Dans cette page
- 3a seul ou 3a et 2e pilier facultatif
- Assurance vie : couvrir un risque ou épargner
- Incapacité de gain : 3a ou assurance dédiée
- Plusieurs produits sur plusieurs années
- Produit et trésorerie de l'entreprise
- Liquidité : quand le capital doit rester disponible
- Tester un produit en année creuse
- Questions fréquentes
Cette FAQ produits sur la prévoyance de l'indépendant part d'un constat simple : un salarié reçoit un paquet déjà assemblé (AVS, caisse de pension, assurance d'indemnités journalières négociée par l'employeur), alors que celui qui travaille à son compte doit assembler ses propres briques. Chaque brique répond à une question différente : que se passe-t-il si je ne peux plus travailler, si je décède, si je dois sortir de l'argent pour mon entreprise, si je veux me constituer un capital pour la retraite ? Confondre ces questions mène à des erreurs classiques, par exemple demander à un 3a de faire le travail d'une assurance de perte de gain, ou immobiliser dans un contrat une trésorerie dont l'entreprise aura besoin.
Les réponses ci-dessous sont classées par couverture : d'abord la place du 3a et du 2e pilier facultatif, puis le risque (décès, invalidité), la perte de gain, l'enchaînement de plusieurs produits sur plusieurs exercices, le lien avec la trésorerie de l'entreprise, la liquidité et enfin la manière de tester un produit sans s'engager trop vite. Cette page informe ; elle ne recommande aucun produit ni prestataire. La bonne combinaison dépend de votre revenu, de votre canton, de votre âge, de votre état civil, de votre affiliation éventuelle au 2e pilier et de vos charges familiales : c'est ce qu'une comparaison personnalisée permet de poser à plat.
3a seul ou 3a et 2e pilier facultatif
Le premier arbitrage d'un indépendant porte sur l'étage de base de sa retraite. Le 2e pilier n'est pas obligatoire pour lui, le 3a l'est encore moins : tout est choix, donc tout doit être pesé.
Un indépendant a-t-il l'obligation de s'affilier à une caisse de pension ?
Non. Les indépendants ne sont pas soumis à l'assurance obligatoire de la LPP. Ils peuvent toutefois s'affilier à titre facultatif, soit à l'institution de prévoyance dont ils relèvent en raison de leur profession, soit à la fondation institution supplétive LPP. Cette dernière est d'ailleurs tenue d'admettre les personnes qui demandent à s'assurer à titre facultatif.
Pratiquement, cela signifie que la question se pose chaque fois que votre situation change : démarrage de l'activité, premier bon exercice, arrivée d'un associé, projet de famille. Le détail du mécanisme se lit sur la page consacrée à l'affiliation facultative à la LPP.
Quel plafond de 3a si je ne suis pas affilié au 2e pilier ?
Sans 2e pilier, le plafond est beaucoup plus haut : en 2026, le montant maximal est de CHF 36 288, contre CHF 7 258 pour une personne affiliée à une caisse de pension. Pour l'année 2027, les montants annoncés sont de CHF 36 864 et CHF 7 373. Le grand plafond n'est pourtant pas un droit à verser ce montant : il s'applique dans la limite d'une part du revenu de l'activité lucrative. Si votre revenu est modeste, c'est cette part, et non le maximum, qui borne votre versement.
Le calcul sur un revenu qui bouge est expliqué sur la page plafond 3a sans LPP. Les repères officiels à garder sous les yeux figurent ci-dessous.
CHF 7 258
Plafond 3a avec 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
CHF 36 288
Plafond 3a sans 2e pilier en 2026 (montant maximal)
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
CHF 7 373
Plafond 3a avec 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
CHF 36 864
Plafond 3a sans 2e pilier en 2027 (montant maximal)
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
Ces montants sont des plafonds, jamais des objectifs : la part de revenu applicable, le canton et votre statut déterminent ce que vous pouvez réellement déduire, et l'économie d'impôt réelle dépend de votre taux marginal, pas du plafond.
