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Dirigeant de Sàrl : risque pur, mixte, pour qui et pourquoi

Quand on dirige sa Sàrl, la famille et l'entreprise dépendent de la même personne. Voici comment une assurance vie de dirigeant de Sàrl, en risque pur ou mixte, protège les proches, un associé ou un crédit.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre de prévoyance.

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Dans cette page
  1. Dirigeant : famille et entreprise exposées au même risque
  2. Capital décès pour protéger ses proches
  3. Assurance sur un associé ou un crédit
  4. Mixte comme complément de prévoyance
  5. Qui paie la prime : société ou dirigeant
  6. Impact fiscal à évaluer avec un fiscaliste
  7. Questions fréquentes

Une assurance vie de dirigeant de Sàrl répond à une question simple et désagréable : que se passe-t-il, pour votre famille et pour votre société, si vous disparaissez demain ? Contrairement à un salarié, vous n'avez pas d'employeur qui continue à payer des salaires, pas de caisse de pension d'entreprise qui verse automatiquement une rente de survivant à la hauteur de vos besoins, et souvent une société dont la valeur, la trésorerie et les crédits tiennent à votre seule présence. Cette page explique ce que font une assurance en risque pur et une assurance mixte, à quoi sert une couverture posée sur un associé ou sur un crédit, qui peut payer la prime et quelles questions fiscales se posent. Elle informe ; elle ne conseille pas de produit et ne recommande aucun prestataire.

Dirigeant : famille et entreprise exposées au même risque

Le dirigeant d'une Sàrl cumule deux dépendances. À la maison, un conjoint, un partenaire ou des enfants comptent sur son revenu, qui provient en grande partie de la société (salaire, parfois dividendes). Au bureau, des collaborateurs, un associé, une banque et des fournisseurs comptent sur sa capacité à signer, à vendre et à décider. Un décès ou une invalidité touche donc les deux cercles en même temps, et c'est ce qui rend la situation différente de celle d'un salarié : les ressources de la famille et la valeur de l'entreprise reculent ensemble, au pire moment.

Ce que la prévoyance de base ne couvre pas à elle seule

Les assurances sociales versent des prestations aux survivants dans des conditions fixées par la loi, mais elles ne sont pas calibrées sur un train de vie, un loyer ou une hypothèque. Si vous vous êtes affilié à une caisse de pension via votre Sàrl, elle couvre le risque décès et invalidité selon son règlement, sur la base du salaire assuré : un dirigeant qui se verse un salaire modeste et complète par des dividendes a donc une couverture de caisse modeste elle aussi. Le sujet est détaillé dans la page sur le salaire, les dividendes et la LPP en Sàrl. Un indépendant sans 2e pilier n'a, lui, aucune couverture de ce type, sauf s'il l'a organisée.

La première étape n'est pas d'acheter une police mais de chiffrer l'écart : que perçoivent réellement vos proches si vous disparaissez, de quelles sources, et à quelle date ? Cet inventaire se fait avec les certificats de prévoyance, le règlement de la caisse s'il y en a une, les contrats déjà signés et le bilan de la société.

Trois risques à ne pas mélanger

Un décès, une invalidité et une incapacité de travail de longue durée sont trois risques distincts, couverts par des produits distincts. L'assurance-vie sur la tête du dirigeant traite le décès. L'invalidité et la perte de gain relèvent d'autres assurances ; la page sur la perte de gain et les indemnités journalières les expose, et une libération du paiement des primes, quand elle est prévue au contrat, évite que l'invalidité n'interrompe aussi l'épargne. Mélanger ces trois besoins dans une seule discussion conduit souvent à un contrat surdimensionné d'un côté et lacunaire de l'autre.

Deux questions de départ

Avant toute comparaison de contrats, deux questions cadrent la réflexion.

  • Qui doit recevoir quoi, et pourquoi ? Les proches ont besoin de revenus de remplacement ; une banque ou un associé a besoin d'une certitude de remboursement ou de rachat.
  • Pendant combien de temps le risque existe-t-il ? Un crédit professionnel se rembourse, des enfants deviennent autonomes, une société se transmet : la couverture utile à un moment ne l'est plus forcément quelques années plus tard.

