilier
  • Demander à ma fiduciaire l'effet d'un arrêt sur la base de cotisation AVS
  • Prévoir une revue annuelle de l'ensemble à la clôture de l'exercice

Si vous voulez situer votre cas parmi les offres du marché (assurance, banque, fondation), le comparatif des offres de 3e pilier présente les critères, et vous pouvez demander une comparaison gratuite adaptée à votre situation.

Questions fréquentes

Un indépendant est-il obligé de s'assurer pour la perte de gain ?

Non. Contrairement à un salarié, dont l'employeur souscrit souvent une assurance collective, l'indépendant n'a pas d'obligation générale de souscrire une assurance d'indemnités journalières. C'est un choix personnel qui engage votre sécurité financière : sans contrat, il n'y a pas d'indemnités.

Le 3a peut-il remplacer des indemnités journalières ?

Non. Le 3a est une épargne de prévoyance bloquée, utilisable seulement pour les motifs prévus. Il ne verse pas de revenu pendant la maladie. Il se complète avec des indemnités journalières et des liquidités, il ne les remplace pas.

Puis-je retirer mon 3a si je suis en arrêt maladie ?

Pas pour un simple arrêt. Le motif d'invalidité suppose une invalidité complète sans couverture (art. 3 OPP 3). Un arrêt, même long, ne répond pas à cette condition tant que l'invalidité n'est pas établie et qu'une couverture existe.

À partir de quand l'assurance-invalidité intervient-elle ?

La rente suppose une incapacité de travail d'au moins 40 % en moyenne durant une année sans interruption notable, et une invalidité à 40 % au moins au terme de cette année (art. 28 al. 1). La période qui précède est couverte, si vous en avez, par les indemnités journalières privées.

Peut-on continuer à verser au 3a pendant un arrêt ?

Seulement si vous avez un revenu soumis aux cotisations AVS/AI pour l'année. Le plafond de 20 % porte sur le revenu : un revenu réduit réduit le versement possible. Quand il n'y a plus de revenu d'activité, plus de versement déductible n'est possible.

Mon assureur d'indemnités journalières peut-il annoncer mon cas à l'AI ?

Oui. L'assureur d'indemnités journalières en cas de maladie fait partie des acteurs habilités à communiquer par écrit à l'office AI en vue d'une détection précoce (art. 3b al. 1 et 2). Vous êtes en principe informé, et cette démarche peut accélérer la procédure.

Que se passe-t-il si je m'affilie au 2e pilier après un problème de santé ?

La couverture des risques de décès et d'invalidité d'un indépendant assuré à titre facultatif peut faire l'objet d'une réserve pour raison de santé durant trois ans au plus (art. 45). Elle n'est pas admissible si l'indépendant s'assure moins d'une année après avoir été soumis à l'assurance obligatoire pendant au moins six mois. Demandez les conditions précises à l'institution.

Les indemnités journalières et la rente d'invalidité s'additionnent-elles sans limite ?

Non. Dans le 2e pilier, l'institution de prévoyance peut réduire les prestations dans la mesure où, ajoutées à d'autres prestations analogues et revenus, elles dépassent 90 % du gain annuel dont l'intéressé est présumé privé (art. 34a al. 1). Ce plafond de coordination évite une surindemnisation ; il se lit dans le règlement de chaque institution.

Que devient mon 3a si je ferme mon activité à cause de la maladie ?

Il reste bloqué, car la cessation d'activité n'est pas un motif de retrait. Le motif lié à l'activité indépendante concerne le début ou le changement d'activité. Les autres motifs prévus (invalidité complète sans couverture, logement, départ de Suisse, rachat dans une institution de prévoyance) s'appliquent s'ils sont remplis.

Une police 3a avec libération des primes est-elle toujours préférable ?

Pas nécessairement. La clause protège les primes en cas d'incapacité, mais elle a un coût et dépend de la définition de l'incapacité et du délai d'attente du contrat. Un 3a bancaire n'ayant pas de prime obligatoire peut convenir si vous couvrez le risque autrement. La réponse dépend de votre situation : une comparaison personnalisée permet de la situer.

Sources

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