Comment comparer un 2e pilier facultatif et un 3a sans le confondre avec un placement ?
Le 2e pilier facultatif et le 3a sont deux enveloppes fiscales et juridiques, pas deux placements. À l'intérieur d'une enveloppe, l'épargne peut être un compte, des titres ou une assurance, selon ce que l'institution ou la fondation propose. Comparer « le 2e pilier » et « le 3a » dans l'absolu n'a donc pas de sens : on compare des règlements, des conditions de sortie, des couvertures de risque incluses ou non, et la manière dont les frais sont présentés.
Une grille utile pour mettre les deux côte à côte : qui est le gestionnaire, quelle couverture de décès et d'invalidité est comprise, à quelles conditions on sort (retraite, logement, départ, activité indépendante), quelle souplesse existe pour moduler les versements d'une année à l'autre, et comment l'avoir est imposé à la sortie. Posez ces cinq questions à chaque institution et notez les réponses par écrit : la comparaison devient alors factuelle et ne dépend plus de l'habileté commerciale de l'interlocuteur.
| Critère | 3a seul | 3a et 2e pilier facultatif |
|---|---|---|
| Plafond de déduction | Le grand plafond, dans la limite d'une part du revenu | Le petit plafond de l'année |
| Couverture de décès et d'invalidité | Seulement si une police 3a la prévoit | Selon le règlement de l'institution |
| Souplesse des versements | Élevée avec un compte, faible avec une police | Fixée par le plan de prévoyance |
| Sortie en capital | Retrait selon les motifs prévus et l'impôt sur les prestations en capital | Retrait en capital ou rente, en étapes limitées |
| Dépendance au revenu | Faible si les versements sont libres | Plus marquée, car les cotisations suivent le plan |
Que faire quand je ne sais pas si je serai affilié l'an prochain ?
Raisonnez par scénarios plutôt que par pronostic. Écrivez deux colonnes : « je reste hors du 2e pilier » et « je m'affilie ». Dans chacune, notez le plafond 3a qui s'appliquerait, la couverture de risque obtenue et la souplesse laissée à vos versements. Cette simple feuille évite de découvrir en fin d'année qu'une affiliation décidée en cours d'exercice a réduit votre capacité de déduction.
Si le doute persiste, la prudence consiste à ne pas verser au-delà du petit plafond tant que votre statut n'est pas confirmé par écrit, puis à compléter au moment où la situation est claire, dans la limite de la date de versement de l'année. Prévoyez cette marge dans votre calendrier de fin d'exercice, sans attendre les derniers jours : les établissements ont leurs propres délais d'exécution.
Faut-il choisir entre un 2e pilier facultatif et un grand 3a ?
Ce n'est pas une alternative stricte, mais un arbitrage de rigidité. Le grand 3a est souple : vous versez quand l'exercice le permet, vous sautez une année creuse. Le 2e pilier facultatif apporte en général une couverture structurée (rente de vieillesse, couverture de décès et d'invalidité selon le règlement) et une logique de cotisations plus régulière, mais il engage davantage sur la durée et dépend du plan de l'institution.
Un indépendant dont les revenus sont stables et élevés regarde souvent l'ensemble ; celui dont les revenus fluctuent privilégie souvent la souplesse. Ni l'un ni l'autre n'est une règle : la décision se prend avec les règlements en main. Voyez aussi la page sur s'affilier à la LPP ou non.
L'affiliation facultative change-t-elle mon plafond de 3a ?
Oui, c'est même le point le plus souvent oublié. Dès que vous êtes affilié à une institution de prévoyance au titre du 2e pilier, même à titre facultatif, vous relevez du petit plafond de l'année, et non plus du grand. Un indépendant qui s'affilie pour sécuriser sa couverture de risque doit donc recalculer sa capacité de versement en 3a avant de signer.