Capital décès pour protéger ses proches

Ce qu'est un risque pur

Une assurance en risque pur verse un capital convenu si la personne assurée décède pendant la durée du contrat. Il n'y a pas d'épargne : la prime paie la couverture, et rien d'autre. Si le décès n'intervient pas pendant la durée convenue, le contrat s'éteint sans valeur de rachat. C'est la logique d'une assurance incendie : on paie pour que le sinistre, s'il arrive, soit couvert, et non pour récupérer sa mise. Cette absence de capital constitué explique que la prime d'un risque pur soit nettement plus légère que celle d'une formule avec épargne pour une couverture décès comparable, sans que le site publie ni compare de tarifs.

Le capital peut rester constant sur toute la durée ou diminuer progressivement. La seconde variante convient à un besoin qui s'amenuise, comme le remboursement d'une dette. La première convient à une famille dont les besoins restent stables jusqu'à l'autonomie des enfants.

La clause bénéficiaire : le point décisif

Ce n'est pas votre testament qui décide, en premier lieu, de qui touche le capital, mais la clause bénéficiaire de la police. La loi sur le contrat d'assurance permet au preneur de désigner un tiers comme bénéficiaire sans l'accord de l'assureur, et la clause peut porter sur tout ou partie des droits découlant de l'assurance (art. 76 al. 1 et 2). Le preneur reste libre d'en disposer et de modifier la désignation, sauf s'il y a renoncé par écrit signé dans la police même et a remis celle-ci au bénéficiaire (art. 77 al. 1 et 2).

Quelques conséquences pratiques :

  • Une clause vague (« mes proches ») ou une clause jamais mise à jour après un mariage, une séparation, une naissance ou un divorce crée des conflits. Relisez-la à chaque changement familial ; la page sur le divorce d'un dirigeant de Sàrl montre ce que ces événements changent.
  • Si vous désignez plusieurs bénéficiaires sans préciser les parts, la loi fixe un partage : lorsque le droit revient à des descendants successibles et au conjoint ou partenaire enregistré survivant, il va pour moitié au conjoint ou partenaire et pour moitié aux descendants ; des bénéficiaires non successibles sans part précisée se partagent le capital par parts égales (art. 84 al. 1 et 3). Écrire les parts évite de s'en remettre à ce partage supplétif.
  • Lorsque les bénéficiaires sont les descendants successibles, le conjoint ou partenaire enregistré, les parents, les grands-parents ou les frères et sœurs, l'assurance leur revient même s'ils répudient la succession (art. 85). La couverture peut ainsi aller à la famille même si la succession est surendettée.
  • Si le preneur a désigné son conjoint, son partenaire enregistré ou ses descendants, leur droit comme celui du preneur ne sont pas soumis à l'exécution forcée au profit des créanciers du preneur, sous réserve des droits de gage existants (art. 80). Cette protection compte pour un dirigeant exposé au risque d'entreprise ; la page sur les poursuites, la faillite et le 3e pilier la replace dans l'ensemble de votre patrimoine.

Le concubinage : une situation à traiter à part

Un partenaire non marié ne figure pas parmi les héritiers légaux. Dans une police libre, vous pouvez le désigner expressément. Dans une prévoyance liée (3a), l'ordre des bénéficiaires est fixé par l'ordonnance : le conjoint ou partenaire enregistré, puis les descendants directs, les personnes à l'entretien desquelles le défunt subvenait de façon substantielle, ou la personne qui avait formé avec lui une communauté de vie ininterrompue d'au moins cinq ans immédiatement avant le décès ou qui doit subvenir à l'entretien d'un ou de plusieurs enfants communs, puis les parents, les frères et sœurs, enfin les autres héritiers (OPP 3, art. 2 al. 1 let. b). Dans le 2e pilier, c'est le règlement de la caisse qui peut étendre le cercle des bénéficiaires aux personnes à charge ou au partenaire de vie, avec la même condition de communauté de vie d'au moins cinq ans ou la charge d'enfants communs (LPP, art. 20a al. 1 let. a). La page consacrée à l'indépendant en concubinage détaille ce point, et celle sur l'indépendant marié traite le cas inverse.

Un exemple pour fixer les idées

Exemple : Olivier, 50 ans, dirigeant d'une Sàrl à Martigny, en Valais, est marié et père de deux jeunes adultes encore en formation. Sa caisse de pension ne couvre que son salaire assuré, qu'il a volontairement tenu bas. Il souhaite qu'en cas de décès sa conjointe puisse garder le logement familial et que ses enfants terminent leurs études. Il examine une prime de risque pur dont il fixe lui-même le budget annuel, pour un capital cible calculé à partir des besoins de sa famille et non d'un pourcentage de son revenu. Il rédige une clause qui nomme sa conjointe en premier et ses enfants en second, avec les parts écrites, et la relit après chaque événement familial. Ce n'est pas une recommandation : c'est la démarche d'un dirigeant qui commence par ses besoins et non par un produit. Les règles cantonales valaisannes sur le retrait et la fiscalité figurent dans la page Indépendant en Valais.

Le flux d'une assurance-vie sur un dirigeantPreneur d'assurancele dirigeant ou la SàrlPersonne assuréele dirigeant ou un associéAssureurencaisse la prime et garantit le capitalBénéficiairedésigné par la clause de la policeprimerisque couvertcapital au décès
Le flux d'une assurance-vie sur un dirigeant

Le schéma ci-dessus rappelle que trois rôles peuvent être tenus par des personnes différentes : celui qui paie la prime, celui dont la vie est assurée et celui qui touche le capital. Toute la structure d'une couverture de dirigeant se joue dans ces trois cases, et la plupart des erreurs viennent d'une case mal remplie.

Assurance sur un associé ou un crédit

La logique de l'« homme clé »

Dans une petite société, la perte d'une personne peut mettre l'entreprise en difficulté : clients fidèles à un seul interlocuteur, savoir-faire concentré, signature indispensable à la banque. Une assurance sur la vie de cette personne, dont le bénéficiaire est la société, fournit des liquidités pour traverser la transition : recruter, financer une baisse de chiffre d'affaires, rembourser une dette. Le preneur et le bénéficiaire sont alors la Sàrl, et la personne assurée est le dirigeant ou l'associé clé.

Associés : financer le rachat des parts

Quand deux associés détiennent une Sàrl, le décès de l'un fait entrer ses héritiers dans le capital, qui n'ont ni les compétences ni l'envie de diriger. Une convention d'associés prévoit en général que le survivant peut racheter les parts du défunt, ou que la société les rachète. Reste à financer ce rachat. L'assurance de risque pur sur chacun des associés, au profit de l'autre ou de la société, apporte le capital au moment utile, sans obliger le survivant à s'endetter ou à brader l'entreprise.

Les points à écrire noir sur blanc :

  • Qui est preneur, qui est assuré, qui est bénéficiaire, pour chaque police.
  • Comment les parts sont valorisées dans la convention, et si cette valeur est revue lorsque la société grandit.
  • Ce qui se passe si l'un des associés quitte la société vivant : la police est-elle cédée, transférée, résiliée ?
  • Comment la convention s'articule avec les clauses du contrat de société et les statuts, pour que le rachat soit juridiquement possible.

La page sur le décès d'un associé et le sort du conjoint approfondit ce volet, et celle sur la succession d'entreprise le place dans la transmission d'ensemble.

Crédits : la banque demande une garantie

Pour un crédit d'investissement ou d'exploitation, un prêteur peut demander que la vie de l'emprunteur soit assurée et que les droits de la police lui soient cédés ou engagés en garantie. Pour vous, l'intérêt est double : les héritiers ne sont pas pris à la gorge, et la banque peut se montrer plus souple. Mais le détail contractuel compte. Si la police est mise en gage, la loi réserve expressément les droits de gage existants même lorsque les bénéficiaires sont le conjoint ou les descendants (art. 80) : le capital peut donc d'abord servir à désintéresser le créancier. Vérifiez la clause de gage, le montant garanti et ce qui se passe quand le crédit est remboursé : la police doit être libérée, sinon elle reste affectée sans nécessité.