L'inverse est vrai aussi : sortir du 2e pilier rouvre la possibilité du grand plafond, sous réserve de remplir les conditions. Vérifiez la date d'effet auprès de l'institution, et demandez une attestation de votre statut pour l'année de versement.
Assurance vie : couvrir un risque ou épargner
Le mot « assurance vie » recouvre deux fonctions distinctes que l'on a tout intérêt à séparer dans sa tête avant de comparer des contrats.
Quelle différence entre risque pur et assurance mixte ?
L'assurance de risque pur verse un capital ou une rente en cas de décès ou d'invalidité, sans composante d'épargne : si rien ne survient, le contrat ne rend rien, comme une assurance ménage. L'assurance mixte combine cette garantie avec une épargne qui se constitue au fil des primes et qui a une valeur de rachat.
L'intérêt du risque pur est de dissocier les besoins : vous achetez la couverture dont vos proches ont besoin, et vous placez votre épargne ailleurs, selon votre horizon. L'assurance mixte regroupe tout dans un seul contrat, ce qui simplifie la gestion mais rend la lecture des frais plus délicate. Pour le dirigeant de Sàrl, la page sur le risque pur et le mixte détaille la logique.
Un 3a peut-il être une assurance ?
Oui. Les contrats de prévoyance liée sont des contrats spéciaux d'assurance de capital et de rentes sur la vie, ou en cas d'invalidité ou de décès. Ils sont conclus avec une institution d'assurance soumise à la surveillance des assurances et affectés exclusivement et irrévocablement à la prévoyance. Le versement est déductible dans les limites du plafond, mais l'argent est lié : on ne le récupère que dans les cas prévus par la réglementation.
Le piège, pour un revenu irrégulier, est la prime fixée au contrat : elle s'impose même l'année où l'exercice est faible. La page sur la police 3a face au revenu irrégulier en tire les conséquences.
Comment lire un contrat d'assurance 3a sans se perdre dans les termes ?
Cherchez dans l'ordre : ce qui est garanti en cas de décès et d'invalidité, la part de la prime qui sert au risque et celle qui sert à l'épargne, la valeur de rachat à différents moments, la possibilité de réduire ou de suspendre les primes, et la libération du paiement des primes si vous devenez incapable de travailler.
Demandez au prestataire de vous montrer cette ventilation par écrit, avec les hypothèses de projection clairement indiquées comme telles. Une projection n'est jamais une promesse. Si la ventilation entre risque, frais et épargne n'est pas fournie, c'est déjà une information en soi.
Une réserve de santé peut-elle m'être opposée ?
Oui, selon le produit. Dans le cadre du 2e pilier facultatif, la couverture des risques de décès et d'invalidité d'un indépendant assuré à titre facultatif peut faire l'objet d'une réserve pour raison de santé durant trois ans au plus. Cette réserve n'est pas admissible si l'indépendant s'assure moins d'une année après avoir été soumis à l'assurance obligatoire pendant au moins six mois, ce qui protège le salarié qui passe à son compte.
Pour une assurance privée de risque, les règles dépendent du contrat et du questionnaire de santé. Répondez avec exactitude : une réponse inexacte peut compromettre la prestation le jour où vous en avez besoin. Il est donc plus prudent de s'assurer tant que votre état de santé le permet que d'attendre un « meilleur moment ».
Incapacité de gain : 3a ou assurance dédiée
C'est la question où l'indépendant est le plus exposé, parce qu'aucun employeur ne continue à verser un salaire pendant la maladie.
Un 3a protège-t-il contre l'incapacité de travail ?
Un compte 3a bancaire ne protège contre rien : il épargne. Il n'a pas de prestation en cas de maladie. Seule une police 3a d'assurance peut comporter une couverture d'invalidité ou de décès, et encore faut-il que le contrat la prévoie et que vous la payiez dans la prime. Pour remplacer un revenu pendant une maladie de plusieurs mois, l'outil naturel est une assurance d'indemnités journalières, qui n'est pas un produit de prévoyance liée.
Cette distinction évite une confusion fréquente : cotiser généreusement à un 3a ne vous dispense pas de vous demander ce qui paie le loyer de l'entreprise et le vôtre si vous ne pouvez plus travailler. La page sur l'incapacité de gain approfondit le sujet.
Quelle est la place de l'AI dans ce dispositif ?
L'assurance-invalidité n'intervient qu'après une longue période d'incapacité et sous conditions strictes. La personne assurée a droit à une rente si sa capacité de gain ne peut pas être rétablie par des mesures de réadaptation raisonnablement exigibles, si elle a présenté une incapacité de travail d'au moins 40 % en moyenne pendant une année sans interruption notable, et si elle est invalide à 40 % au moins au terme de cette année.
Autrement dit, entre le premier jour de maladie et une éventuelle rente, il y a une période à financer. C'est précisément le rôle des indemnités journalières. Et la rente de l'AI, même quand elle arrive, ne remplace pas l'ensemble du revenu d'un indépendant dont l'activité était rentable.
Qu'est-ce que la libération du paiement des primes et pourquoi y tenir ?
Il s'agit d'une garantie qui dispense de payer les primes d'un contrat si vous êtes incapable de travailler, tout en maintenant le contrat et ses prestations. Pour un indépendant titulaire d'un 3a d'assurance, c'est une clause centrale : sans elle, une maladie longue pourrait vous obliger à résilier au pire moment, avec les conséquences fiscales et de valeur de rachat que cela implique.
Vérifiez le délai d'attente, la définition de l'incapacité retenue (profession exercée ou toute profession) et les exclusions. La page sur la libération des primes explique ces points.
Mon 3a peut-il servir si je deviens invalide ?
Dans un cas précis, oui : un versement anticipé des prestations de vieillesse est possible lorsque le rapport de prévoyance est résilié parce que le preneur reçoit une rente entière d'invalidité de l'AI et que le risque d'invalidité n'est pas assuré. La règle vise le preneur qui n'a pas de couverture d'invalidité dans son contrat 3a.
C'est un filet de dernier recours, pas un plan : il suppose la rente entière de l'AI, donc une situation déjà lourde, et il consomme le capital de retraite. Mieux vaut organiser la couverture de perte de gain en amont. Voyez aussi invalidité, 3a et protection du revenu.
Plusieurs produits sur plusieurs années
Le bon assemblage n'est presque jamais une décision unique. Il se construit par étapes, au rythme du revenu et des priorités.
Dans quel ordre empiler les produits ?
Une logique souvent retenue, qui reste une illustration et non une règle : d'abord la couverture des risques qui détruiraient l'activité ou la situation de la famille (perte de gain, décès), puis l'épargne liée à avantage fiscal (3a), puis, si le plafond ou les besoins le justifient, un 2e pilier facultatif ou un 3b pour la partie de l'épargne qui doit rester disponible.
L'ordre dépend de vos priorités : un indépendant sans proche à charge pèsera moins le décès qu'un parent isolé ; un indépendant propriétaire pensera différemment l'amortissement de sa dette. Le schéma ci-dessous montre les étages à distinguer.
Comment un revenu irrégulier se combine-t-il avec plusieurs produits ?
La règle de souplesse : mettre les engagements fixes là où ils sont indispensables (la couverture de risque) et garder le reste flexible. Un compte 3a bancaire accepte des versements libres, une police impose ses primes. Le 3b reste modulable. Un indépendant qui fixe trop de primes en année haute se retrouve à payer en année basse.
Une démarche utile consiste à calculer, sur plusieurs exercices, la part de revenu qui reste disponible après les charges de l'entreprise et à répartir cette part en blocs plutôt qu'à engager un montant fixe. La page verser en 3a avec un revenu irrégulier propose une démarche pas à pas.