Un capital décroissant, aligné sur l'amortissement du crédit, est souvent plus cohérent qu'un capital constant. C'est une question à poser à l'assureur plutôt qu'une règle générale.

Ce que la loi oblige l'assureur à vous dire

Avant la conclusion du contrat, l'assureur doit vous informer sur les points essentiels : les risques assurés, l'étendue de la couverture, les primes et les autres obligations du preneur, la durée et la fin du contrat, le droit de révocation (forme et délai), le délai de remise de l'avis de sinistre et la validité dans le temps de la couverture (loi sur le contrat d'assurance, art. 3 al. 1 let. a à d, h, i, j). Exigez ces informations par écrit, comparez-les avec la proposition et conservez le tout avec le dossier de la société.

Une particularité mérite d'être connue des dirigeants de structures plus grandes : certaines dispositions de la loi ne s'appliquent pas aux assurances conclues avec des preneurs professionnels, notamment les entreprises dépassant deux des seuils fixés par la loi pour le total du bilan, le chiffre d'affaires net et le capital propre (art. 98a al. 1 et 2). Une petite Sàrl est en principe loin de ces seuils, mais un groupe de sociétés, lui, peut les franchir, ce qui change le niveau de protection dont bénéficie le preneur.

En cours de contrat : risque diminué, cumul de contrats

Si le risque assuré diminue de façon importante, le preneur peut résilier avec un préavis de quatre semaines ou demander une réduction de la prime (art. 28a al. 1). Si l'assureur refuse de réduire ou si la réduction proposée ne vous convient pas, vous pouvez résilier dans les quatre semaines suivant la réception de son avis, avec un préavis de quatre semaines (art. 28a al. 2). Ces règles servent, par exemple, quand un crédit est largement remboursé et que la couverture devient surdimensionnée. En cas d'assurances multiples pour le même intérêt, le même risque et la même période, avec des sommes assurées dépassant la valeur d'assurance, le preneur doit l'annoncer sans délai à toutes les entreprises d'assurance (art. 46b al. 1) ; cela vaut surtout pour des polices dommages, mais l'idée de transparence se retrouve dans toute la relation d'assurance. Vous pouvez parler de ces règles avec le prestataire grâce à la liste de 25 questions à poser à un prestataire de 3a.

Mixte comme complément de prévoyance

Ce qu'est une assurance mixte

L'assurance mixte combine deux fonctions dans un seul contrat : une couverture en cas de décès et une épargne qui forme un capital à l'échéance. Si la personne assurée décède pendant la durée du contrat, le capital convenu est versé ; si elle est vivante à l'échéance, elle touche le capital épargné. Entre les deux, le contrat présente une valeur de rachat, c'est-à-dire la somme que vous récupérez si vous résiliez avant terme, qui est souvent inférieure à ce que vous avez versé les premières années, à cause des frais d'acquisition et de la part consacrée à la couverture du risque.

Pourquoi le dirigeant la considère

Un dirigeant au revenu irrégulier peut apprécier la discipline d'une prime fixe et la garantie d'un capital pour une date donnée. D'autres préfèrent séparer les deux fonctions : un risque pur pour la couverture, un compte ou un placement pour l'épargne, afin de garder la souplesse en cas d'année creuse. Les deux approches sont défendables ; aucune n'est la bonne par principe. La page sur le 3e pilier en assurance pour l'indépendant pose les critères, et celle sur la police 3a face à un revenu irrégulier montre le risque de primes fixes quand les revenus varient.

Pour un dirigeant, la rigidité de la prime est la question centrale : une prime fixe se paie même quand l'entreprise traverse un exercice difficile. Si le contrat prévoit une libération du paiement des primes en cas d'incapacité de gain, vérifiez ses conditions précises : début, durée, définition de l'incapacité.