Faut-il ouvrir plusieurs comptes 3a ?
Souvent oui, pour une raison qui se joue à la sortie : le capital 3a est imposé au retrait, avec un effet de progressivité. Répartir l'épargne sur plusieurs comptes permet de retirer à des moments différents et d'étaler l'imposition, sous réserve des règles du canton et du prestataire. Cette stratégie se prépare des années à l'avance, car elle suppose que les comptes existent bien avant le retrait.
Elle ne coûte rien en soi si les comptes sont tenus sans frais d'ouverture ou de tenue prohibitifs, mais lisez les conditions de chaque établissement. Détail sur la page échelonner ses retraits de 3a.
Exemple : un assemblage progressif sur quelques exercices
Exemple (fictif) : Sandrine, 52 ans, kinésithérapeute indépendante à Sion. Son revenu oscille d'un exercice à l'autre selon le nombre de patients et les remplacements. Elle n'est pas affiliée à une caisse de pension. Plutôt que de tout fixer d'un coup, elle procède par étapes. Au premier exercice, elle se concentre sur la couverture de perte de gain, qui lui manque le plus. Au deuxième, une année plus favorable, elle ouvre un compte 3a bancaire et y verse une partie seulement du plafond de l'année. Au troisième, elle fait examiner une police 3a avec libération des primes pour la composante décès et invalidité, en vérifiant d'abord que la prime reste supportable les années creuses.
À aucun moment elle n'engage le maximum : elle garde une marge pour les cotisations sociales et les impôts de l'activité, qui tombent après coup. Ce parcours n'est pas un modèle à copier, seulement une illustration de la progressivité.
Produit et trésorerie de l'entreprise
L'indépendant n'a qu'un portefeuille, et la frontière entre l'argent de l'entreprise et le sien est mince. Un produit de prévoyance se juge aussi à l'effet qu'il a sur la liquidité de l'activité.
Un versement 3a peut-il fragiliser la trésorerie de mon activité ?
Oui, s'il est fait sans marge. Le 3a se verse depuis le revenu privé, mais pour un indépendant ce revenu est le bénéfice de l'entreprise après charges. Verser le maximum en fin d'exercice avant d'avoir provisionné les cotisations AVS et l'impôt, c'est risquer de manquer de liquidités au moment où ces charges tombent.
Le versement 3a reste réversible seulement dans les cas prévus par la loi : on ne le rapatrie pas facilement en cas de besoin. Prévoyez donc d'abord l'essentiel, puis l'épargne liée. La page sur l'articulation entre 3a, entreprise et fortune privée traite ce point.
Mes produits de prévoyance sont-ils protégés si l'activité a des dettes ?
La question dépend du produit et du type de dette. Les règles de poursuite distinguent les avoirs de prévoyance de ceux qui peuvent être saisis. On sait, par exemple, que les rentes viagères et les prestations de toutes sortes destinées à couvrir une perte de gain peuvent être saisies, après déduction de ce que le préposé estime indispensable au débiteur et à sa famille. Ce n'est donc pas parce qu'un produit s'appelle « prévoyance » qu'il échappe à tout.
Pour savoir ce qui est protégé dans votre situation, la page sur la protection du 3a en cas de faillite et de poursuites donne le cadre, et un conseil juridique reste nécessaire pour un cas concret.
Dois-je séparer produits privés et produits de l'entreprise ?
Oui, dans la tête et sur le papier. Une assurance de personne (perte de gain, décès, 3a) est conclue à titre privé et garantit votre situation et celle de vos proches. Une assurance destinée à protéger l'entreprise elle-même (par exemple une couverture liée à un associé ou à un crédit) répond à une autre logique, et ses règles fiscales diffèrent.