Mixte liée (3a) ou libre (3b)

Une assurance mixte peut être souscrite comme prévoyance liée (3a) ou comme prévoyance libre (3b). Les contrats de prévoyance liée sont des contrats spéciaux d'assurance de capital et de rentes sur la vie ou en cas d'invalidité ou de décès, conclus avec une institution d'assurance soumise à la surveillance, et affectés exclusivement et irrévocablement à la prévoyance (OPP 3, art. 1 al. 2). Cette affectation irrévocable a des conséquences : le capital n'est disponible que dans les cas de retrait prévus, et l'ordre des bénéficiaires est fixé par l'ordonnance, non par votre libre choix, comme vu plus haut.

La déductibilité fiscale suit cette distinction. La loi sur l'impôt fédéral direct permet de déduire les primes, cotisations et montants versés en vue de l'acquisition de droits contractuels dans des formes reconnues de prévoyance individuelle liée (LIFD, art. 33 al. 1 let. e) ; le Conseil fédéral détermine avec les cantons quelles formes sont admises et dans quelle mesure les cotisations sont déductibles. Un contrat 3b n'ouvre pas cette déduction fédérale, mais il garde une grande souplesse : bénéficiaires libres, dates libres, retrait sans condition de motif. Les pages 3b dans le patrimoine de l'indépendant et 3a ou 3b comparent les deux.

Les plafonds de l'année

Une prime de prévoyance liée entre dans le plafond annuel du 3a, partagé avec tous les autres versements 3a. Les repères officiels sont les suivants.

7 258 CHF

Plafond 3a 2026 avec 2e pilier

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 288 CHF

Plafond 3a 2026 sans 2e pilier

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

7 373 CHF

Plafond 3a 2027 avec 2e pilier

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 864 CHF

Plafond 3a 2027 sans 2e pilier

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

Les plafonds 3a à garder en tête

Pour l'indépendant sans 2e pilier, le montant maximal s'accompagne d'un plafond de 20 % du revenu de l'activité lucrative : le résultat dépend donc de votre revenu net de l'année. Le calculateur du 20 % du revenu aide à poser le calcul. Une prime d'assurance liée consomme une partie de ce plafond, ce qui réduit d'autant la place pour un compte ou des titres. Un dirigeant de Sàrl qui est son propre salarié, affilié à la caisse de sa société, a le petit plafond ; la page sur le 3a d'un dirigeant salarié de sa Sàrl examine quel produit y entre.

Un point sur l'avancement de la propriété du logement

Si vous avez utilisé le versement anticipé pour acquérir un logement, la loi précise que ce versement entraîne une réduction des prestations de prévoyance, et que l'institution offre elle-même une assurance complémentaire pour décès et invalidité ou sert d'intermédiaire (LPP, art. 30c al. 4). Quand une caisse vous le propose, la comparer à un contrat de risque pur indépendant est légitime ; la question est de savoir quelle couverture subsiste réellement après le retrait.

Critère Risque pur Mixte
Fonction Capital si décès pendant la durée Capital si décès, capital épargné à l'échéance
Valeur de rachat Aucune en principe Oui, souvent faible au début
Prime Paie la couverture seule Paie la couverture et l'épargne
Souplesse en cas d'année creuse Prime légère, résiliable Prime fixe, rachat coûteux au début
Forme possible Libre (3b) en général Liée (3a) ou libre (3b)
Usage typique du dirigeant Famille, associé, crédit Complément de prévoyance à date fixe
Point d'attention La couverture s'éteint sans capital Frais et horizon à lire dans le contrat

Ce tableau est une grille de lecture, pas une recommandation. Une offre précise doit toujours se lire sur le contrat lui-même et, pour comparer des offres équivalentes, sur le comparatif des offres de 3e pilier.

Qui paie la prime : société ou dirigeant

La question à poser dans l'ordre

La prime peut être payée par le dirigeant avec son argent privé, par la société, ou répartie entre les deux. Le bon choix dépend d'abord de la fonction du contrat, ensuite de son traitement comptable et fiscal. Trois cas de figure reviennent.