Pour les couvertures de nature professionnelle, certaines dispositions de la loi sur le contrat d'assurance ne s'appliquent pas aux assurances conclues avec des preneurs professionnels de grande taille ou aux assurances-crédit et de cautionnement de risques professionnels ou commerciaux. Une petite entreprise individuelle n'entre en général pas dans cette catégorie, mais lisez les conditions : la qualification du preneur compte.
Liquidité : quand le capital doit rester disponible
La prévoyance liée est faite pour être indisponible. C'est sa force fiscale et sa limite pratique.
Combien de mon épargne doit rester hors 3a ?
Il n'existe pas de proportion légale. Le raisonnement est d'abord celui d'une réserve : combien de temps l'entreprise et le ménage peuvent-ils tenir si une année est très mauvaise, si un client majeur part, si une maladie interrompt l'activité ? Cette réserve se constitue en épargne libre, accessible sans condition, avant d'immobiliser le surplus en 3a.
Un indépendant qui verse systématiquement le maximum au 3a tout en laissant son compte courant à découvert se met en difficulté. La page sur le 3b en complément du 3a précise la place du patrimoine libre.
Dans quels cas puis-je retirer mon 3a avant la retraite ?
Les motifs de retrait anticipé sont limités et fixés par la réglementation : acquisition ou amortissement d'un logement pour son propre usage (encouragement à la propriété du logement), départ définitif de Suisse, début d'une activité indépendante principale, rente entière d'invalidité de l'AI dans les conditions vues plus haut, ou encore l'approche de la retraite. Chaque cas a ses justificatifs.
Le retrait anticipé est imposé comme prestation en capital, ce qui peut effacer l'avantage fiscal accumulé si on le fait sans plan. Mieux vaut le considérer comme une exception à documenter et non comme une réserve de trésorerie courante.
Rente ou capital : quel effet sur ma liquidité à la retraite ?
Pour le 2e pilier, la prestation de vieillesse peut être perçue sous forme de rente en trois étapes au plus ; en capital, le retrait peut aussi se faire en trois étapes au plus, une étape comprenant tous les retraits d'une année civile. Ces règles de la LPP ouvrent une marge d'étalement. Pour un 3a d'assurance, l'option rente ou capital dépend du contrat.
Le capital offre la liberté d'usage mais fait peser sur vous le risque de longévité ; la rente garantit un flux mais bloque le capital. Pour un indépendant qui a besoin de liquidités à la fin de son activité, par exemple pour solder des engagements, la différence compte. Voyez la page rente ou capital sur un 3a d'assurance.
Tester un produit en année creuse
Une année creuse est un excellent moment pour tester ce qui tient et ce qui ne tient pas dans votre assemblage. On y voit si un produit est supportable quand le revenu baisse.
Pourquoi tester un produit pendant une année basse ?
Parce que la souplesse d'un produit ne se juge pas quand tout va bien. Un contrat dont la prime vous semble confortable dans une année haute peut devenir un poids dans une année basse. Simuler, avant de signer, un exercice faible vous apprend si vous pourrez maintenir le contrat, le suspendre ou le réduire sans perte excessive.
Une année creuse permet aussi d'éprouver la relation avec le prestataire : rapidité des réponses, clarté des conditions, facilité à modifier un ordre permanent. Ces éléments ne figurent pas dans la brochure.
Comment commencer petit sans manquer le plafond de l'année ?
Un compte 3a bancaire se prête bien à l'essai : les versements sont libres et un montant modeste suffit pour ouvrir. Vous pouvez ainsi vous familiariser avec le prestataire, l'interface et les documents fiscaux sans engager une prime annuelle. Le plafond de l'année n'est pas une obligation : il fixe la limite supérieure déductible, pas un minimum.
Si vous choisissez une police, demandez à connaître les conditions de réduction ou de suspension des primes avant de signer. Si elle ne les prévoit pas, c'est un signal pour un revenu irrégulier.
Que vérifier avant de m'engager dans un nouveau produit ?
Une liste courte suffit : qui est le prestataire et sous quelle surveillance il agit, quelle est la nature exacte du produit (compte, titres, assurance), ce qui est garanti et ce qui ne l'est pas, comment le produit se modifie ou se résilie, quelles sont les conséquences fiscales d'une sortie anticipée, et où se lisent les frais, sans chiffre promis dans une brochure mais décrits dans les conditions.
Pour une fondation en titres, l'épargne-titres suit des règles de placement : l'investissement peut même se faire entièrement dans un produit à garantie du capital ou dans une obligation de débiteurs très solvables, ce qui montre que le 3a en titres n'est pas forcément risqué, mais que la garantie dépend du choix fait. La page sur les prestataires de 3a aide à structurer les questions.
Que faire si le produit testé ne convient finalement pas ?
Changer est possible, mais pas toujours gratuit. Un compte ou une fondation de 3a se transfère généralement vers un autre prestataire, sous réserve du respect de la règle selon laquelle l'avoir reste dans la prévoyance liée. Une police 3a, en revanche, a une valeur de rachat qui peut être inférieure aux primes payées si vous résiliez tôt, et la résiliation peut avoir des effets fiscaux.
C'est la raison pour laquelle l'essai se fait de préférence avec un produit réversible. Plus le produit est engageant, plus la phase de test doit se faire sur le papier (conditions générales, simulation de sortie) que par un premier paiement.
Questions fréquentes
Un indépendant peut-il cumuler 3a, assurance de risque et 2e pilier facultatif ?
Oui, les trois peuvent coexister, avec une limite qui se joue sur le plafond du 3a : l'affiliation au 2e pilier, même facultative, ramène au petit plafond. La question à se poser n'est donc pas « puis-je cumuler ? » mais « quel assemblage me protège le mieux pour mon revenu et mes charges ? ». Une comparaison personnalisée prend en compte ce point.
Les rentes AVS et AI évoluent-elles ?
Oui. Une adaptation de 1,59 % des rentes AVS et AI est prévue au 1er janvier 2027, sur la base de l'indice mixte, et la rente minimale passe de CHF 1 260 à CHF 1 280 par mois. Ces repères ne suffisent pas à vivre pour un indépendant qui a un niveau de vie établi ; ils expliquent pourquoi les deuxième et troisième piliers pèsent lourd dans le plan.
L'AVS d'un indépendant est-elle automatique ?
Non. Les indépendants doivent s'annoncer auprès de la caisse de compensation cantonale s'ils ne sont pas déjà affiliés ; la loi ne fixe pas de délai à cet endroit, mais attendre expose à des cotisations arriérées et à des lacunes. L'AVS reste le socle de base de tout le reste. Voyez la page AVS et cotisations pour le détail.
Comment savoir si mon assemblage de produits est cohérent ?
Posez-vous trois questions : qui paie si je ne peux plus travailler, que reçoivent mes proches si je décède, et de quel capital disposerai-je pour la retraite et à quelles conditions fiscales ? Si une des réponses est « personne » ou « je ne sais pas », il manque une brique. La comparaison personnalisée aide à vérifier chaque point avec vos chiffres.
Sources
- 3e pilier a — plafonds de déduction (OFAS, chiffres repères 2026)
- Plafonds du 3e pilier a et adaptation des rentes AVS/AI (OFAS / Conseil fédéral)
- Assurance LPP facultative des indépendants — OFAS
- Indépendants et assurance facultative — Fedlex
- Prestations de vieillesse (LPP) — Fedlex
- Institution supplétive et fonds de garantie — Fedlex
- Formes reconnues de prévoyance liée (3a) — Fedlex
- Versement des prestations et retrait anticipé (3a) — Fedlex
- Droit à la rente AI — Fedlex
- Personnes assurées et affiliation AVS — Fedlex
- Revenus relativement saisissables — Fedlex
- Accidents, maladie, coordination et dispositions impératives — Fedlex
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