  1. La société est preneuse et bénéficiaire (homme clé, rachat de parts, garantie de crédit). La prime sert l'intérêt de l'entreprise et se discute comme une charge d'exploitation, avec le fiduciaire. Le capital versé revient à la société et n'enrichit pas la famille directement.
  2. Le dirigeant est preneur, ses proches bénéficiaires (protection de la famille). La prime relève de la sphère privée. La société peut-elle la prendre en charge ? Dans ce cas, la prise en charge peut être traitée comme une part du salaire, avec ses conséquences.
  3. Contrat mixte entre les deux : par exemple, la société paie la part de risque et le dirigeant la part d'épargne. Cette répartition exige une documentation soignée.

Le risque de la prime « déguisée »

Si la société paie une assurance dont bénéficie le dirigeant ou sa famille, l'administration fiscale peut y voir une prestation appréciable en argent, c'est-à-dire un avantage accordé en raison de la qualité d'associé et non justifié par l'usage commercial. Le traitement dépend du canton, de la forme du contrat, de qui est bénéficiaire et de la cohérence avec le reste de la rémunération. Il en va de même sur le plan des assurances sociales : les cotisations réglementaires de l'employeur à des institutions de prévoyance exonérées fiscalement ne font pas partie du salaire déterminant pour l'AVS (RAVS, art. 8 let. a et b) ; une prime d'assurance-vie privée payée par la société n'entre pas automatiquement dans cette exception. À faire confirmer par la caisse de compensation, et non à supposer.

Ce qu'il faut demander à la fiduciaire

Les questions de chaque cas, à poser avant de signer, sont les suivantes :

  • La prime est-elle une charge justifiée par l'usage commercial ou une prestation à l'associé ?
  • Comment le contrat apparaît-il au bilan, s'il a une valeur de rachat ?
  • Que se passe-t-il à l'encaissement du capital, pour la société d'abord, pour le dirigeant ensuite ?
  • Comment la société sort-elle du contrat si le dirigeant quitte l'entreprise vivant ?

Pour savoir qui s'occupe de quoi entre fiduciaire, banque, caisse et assureur, la page qui fait quoi dans la prévoyance d'une Sàrl clarifie les rôles.

Récapitulatif des cas

Situation Preneur Bénéficiaire Point de vigilance
Protéger la famille Dirigeant Conjoint, enfants Clause à jour, parts écrites
Homme clé Société Société Charge d'exploitation à valider
Rachat des parts entre associés Société ou chaque associé Associé survivant ou société Convention d'associés cohérente
Garantie de crédit Dirigeant ou société Banque, via cession ou gage Libération du gage après remboursement
3a en assurance Dirigeant Selon l'ordre fixé par l'OPP 3 Plafond annuel partagé

Impact fiscal à évaluer avec un fiscaliste

Primes : déductibles ou non ?

Le traitement des primes dépend de la nature du contrat. Dans une prévoyance liée (3a), les primes sont déductibles dans la limite du plafond annuel, comme on l'a vu avec la LIFD. Dans une prévoyance libre (3b), il n'y a en général pas de déduction équivalente, même si certains cantons admettent une déduction limitée pour primes d'assurance ; cela se vérifie dans la déclaration du canton de domicile. Pour les primes payées par la société, la question de la déductibilité à son niveau relève de l'usage commercial, comme évoqué plus haut. Le point n'a pas de réponse générale : il se règle contrat par contrat.

Prestation versée : à quel impôt ?

Le capital versé au décès peut être soumis à un impôt sur les prestations en capital ou à un impôt sur les successions, selon le canton, le lien de parenté et la nature du contrat. Les cantons n'ont pas tous les mêmes règles. Les bénéficiaires proches, comme le conjoint ou les descendants, sont souvent traités plus favorablement que des tiers, mais ce n'est pas une règle universelle. Lorsque la société reçoit le capital, c'est un produit de la société qui se discute à son niveau, puis, en cas de distribution, pour l'associé.

L'effet de cumul avec un retrait de 3a

Si votre prévoyance comprend un 3a en assurance, le capital de sortie interviendra souvent la même année que d'autres capitaux de prévoyance. Les cantons additionnent parfois ces prestations pour fixer le taux. Cette logique de cumul explique l'intérêt d'étaler les retraits, que détaillent les pages sur l'étalement des retraits de 3a et sur le retrait d'un 3a en cas de liquidation. Autre exemple de vigilance cantonale : à Vaud, la déduction d'un rachat d'années d'assurance effectué dans les années précédant la perception d'un capital du 2e pilier peut être remise en cause, selon la page officielle du canton. Ce type de règle illustre pourquoi un fiscaliste doit relire le calendrier de vos opérations de prévoyance dans son ensemble.

La protection contre les créanciers

La protection prévue pour les bénéficiaires proches (art. 80, sous réserve des gages existants) est un atout, mais elle ne vaut que si la désignation est correcte et ancienne. Elle ne dispense pas de s'interroger sur la structure globale : une société en difficulté, des garanties personnelles données à la banque ou des cautionnements peuvent peser sur le patrimoine privé. L'angle du patrimoine entre privé et société est abordé dans la page sur le 3a, l'entreprise et la fortune privée.

Plafonds cantonaux : un exemple

Les cantons publient les montants qu'ils admettent. À Genève, le versement 3e pilier A admis en 2026 est de 7 258 CHF pour les personnes affiliées à une caisse LPP et de 36 288 CHF pour les personnes non affiliées au 2e pilier, dans la limite de 20 % du revenu déterminant. Cet exemple confirme que le plafond fédéral s'applique de manière identique, mais que la limite du pourcentage du revenu et les modalités de déclaration se vérifient chaque année auprès de votre administration cantonale.

Checklist avant de signer un contrat de dirigeant

  • Établir le besoin de la famille, en revenu et en durée, avant de choisir un produit
  • Vérifier ce que versent déjà la caisse de pension et les assurances sociales
  • Définir preneur, personne assurée et bénéficiaire pour chaque police
  • Rédiger la clause bénéficiaire avec les parts, et la dater
  • Faire valider le traitement comptable et fiscal de la prime par la fiduciaire
  • Lire les informations précontractuelles de l'assureur et les conserver
  • Vérifier le droit de révocation, la durée et les conditions de fin du contrat
  • Demander la valeur de rachat et la libération des primes si la formule est mixte
  • Fixer une date de relecture annuelle de la couverture
Quel contrat pour quel besoin ?Le besoin est-il lié à l'entreprise (associé,crédit) ?OuiLa société doit-elle recevoir le capital ?OuiUn risque pur dont la société estpreneuse et bénéficiaire, à valider avecla fiduciaire.NonUn risque pur dont l'associé ou la banqueest bénéficiaire, avec convention ou gageécrits.NonFaut-il aussi constituer une épargne dans lemême contrat ?OuiUne mixte, liée (3a) ou libre (3b), àlire sur la valeur de rachat et lesfrais.NonUn risque pur privé, avec une clausebénéficiaire détaillée.
Quel contrat pour quel besoin ?

L'arbre n'est qu'une première orientation : la réponse réelle dépend de votre revenu, de votre canton, de votre état civil et de votre affiliation au 2e pilier. Seule une comparaison personnalisée peut en tenir compte.

Questions fréquentes

Une assurance vie de dirigeant de Sàrl est-elle obligatoire ?

Aucune loi ne vous oblige à souscrire une assurance-vie privée. En revanche, certains contrats vous y poussent indirectement : une banque peut la demander pour un crédit, et une convention d'associés peut la prévoir pour financer un rachat de parts. Pour la prévoyance professionnelle, l'affiliation à une caisse est une autre question, traitée par le règlement et la loi.

Quelle est la différence entre un risque pur et une assurance mixte ?

Le risque pur ne verse un capital qu'en cas de décès pendant la durée du contrat, sans valeur de rachat. La mixte associe cette couverture à une épargne qui produit un capital à l'échéance et présente une valeur de rachat. La première couvre un risque ; la seconde mêle protection et épargne dans un seul contrat.

Mon assurance-vie peut-elle être un 3a ?

Oui, une assurance peut être souscrite comme prévoyance liée, à condition qu'elle respecte les exigences légales : contrat d'assurance de capital et de rentes sur la vie ou en cas d'invalidité ou de décès, conclu avec une institution soumise à la surveillance, et affecté exclusivement et irrévocablement à la prévoyance. Les primes sont alors déductibles dans la limite du plafond annuel, qui est en 2026 de 7 258 CHF avec 2e pilier et de 36 288 CHF sans 2e pilier.

Qui est bénéficiaire par défaut s'il n'y a pas de clause ?

Cela dépend du type de contrat. Dans une prévoyance liée (3a), l'ordre est fixé par l'ordonnance : conjoint ou partenaire enregistré, puis descendants directs et certaines personnes proches, parents, frères et sœurs, enfin autres héritiers. Dans une police libre, c'est la clause de la police, à défaut les règles légales. Dans tous les cas, mieux vaut une clause écrite et à jour.

Mon concubin peut-il toucher le capital ?

Oui, s'il est désigné dans une police libre. En prévoyance liée, la personne qui a formé avec vous une communauté de vie ininterrompue d'au moins cinq ans immédiatement avant le décès, ou qui doit subvenir à l'entretien d'enfants communs, figure parmi les bénéficiaires dans la deuxième catégorie de l'ordre légal. Un concubin n'est pas héritier légal : sans désignation, il n'est pas protégé par défaut.

La société peut-elle payer ma prime d'assurance-vie ?

C'est possible dans certains cas, notamment quand la société est preneuse et bénéficiaire du contrat. Si la prime profite surtout au dirigeant ou à sa famille, elle peut être traitée comme un élément de rémunération, avec des conséquences fiscales et sociales. Faites valider chaque contrat par votre fiduciaire avant de le signer.

La prime est-elle déductible pour la société ?

Sa déductibilité dépend de l'usage commercial et du contrat concerné. Une couverture d'homme clé ou de garantie de crédit se défend plus facilement qu'une assurance dont le bénéficiaire est le dirigeant à titre privé. Il n'existe pas de réponse unique : le fiscaliste de la société la donne pour votre cas, avec le canton.

Les créanciers peuvent-ils saisir le capital versé à ma famille ?

Lorsque le preneur a désigné comme bénéficiaires son conjoint, son partenaire enregistré ou ses descendants, leur droit et celui du preneur ne sont pas soumis à l'exécution forcée au profit des créanciers du preneur, sous réserve des droits de gage existants. Si la police a été mise en gage au profit d'une banque, ce gage passe donc en premier.

Puis-je modifier la clause bénéficiaire en cours de contrat ?

En principe oui : le preneur dispose librement du droit qui découle de l'assurance, même lorsqu'un tiers est désigné. Il ne peut plus révoquer la désignation s'il y a renoncé par écrit signé dans la police même et a remis celle-ci au bénéficiaire. Si vous avez signé une telle renonciation, par exemple dans le cadre d'un divorce ou d'un accord, vérifiez-la avant de croire pouvoir tout changer.

Que faire quand le risque diminue, par exemple après un remboursement de crédit ?

Le preneur peut résilier avec un préavis de quatre semaines ou demander une réduction de la prime en cas de diminution importante du risque. Si l'assureur refuse de réduire la prime ou si la réduction ne convient pas, le preneur peut, dans les quatre semaines qui suivent l'avis de l'assureur, résilier avec un préavis de quatre semaines. Avant de résilier, contrôlez l'effet sur les autres couvertures et sur les garanties données à la banque.

Où se renseigner pour comparer des offres sans m'engager ?

La page Comment fonctionne 3e Pilier Indépendants explique qui traite une demande et comment. Vous pouvez demander une comparaison gratuite : elle ne remplace pas l'avis de votre fiduciaire ni de votre fiscaliste sur le traitement de la prime, mais elle aide à lire des offres équivalentes.

Sources

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